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Parc National de Mohéli : Micmac autour de la désignation du directeur du site…

Par Faïssoili Abdou

Maison de la Tortue à Itsamia

Le parc national de Mohéli est paralysé depuis  le 30 juin dernier, terme du mandat du Directeur intérimaire du site. En cause : la volonté du ministre de tutelle de cet établissement public à caractère administratif (le Vice-président Moustadiroine Abdou) d’imposer un ami à la tête du Parc  malgré l’avis contraire du principal bailleur du site (l’AFD).

« Il n’y a pas de directeur. Toutes les activités sont bloquées. Aucun décaissement n’est possible et même les agents ne sont pas payés depuis deux mois. Tout est paralysé », confie notre interlocuteur, très inquiet de l’avenir de cette première et unique aire marine  protégée des Comores.

Désigné depuis décembre 2016, le Directeur par intérim sortant devrait passer la main à un directeur de plein exercice avant la fin de son mandat, mais le processus de désignation de son successeur est bloqué depuis quatre mois déjà. La faute, visiblement, à la politique politicienne et égalmeent à cette manie de nos autorités politiques, à vouloir tout régenter. En effet, il semblerait que le Vice-président en charge de l’agriculture, de la pêche et de l’environnement veut absolument imposer un copain, un membre de la CRC (le parti au pouvoir). Ça rappelle un peu ce qui se passe dans les pays où règnent en maître, les partis Etats.

Le  jury constitué pour faire les choix des candidatures était sur le point de désigner  le nouveau Directeur du site parmi les trois candidatures sélectionnées à l’issu d’un appel à  candidature lancé au mois de février dernier, quand  tout s’est subitement arrêté. La Vice-présidence en charge de l’Environnement se serait imposée pour arrêter le processus lorsque le maître des lieux aurait senti que le poste allait filer à son protégé. « Le Vice-président jure de relancer le processus de recrutement, de remettre une équipe intérimaire en place », affirme notre interlocuteur.

Plage d’Itsamia

Le mode de désignation du Directeur qui se passe en deux étapes (un concours sur dossiers et puis un entretien oral des candidats arrivés en tête) serait la pierre d’achoppement entre les deux parties. Saisi par la direction générale de l’environnement et des forêts, l’Afd a donné un avis négatif à la nomination du candidat  qui aurait les faveurs du pouvoir (qui n’est d’ailleurs pas  du domaine) et aurait recommandé que le candidat à retenir soit celui reconnu pour ses capacités managériales et sa maitrise des dossiers et dont, visiblement, son grand défaut serait de ne pas être membre du parti au pouvoir.

C’est semble-t-il pour cela que le Vice-président refuse sa nomination. D’où ce blocage. Il faut souligner que cet entêtement du Vice-président  risque de coûter très cher au Parc de Mohéli qui, cette année, devait démarrer un important projet d’appui à hauteur de 3 millions d’euros dont 1.5 millions pour le fond fiduciaire du site.

Un projet qui a pour objet « de contribuer à la conservation de la biodiversité et des ressources marines du triangle corallien nord-Mozambique en renforçant le parc national de Mohéli (Comores) dans ses missions de conservation et de développement local. Le projet est déployé à travers 3 volets : consolidation de la gouvernance du parc, mise en place d’outil assurant la pérennité financière du parc, préservation de la biodiversité marine et terrestre du parc, engagement des communautés dans la protection du parc et accompagner leur développement », comme l’explique l’Afd sur son site web.

« C’est Mohéli qui risque de perdre ce financement de l’AFD », alerte notre interlocuteur. « On doit se demander pourquoi, on laisse l’unique aire protégée des Comores couler dans l’indifférence totale des autorités nationales voir des autorités de Mohéli, qui ont des responsabilités partagées. On se demande à qui revient la gestion des ressources naturelles », poursuit-il rappelant que « s’il n’y a pas d’activités de surveillance, le braconnage des tortues et d’autres espèces de l’écosystème du Parc s’accentue ». Comme dit l’adage, en voulant trop gagner, on risque de tout perdre.

 

 

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