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Palmarès démocratique de ces 15 dernières années

Palmarès démocratique de ces 15 dernières années

Mohamed Ali Soilihi, favori de l’électorat par conviction

Par Adam Mohamed

     Nous sommes nombreux à suivre avec intérêt et passion le déroulement de la campagne pour le scrutin présidentiel, mais aussi les commentaires suite aux premiers résultats de l’élection primaire qui a eu lieu à Ngazidja le 21 février dernier. Mettons un peu les pendules à l’heure, et cela veut dire: placer les événements dans leur vrai contexte en en désignant les acteurs concernés.

     Commençons par cette affirmation: Mohamed Ali Soilihi dit Mamadou n’a jamais truqué une élection. Et personne n’a truqué une élection pour lui. À l’époque d’Ahmed Abdallah Abderemane, Mamadou était élu Député dans le Hamahamet dès le premier tour, avec un score raisonnable qui n’était pas semblable à celui de ses prédécesseurs car il avait joué le jeu de la démocratie avec son opposant, du parti Rose à l’époque, le défunt Ahmed Mohamed Toihir. En 2009, il avait été encore élu Député sous le régime politique d’Ahmed Sambi, sans la moindre aide d’Ahmed Sambi. Ses partisans du Hamahamet-Mboinkou avaient voulu se venger d’Ahmed Sambi, qui avait procédé à son éviction du gouvernement en juin 2009, alors qu’il venait de conclure avec le Fonds monétaire international un accord très favorable aux Comores et venait de mettre fin à une grave crise de l’énergie. En décembre 2009, les habitants du Hamahamet-Mboinkou avaient tout fait pour qu’il puisse battre le Docteur Hamidou Karihila au deuxième tour: 17.000 voix contre 8.000.

     Ahmed Sambi a alors senti le magistère politique de Mohamed Ali Soilihi et l’avait proposé au Docteur Ikililou Dhoinine comme colistier à la Grande-Comore. C’est donc Mamadou qui a rendu service à Ahmed Sambi, et cela doit être suffisamment dit pour que ça se sache. En effet, grâce à Mohamed Ali Soilihi, Ikililou Dhoinine a été élu facilement à Ngazidja, même si Ahmed Sambi, dans le but de faire le mal, se vante d’avoir truqué le scrutin pour faire élire Ikililou Dhoinine. C’est un super menteur spécialisé dans la mythomanie. C’est un super manipulateur comme d’habitude. Comme il voulait avoir Mohamed Saïd Fazul de Mohéli dans sa poche, au moment il commençait à développer sa haine envers Ikililou Dhoinine, il avait inventé la supercherie pour calomnier Ikililou Dhoinine alors qu’il se discréditait lui-même. Quelqu’un qui n’a pas volé et qui dit avoir volé ira deux fois en enfer. Celui qui a volé vraiment ira toujours en enfer, mais seulement une fois. Ahmed Sambi ira deux fois en enfer, car elle n’a pas volé l’élection mais il dit l’avoir volée.

     En 2014, le Président Ikililou Dhoinine envisageait la tenue des élections législatives pour début 2015. Une partie de l’opposition criait au scandale car d’après elle, les conditions n’étaient pas réunies pour réaliser le renouvellement de l’Assemblée de l’Union des Comores en temps voulu et conformément à la Constitution. Ikililou Dhoinine avec Mamadou ont tenu bon, et les élections avaient été organisées à temps, dans le calme, et tout le monde a applaudi sauf les petits malins qui ont tenté de truquer les votes. Au premier tour, certains ont réussi à tromper la vigilance des uns et des autres avec des procurations falsifiées à tour de bras et d’urnes. L’UPDC, parti auquel est affilié Mamadou, n’a été l’auteur d’aucune manipulation électorale. Ce sont l’UPDC de Mamadou et certains partis de l’opposition de l’époque qui se sont rassemblés pour faire barrage aux petits malins, au deuxième tour, afin surtout d’empêcher la triche. Chose faite, les candidats de ces petits malins ont été laminés car il n’y avait plus de place à la triche.

