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Origine de l’argent finançant les campagnes électorales

Origine de l’argent finançant les campagnes électorales

Impossible contrôle étatique sur les frais de campagne électorale

Par ARM

   Dans un article intitulé «Financement de la campagne électorale. Pour un mécanisme permanent de contrôle», article publié dans le n°2836 du journal étatique Al-Watwan du jeudi 7 janvier 2016, Mme Saminiya Bounou soulève une importante question qui, curieusement n’a jamais intéressé les pouvoirs publics comoriens de manière sérieuse, pendant que le bon peuple ronchonne sur le sujet. L’intérêt de cet article, c’est qu’il est basé sur une enquête menée du 16 au 22 décembre 2015 par l’Association des Femmes comoriennes de la Presse. Qu’on se le dise! Le financement des campagnes électorales aux Comores soulève deux questions fondamentales: que dépense un candidat à une élection? D’où proviennent les fonds finançant la campagne électorale? Naturellement, il y a des candidats qui disposent d’importants moyens et à côté, on voit ceux qui n’ont même pas un radis et qui font le paon, juste pour prétendre négocier au second tour leurs chiches voix ne représentant même pas 1% des suffrages. Du cinéma… On soupçonne certains candidats d’avoir mis en scène l’invalidité de leurs candidatures pour ensuite tout mettre sur le dos de la Cour constitutionnelle. Pourquoi donc? Parce que lesdits «candidats», qui disaient pouvoir disposer de plus d’un million d’euros pour les besoins de leur campagne électorale, n’ont même pas obtenu de leurs supposés sponsors de quoi s’acheter un clou troué. C’est ainsi que tel candidat rencontré à Moroni a dû déclarer forfait, depuis que ses financiers à l’étranger ont fini par se rendre compte qu’il n’allait pas faire 0,01% et ont refusé de financer une campagne électorale qui allait déboucher sur un énorme fiasco politique et financier. Le bonhomme disait, 48 heures avant la clôture des dépôts de dossiers, «je ne sais pas si je vais me représenter ou si je vais négocier avec un autre candidat». Depuis, il est politiquement mort, si tant est qu’il a déjà eu une vie politique quelconque…

   Dans l’article de Mme Saminiya Bounou, on lit des choses très intéressantes, notamment la déclaration de l’ami Ahmed Wadaane Mahamoud, Président de RIFAID Comores, qui dit: «J’ai déboursé 5 millions pour la caution; c’est ma famille qui a réuni cet argent». Et l’homme de Mbéni d’ajouter que «cinq meetings sont programmés pour 25 millions» de francs comoriens, soit 5 millions + 25 millions = 30 millions de francs comoriens, soit 60.000 euros, ce qui n’est pas rien. Pourtant, sans un début de preuve, et avec une évidente mauvaise foi, ses nombreux adversaires l’accusent gratuitement de financer sa campagne électorale avec de l’argent qui lui aurait été remis à titre de «gratitude littéraire» par la compagnie aérienne Yemenia pour avoir écrit un livre dans lequel il soutient la thèse selon laquelle l’avion de la Reine de Saba qui s’est crashé aux Comores en juin 2009 était en bon état mais est tombé pour des raisons abracadabrantesques qui n’ont aucune relation avec son état technique! C’est très comorien de dire ce genre de choses.

