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Partielles à Anjouan : Quand 8 ôtés de 3 font les 5 qui déshonorent !

21 février 2016-5 mai 2016, voilà deux mois et près de deux semaines que, les Comoriens ont voté, s’étant réveillés un 1er mai dans l’incertitude, dans l’éventualité et dans la vraisemblance quant au destin du pays pour les 4 prochaines années. Le peuple se pose cette question qui aurait été pourtant tranchée depuis. Le peuple s’inquiète et commence à s’effaroucher car il ne s’y attendait pas. Il ns s’attendait pas à un étirement combien élastique d’un processus électoral aussi mouvementé en 2016. Il s’alarme et se demande ce peuple des Comores – pourquoi aujourd’hui, pourquoi nous et surtout, qui est l’homme en charge du destin de notre pays dans les quatre années à venir ? Le peuple des Comores, vous pouvez comprendre est anxieux. Anxieux de voir qu’au terme de 75 jours, le nom de leur président succédant Ikililou Dhoinine n’est toujours pas connu par les Comoriens dans leur ensemble, qu’ils soient de l’opposition ou du camp issu du pouvoir sortant.

La situation est alors grave, très grave. Elle est même gravissime et rarissime. Pourtant, les lois n’ont jamais été claires qu’elles le sont aujourd’hui pour ne laisser quiconque s’égarer aujourd’hui au risque même de berner tout un peuple déjà au bout du chaos social étouffant.

Nous sommes le 5 mai 2016, et le processus électoral a encore du chemin à se faire, cela malgré les résultats rendus publics par la Commission Electorale Nationale Indépendante (ce que les Africains francophones ont l’habitude, le plaisir et la fierté même d’appeler couramment la CENI. Mais ça c’est une autre Histoire. Ce rallongement du temps parait comme le fruit d’une machination herculéenne, l’agrume d’une « buldesérisation » (si je me permets le terme) de l’acte politique. Le politique sans scrupule entraîne les Comoriens dans un manège politico-politicien puissant et robuste qu’ils ont construit pour se fabriquer des nids d’oiseaux, non pas des toits afin de rester le plus longtemps accrochés au pouvoir.

Que dire, que comprendre des hésitations palpables de la CENI pour rendre publics les résultats jusqu’aux 10 mars surtout lorsque l’ultime arbitre ne siffle pas la fin d’un match assez cafouillé mais joue les prolongations injustifiées par les lois ? Que comprendre de ces faits similaires chez les deux institutions (CENI – CC), ayant tout les deux épuisé les délais légaux ? Va-t-on s’amuser à faire pratiquer les lois là où ça arrange qui et piétiner ces légalités où ca n’aménage qui ? Il faut le dire haut et fort, que la Cour Constitutionnelle Comorienne, vague 2016 a commis la grosse erreur historique, la fourberie institutionnelle du temps dans l’Histoire moderne de notre jeune République. La faute engage bien évidement des auteurs qui sont les membres de cette instance arbitrale suprême. Ils sont 8 à la base mais 3 ont pensé au saint serment  qu’ils ont prêté en s’engageant à servir l’institution. Hélas, cette scission au sein de la CC n’honore personne surtout lorsque la majorité valide la dissimulation, la volonté de servir une partie et non a patrie.

Comoriennes et Comoriens des Comores et d’ailleurs, chaque jour qui passe après le 10 avril 2016, nous implorons Allah à ce qu’il nous épargne d’une confrontation entre nous-mêmes. Avec le retard cumulé depuis, crée et renforcé par une lourdeur incompréhensible des institutions dans le pays, la plus grande victime de cette situation s’appelle la DEMOCRATIE, notre démocratie autour de laquelle tourne le PEUPLE des COMORES. C’est un coup dur infligé à cette démocratie et qui montre hélas les griffes des politiques les plus ogres, les plus anthropophages de notre temps. La décision de la cour Constitutionnelle n’a aucunement tenu compte d’aucun texte en rigueur pour trancher sur des partielles dans 13 bureaux de vote. Cette décision rarissime se rajoute à une série de mascarades orchestrée peut-être pour des fins assouvissant une poignée de mains et non le peuple. Ces pratiques, d’autant plus qu’elles nous déshonorent, elles n’honorent pas non plus la politique et les politiques comoriens. Il faut dire que cette situation nauséabonde intervient dans ère nationale où notre jeune démocratie peine à s’asseoir, ne trouve plus de vrais partenaires accompagnant son élan pourtant essentiel.