     Un grand rappel. À cette élection, des ténors candidats du pouvoir étaient disqualifiés par la Cour constitutionnelle au motif qu’ils n’avaient pas pris congé de leur poste. Le pouvoir de l’époque, qui est celui d’Ikililou Dhoinine et Mamadou, n’avait pas crié au scandale, et il s’est plié à la règle de la démocratie. Il s’agissait d’Ahamada Moussa (alors Directeur général des Impôts et actuel candidat au poste de Gouverneur de Ngazidja) et d’Omar Mohamed (Directeur de l’aéroport de Hahaya). La règle, c’est la règle même si on est du pouvoir. Ahmed Sambi et Azali Assoumani n’ont jamais observé cette règle de déontologie politique. Mamadou a eu beaucoup de mal à faire élire son candidat dans le Hamahamet-Boinkou et n’a violé aucune règle. En 2004, dans la même région, les partisans de la CRC ont usé de fraude massive pour faire «élire» Mohamed Chatur Député au détriment de Mohamed Chanfiou Ahamada Djabir. Comment expliquer un deuxième tour d’une élection alors que dès le premier tour, il n’y avait que deux candidats? Ça s’est produit en 2004, pendant la présidence d’Azali Assoumani, et au premier tour, la supercherie de truquage était trop visible. De quoi parlent donc ces gens-là ils disent donner aux autres acteurs politiques des leçons de démocratie?

     Avant tout, la démocratie est un état d’esprit et il faut accepter qu’on est battu quand on battu, et saisir la Cour constitutionnelle quand on se sent lésé, et puis accepter le verdict même si ça ne plaît pas.

     Aujourd’hui, chers lecteurs, nous ne sommes pas comme avant. Les organes de gestion et de règlement des conflits en matière électorale ne sont pas sous la férule du pouvoir politique en place. C’est une composition d’hommes et de femmes représentant les élus et la société civile. On voit aujourd’hui un Vice-président qui a des représentants à la CÉNI et à la Cour constitutionnelle et s’opposant à ces institutions. Ils s’opposent même à son Président et au gouvernement. Oui. Si jamais il y avait eu des truquages aux élections primaires de Ngazidja, situons les responsabilités.

     Les Commissaires de la CÉNI et les membres de la Cour constitutionnelle sont responsables de leurs actes. Personne ne peut unilatéralement les limoger et leur imposer des choix. Si un membre d’un de ces organes commet une faute ou triche, c’est de sa responsabilité et non de celle de Mamadou ou du gouvernement. La démonstration a été faite récemment suite à la suspension de deux Commissaires par décret du Président de la République. Le Président a été désavoué par la Cour constitutionnelle, et ces Commissaires ont réintégré la CÉNI. Comme quoi le Président et le gouvernement ne peuvent pas faire ce qu’ils veulent à la CÉNI et à la Cour Constitutionnelle, et à plus forte raisons quand il s’agit du simple Mamadou, qui est candidat comme d’autres. Sinon, à quoi bon l’obliger à prendre congé de son poste de ministre s’il peut toujours faire ce qu’il veut?

     Qui trompe qui entre Azali Assoumani, Mouigni Baraka, Fahmi Saïd Ibrahim et les autres candidats du premier tour dans cette histoire de tricherie? Pour vouloir accabler leur adversaire, ils inventent toute une histoire machiavélique. Pourquoi Mouigni Baraka n’oblige pas ses représentants à la CÉNI et à la Cour constitutionnelle de se retirer de leurs fonctions si triche il y a eu? Pourquoi Fouad Mohadji, Vice-président actuel, ne fait pas autant alors qu’il est dans les manifestations publiques, et le lendemain il est en conseil des ministres avec le Docteur Ikililou Dhoinine, Mamadou et le ministre de l’intérieur, entre autres?