   Quant à Achiraf Saïd Hachim, on l’accuse d’autres choses plus cocasses encore. C’est ainsi qu’au cours d’une interview qu’il nous avait accordée le mardi 10 novembre 2015, alors que nous lui faisions observer que «justement, la rumeur prétend qu’à la suite de ce non-lieu [suite à l’accusation sur son implication dans la tentative de putsch du 19 décembre 2001 contre Azali Assoumani], vous avez été indemnisé et que c’est avec l’argent de cette indemnisation que vous allez financer votre campagne électorale pour le scrutin présidentiel de 2016», il avait crié avec colère et énervement: «C’est du roman. Quand j’ai été reconnu non coupable, j’ai décidé de demander une indemnisation. Mais, à ce jour, aucune décision n’a été rendue dans ce sens par la Justice française. Alors, s’il y a des gens qui parlent de financement de ma prochaine campagne électorale par de l’argent que je n’ai pas, c’est leur affaire, et ils assumeront seuls la responsabilité de leurs affirmations gratuites». Belles paroles d’un innocent, sans doute. Pendant que les grincheux, les haineux et les jaloux font des supputations et se perdent en conjectures, Achiraf Saïd Hachim sillonne Paris et la France en compagnie de son copain Salim Assane, et cela, en même temps que le politicien comorien qu’il aime le plus détester: Azali Assoumani. En France, où il se trouve pour les besoins de sa cause électorale personnelle, l’ancien Président, qui traîne une solide réputation de morgue, narcissisme et arrogance, se contente de dire aux uns et aux autres, qu’il traite en subalternes sans généalogie et sans avenir, selon les intéressés, d’«aller voir Msa Ali Djamal», son fidèle lieutenant, originaire de Chezani-Mboinkou. Les gens n’aiment pas et le disent, trouvant qu’on les traite plus bas que terre.

   Mais, quand on veut rire, il faut se rendre sur la partie de l’article de Mme Saminiya Bounou où le bon Ahamada Abdallah, ancien ministre de l’Intérieur et actuel candidat au Gouvernorat de la Grande-Comore, déclare sans rire au sujet de l’argent devant servir au financement de sa campagne électorale: «Je ne peux pas révéler d’où vient l’argent. Tout le monde sait que j’ai toujours travaillé et que je le fais encore». Ah bon? Et qui ne travaille pas ou qui n’a pas travaillé un jour? Et pourquoi ne pas dire alors: «Je finance ma campagne électorale avec le fruit de mon travail»? Faut-il perdre son temps en prenant au sérieux de telles paroles maladroites? Bien évidemment, non. Des candidats qui seront financés par des fonds ayant des origines suspectes, les Comoriens savent ce que c’est.

   Mais, quand on veut rire jusqu’aux larmes, il faut aller discuter avec cette personnalité qui, bien installée sur son fauteuil dans sa belle villa de Moroni, dit, le sourire le plus carnassier sur les lèvres: «Quand j’ai annoncé ma candidature en 2014, j’ai vu venir vers moi des rapaces prêts à plumer le pigeon qu’ils croyaient que je suis. Je sais que ces requins me suivaient pour mon argent, étant convaincus que j’allais financer notre campagne électorale sans leur demander le moindre centime, et que j’allais payer leurs courses de 2014 à 2016. Je les ai donc testés en refusant de leur donner ne serait-ce que l’argent pour recharger leurs téléphones portables et pour le taxi. J’ai vu leur enthousiasme du début se transformer en horrible déception et même en haine envers moi puisque je ne remplissais pas leurs sacs d’argent pour les courses de Madame. Pourtant, ces gens-là ont eu la preuve des confortables conditions matérielles dans lesquelles va être financée notre campagne électorale. Comme ils ont attendu vainement que je leur verse de l’argent, ils ont pris la fuite et sont allés voir ailleurs. Par la suite, ils sont tellement gênés qu’ils s’obligent à changer de route quand ils me voient quelque part à Moroni ou ailleurs. Bien fait pour ces bandits sans morale, ni principes».

   Qui va financer la campagne électorale des candidats aux Comores? Dans le cas de certains, ça sera le monde extérieur, y compris par des intérêts occultes. Les effluves des prétendus gaz et pétrole au large des Comores y sont pour beaucoup. Si au moins on avait vu ce pétrole et ce gaz! Aucun contrôle ne pourra être exercé sur la provenance de cet argent sale. Et cet argent ne va pas servir qu’à organiser des meetings et à imprimer des objets de publicité. L’argent sale va couler comme de l’eau dans des cataractes et des fontaines. Pourquoi dire «va couler», alors qu’il a déjà commencé à couler dans les villages? Et qui va contrôler ce dévoiement? Cela n’intéresse pas les pouvoirs publics, qui n’ont même pas pris la précaution élémentaire de plafonner les frais de campagne électorale. Ce qui constitue une négligence d’une grande gravité. Les dés sont pipés, et tant pis pour la démocratie.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Mercredi 13 janvier 2016.

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