Or cette jeune démocratie fait appel à toutes les forces, de toutes natures qu’elles soient politiques, celles de l’exécutif, les forces législatives, juridiques, institutionnelles et journalistiques pour l’intérêt de tous, pour la transparence au sein de ces instances du pays.

Je ne sais pas si les Comoriens s’étonnent comme moi chaque 3 mai, Journée consacrée aux revendications en faveur d’une presse libérée dans le monde lorsqu’ils voient défiler tous les acteurs de la presse comorienne réputée pro pouvoir ou pas le même jour dans la même foule. Aujourd’hui, grâce aux avancées technologiques, malgré les censures imposées parfois ou souvent les régimes en place, nous avons accès à de nombreuses manifestations qui se font dans le monde. Aux Comores, en cette journée du 3 mai 2016, alors que le pays vit une situation que j’espère détendue après ce fameux 3ème tour à Anjouan, j’ai été frappé par le fait marquant de voir des grands journalistes et dirigeants d’Al-Watwan dans la foule où se fendent aussi d’autres collègues de la Gazette des Comores et tant d’autres. La question qui me vient en tête est la suivante : quel problème rencontre la presse nationale aujourd’hui si c’est finalement tout le monde s’en plaint ? Puisqu’il s’agit d’une journée pour la liberté de la presse, ne forgeons donc guère plus long : toute la presse nationale (toutes lignes éditoriale confondues) souffre donc de la même maladie : le manque de liberté en leur sein.

Le quatrième pouvoir, celui incarné par les médias fait alors partie des grands malades dans le pays, vous pouvez le constater, qui se rajoutent donc à une longue liste de corps souffrants : un corps malade exécutif, un corps malade législatif, un corps malade judiciaire qui, chacun affectent et infectent considérablement d’autres petits s’y greffant. Bien sûr que nos médias ne disposent pas assez de moyens pour répondre aux exigences mais devra-t-on se résigner dans cette p matérielle pour justifier tout ? Comment justifier le recule, l’indifférence, l’endormissement de nos médias face à l’urgence lorsqu’on sait des policiers commandés par un ministre ou autre sont susceptibles de se rendre dans les kiosques non pas pour se procurer les numéros que leur premier flic trouverait top mais pour confisquer une information qui leur déplait ? Comment comprendre par exemple que la chaîne nationale regardée peut-être à tort aujourd’hui par un bon nombre de comoriens en France n’a jamais fait un effort pour couvrir sérieusement les élections de 2016 ? Pire encore, l’on assiste avec stupéfaction à des traitements irréguliers fantaisistes dans la forme lorsqu’ils attribuent la parole à Mohamed Ali Soilihi sous-titré « Président aux élections » et «Azali Assoumani, candidat aux élection » au lendemain de la publication des résultats par la CENI ?

C’est dire qu’il y a problème dans l’organisation professionnelle des médias nationaux, ce quatrième pouvoir qui est un pilier fondamental pour le sursaut d’un peuple en trop retard. Les médias et la presse éduquent les bonnes manières, couvrent avec rigueur toutes les politiques contributives et doivent dénoncer tout acte malveillant enfreignant à toute émancipation démocratique. Aussi longtemps que les médias et la presse d’expérience dans le pays n’accompagneront pas ce processus, ils laisseront place à l’émergence d’autres moyens souvent improvisés mais qui risquent de s’imposer comme modèle malgré un manque de professionnalisme. C’est dire que l’innovation, le changement auront besoin d’une émancipation claire et nette du 4ème pouvoir qui sont la presse et les médias de masse comoriens.

Nos journalistes, leur rôle surtout est d’aller à la recherche de l’information peu importe le contenu et où elle se retrouve. Lorsque les maux d’un pays ne trouvent plus de journaliste pour le dire ou pour le relayer, qui le dira donc et de quelles manières ? Quand est-ce que et comment le journalisme comorien va devoir sortir de l’antre dans lequel il est confiné parfois par le politique pour nous sortir du trou où ces inspirateurs de la honte veulent nous interner ? – Jeunesse avenir des Comores, du pain, il y en a sur la planche et bon boulanger que vous incarnez, dites non à l’accolement complice des 4 pouvoirs : Exécutif, législatif, Judiciaire et médiatique. C’est à ce moment-là que les résultats électoraux ne nous prendront plus toute une éternité, ce qui ne se produit nulle part chez nos voisins Maurice et Seychelles pour ne citer qu’eux pour leur taille et leur Histoire.

 

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