     Établissons un petit palmarès de démocratie, de paix sociale, de liberté d’expression et de transparence électorale au cours de ces 15 dernières années.

     Sans vouloir être cynique, parce que avant tout ce sont nos responsables politiques, rappelons que le premier mandat présidentiel issu de la présidence tournante a montré un visage de dictature d’un côté, et de laisser-aller d’un autre: manifestations réprimées chaque fois (Association des Consommateurs réclamant de l’électricité auprès de la CEE), les habitants de Moidja-Hamahamet tabassés pour avoir signalé le manque d’entretien du réseau électrique, les habitants de Badjanani tabassés par des militaires cagoulés, des journalistes arrêtés dans un immense cafouillage juridique, répression sur le Président de l’île autonome de Ngazidja, laxisme envers le séparatisme à Anjouan (…). Toutes les élections de cette période ont été truquées et surtout le scrutin présidentiel de 2002, avec le candidat du pouvoir, Azali Assoumani, «arrivé en tête avec 42% ». Cerise sur le gâteau, les instances de gestion de cette élection ont crié au scandale et ont refusé de valider les résultats. C’était un magistrat étranger qui avait validé un deuxième tour boycotté par les candidats de l’opposition, la mascarade de ce deuxième tour était tellement poussée qu’à Anjouan, on n’avait même pas voté, même pour la forme.

     Après 2006, Ahmed Sambi avait utilisé son «sang parler» pour endormir les plus crédules, dont je ne fais pas partie. Mon ami Farouk, un ancien syndicaliste, avait été battu à mort à la prison de Moroni. C’est parce que il était syndicaliste qu’il fallait que le régime politique d’Ahmed Sambi le tue. Pour illustrer aussi cette violence pendant la présidence d’Ahmed Sambi, rappelons l’assassinat de Combo Ayouba, au sujet duquel Ahmed Sambi déclare connaître les commanditaires. Rappelez-vous des élections truquées à outrance (référendum sur la Constitution, élections législatives où l’opposition n’a pas participé aux instances de gestion par entrave du gouvernement, Ahmed Sambi contrôlant tout et régulant tout à sa guise).

     Faisons un petit clin d’œil à mon frère et ami, le candidat malheureux à l’élection présidentielle actuelle, Ahmed Mahamoud Wadaane, qui a vu son journal édité en France et ramené aux Comores par ses soins séquestré sous Ahmed Sambi par la Direction de la Sureté nationale et par Kiki, alors Directeur général des Douanes, à cause d’une petite phrase critiquant le dévergondage de la Constitution. Aujourd’hui, Ahmed Mahamoud Wadaane et Kiki protestent ensemble et illégalement contre les institutions de la République. Ils n’en ont pas le droit. Ils n’ont que le droit de saisir la Cour constitutionnelle.

     Pendant ces 5 dernières années, la situation s’est améliorée en termes de démocratie, de liberté et d’élection. Personne n’est tué pour ses opinions, aucun journaliste n’a été arrêté arbitrairement, aucune manifestation autorisée n’a été réprimée et à chaque élection, le Droit a été respecté. Le pouvoir et l’opposition ont perdu des élections. Nous l’avons vécu.

     Enfin, pour illustrer tout cela, Maître Saïd Larifou, candidat malheureux aux primaires de l’élection présidentielle et qui a obtenu un score honorable, disait au Foyer des Femmes de Moroni le samedi 5 février 2016: «Ça dix sept ans que je suis en politique. J’étais opposant au régime politique d’Azali Assoumani, tabassé et mis en prison plusieurs fois. Pendant la présidence d’Ahmed Sambi, j’étais frappé à mort mais par miracle, je suis resté en vie pour m’opposer à Ikililou et à Mamadou d’une manière virulente. Je n’ai jamais été persécuté par ces deux là car ce sont des responsables mus par un état d’esprit démocratique».

Par Adam Mohamed

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© www.lemohelien.com – Samedi 12 mars 2016.

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