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Polémiques sur le voyage de Marine Le Pen à Mayotte

Polémiques sur le voyage de Marine Le Pen à Mayotte

L’Union des Jeunes Actifs de Mayotte très fâchée par l’affaire

Par ARM

  Un étrange jeu de cache-cache. Il y a un jeu de cache-cache entre l’Union des Comores et Mayotte. Chacune guette les trébuchements de l’autre, les Comoriens dénonçant l’expulsion des leurs et la destruction de leurs cases à Mayotte, les Mahorais se plaisant sadiquement à faire leurs choux gras de la descente aux enfers des Comores. En décembre 2016, il y a eu les ricanements d’une certaine presse électronique comorienne toujours prompte à regarder plus du côté de Mayotte que du côté de la Grande-Comore, Mohéli et Anjouan. En réalité, ces ricanements sont un immense tissu d’hypocrisie. Commençons par le commencement. Marine Le Pen, Présidente du Front national, se rend à Mayotte. Elle y rencontre un certain nombre de personnes, dont les oulémas de l’île, y compris le Grand Cadi. Soit dit en passant, le Grand Cadi de Mayotte est plus pieux, plus érudit, plus sérieux et plus crédible que le Mufti des Comores, et cela ne date pas d’aujourd’hui. Tout de suite après la rencontre, l’événement est commenté de diverses façons, certains n’hésitant pas à déclarer que le Grand Cadi et les autres Oulémas de Mayotte prient pour l’élection de la Présidente du Front national à la Présidence de la République française en 2017. Rien que ça!

La chose n’a pas plu à Mayotte, et l’Union des Jeunes Actifs de Mayotte (Udjama) est très fâchée, parlant d’«instrumentalisation». Un article du journal France Infos Mayotte en fait état:

«Le réseau Udjama dénonce une “instrumentalisation” des propos du Grand Cadi

  L’Union des jeunes actifs Mahorais (Udjama) s’est fendue d’un communiqué pour dénoncer l’article de l’AFP qu’il accuse de déformer les propos du grand cadi lors de sa rencontre avec Marine Le Pen la semaine dernière. “Le 1er décembre 2016, l’AFP publiait une dépêche intitulée ‘À Mayotte, le grand chef des religieux musulmans adoube Marine Le Pen’ qui rapportait la rencontre entre le Grand Cadi de Mayotte et Madame Le Pen à l’occasion de son déplacement à Mayotte. Outre son titre, la dépêche, reprise par plusieurs médias nationaux, indiquait que ‘Ces chefs religieux musulmans de l’île, dont le Grand Cadi en personne, ont imploré Dieu afin que la présidente du FN devienne présidente de la République en 2017’. Le Réseau Udjama dénonce sans réserve l’instrumentalisation des propos du Grand Cadi laissant penser qu’il apportera son soutien à Marine Le Pen pour les élections présidentielles de 2017.

Le Réseau Udjama regrette la profonde méconnaissance de la part des journalistes des us et coutumes mahorais, qui ont perçu l’accueil de Madame Le Pen par le Grand Cadi de Mayotte comme un soutien politique. Udjama tient à rappeler le caractère apolitique de la haute instance religieuse locale qui, conformément à l’hospitalité mahoraise et aux pratiques de bonne conduite de l’Islam, ont conduit le Grand Cadi à honorer de sa présence l’invitation de Madame Le Pen. Lors de cette rencontre, le Grand Cadi de Mayotte, dont le rôle a structuré pendant des siècles la société mahoraise, a tenu à rappeler à Marine Le Pen l’existence et le devenir de la fonction de Cadi au sein de la République, au même titre que les derniers Rois de Wallis et Futuna. Même si les Cadis tendent à disparaître depuis la départementalisation de Mayotte, ils continuent à exercer des fonctions reconnues par la population au sein du Conseil départemental. Le Réseau Udjama rappelle que le Grand Cadi, qui a toujours prôné un Islam d’ouverture, combattant le fondamentalisme, malgré les crises migratoires et sociales qui gangrènent Mayotte, ne saurait apporter un soutien à une organisation politique d’extrême droite en quête de légitimité auprès des musulmans”».

France Infos Mayotte n°4001, Mamoudzou, mardi 6 décembre 2016, p. 5.

Voilà qui relance la polémique. Qu’on se le dise! En réalité, l’immigration clandestine à Mayotte est une thématique qui intéresse beaucoup le Front national, qui dit que l’État français n’en fait pas assez pour lutter contre le phénomène. Plus d’une fois, le Front national a tempêté contre le fait que la maternité de Mamoudzou soit devenue la plus fréquentée de France. Pourquoi? Parce que des femmes arrivant essentiellement d’Anjouan, font tout, au risque de leur vie, pour que leurs rejetons soient nés à Mayotte, en espérant qu’un jour, le droit du sol leur permettra de devenir des Français à part entière, comme ces ministres comoriens toujours prompts à dénoncer hypocritement la France alors qu’ils en ont la nationalité. En d’autres termes, ce n’est pas le Grand Cadi de Mayotte qui implore Dieu pour que Marine Le Pen soit élue à la Présidence de la République française en 2017, mais le «concubinocrate» Azali Assoumani qui, en détruisant les Comores, pousse les Comoriens vers Mayotte, en énervant les Mahorais. Le responsable, c’est donc le promoteur du gouvernement des concubines et des maîtresses, la «concubinocratie». Il faut comprendre les Mahorais. Ils ne supportent plus les flux migratoires et la pression démographique qui en résulte. Ils entendent Marine Le Pen et ses proches dire que l’État français se montre «laxiste» face à la migration clandestine et que, si elle était élue, elle mettrait fin à tout ce bazar. Cette douce musique fait du bien aux oreilles de nombreux Mahorais.

Et puis, il faudra arrêter l’hypocrisie, la duplicité et le double langage parce que l’île d’Anjouan est plus fermée aux Comoriens des autres îles que ne l’est Mayotte. Il y a combien de Mohéliens et de Grands-Comoriens qui ont un emploi ou une parcelle de terre à Anjouan? Osons nous poser cette question au lieu de rester dans les bêtises habituelles. Sur le même registre, ne perdons pas de vue la triste réalité selon laquelle les habitants de certains villages de Grande-Comore voudraient bien demander un visa d’entrée chez eux à ceux des villages rivaux. Regardons ces vérités en face. Et puis, un jour, il y aura à Mohéli et à la Grande-Comore des pogromes d’une telle violence contre les Anjouanais qu’ils feront passer pour un pétard mouillé de garçon boutonneux et gommeux la chasse aux Anjouanais en 1999 par le «concubinocrate» Azali Assoumani, juste avant son coup d’État débile et scélérat du 30 avril 1999.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Lundi 12 décembre 2015.

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