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Politiciens grands-comoriens dénoncés à Mohéli

Politiciens grands-comoriens dénoncés à Mohéli

Mohéli rejette le mépris d’une classe politique haineuse

Communiqué du Mouvement du 17-Février

Pour la sauvegarde de l’Accord-cadre de Fomboni

COMMUNIQUÉ

                Dans les jours ou les semaines à venir, des Assises «Nationales» vont être convoquées par le Président de l’Union des Comores et constitueront la première étape d’un processus devant aboutir à une révision constitutionnelle.

Le thème apparemment retenu pour ces assises est «le bilan des 42 ans d’Indépendance et des 15 ans de Présidence Tournante aux Comores».

Il semble très clair que cette démarche du pouvoir actuel est fortement influencée par le Mouvement grand-comorien du 11-Août, qui bénéficie d’un large soutien parmi les notables de l’île de Ngazidja.

                Le Mouvement du 17-Février pour la sauvegarde de l’Accord-cadre de Fomboni sur la Réconciliation aux Comores, après analyse de l’origine de cette initiative, de son évolution et des circonstances qui l’entourent, est convaincu que le principal objectif visé par ces assises, c’est de mettre fin à la présidence tournante entre les îles, étant entendu que:

–        Augmenter la durée du mandat présidentiel en la faisant passer à 6 ou 7ans au lieu de 5 ans, c’est porter atteinte à la présidence tournante;

–        Rendre la durée du mandat renouvelable une, deux ou plusieurs fois par la même île, c’est également lui porter gravement atteinte;

–        Modifier les modalités d’organisation de l’élection présidentielle en remplaçant la primaire insulaire par un premier tour national, c’est tuer l’esprit de la présidence tournante.

Le Mouvement du 17-Février soutient qu’un bilan objectif et équitable de la présidence tournante ne peut se faire que vers la fin de ce second cycle qui a commencé avec l’île de Ngazidja le 26 mai 2016 et qui doit continuer avec Ndzouani en 2021 avant Mwali en 2026, conformément aux mêmes dispositions consensuelles de la Constitution de 2001.

                Il estime que les conférences inter-comoriennes d’Addis-Abeba et Antananarivo de 1998/1999 ont largement permis aux Comoriens de faire le bilan politique non seulement des années d’autonomie interne, mais aussi des années d’indépendances, et de débattre, par ce biais, sur l’avenir des Comores.

De ces conférences, est né l’Accord-cadre de Fomboni, dont la population comorienne dans son ensemble reconnaît aujourd’hui la valeur historique; c’est en instituant la présidence tournante, l’autonomie et l’équilibre des îles que ledit accord a pu mettre fin aux velléités séparatistes et créer par des mécanismes les conditions nécessaires à l’instauration d’un climat de paix et de stabilité durables dans notre cher pays.

                De ce fait, le Mouvement du 17-Ffévrier estime que des modifications constitutionnelles ne revêtent aucun caractère prioritaire pour le moment, et donc pour cette raison, il met en garde contre toute tentative de passage en force pour tenir des assises dites «nationales» dont le format et l’ordre du jour ne feraient pas l’objet d’un large consensus réellement national et sans l’implication de la communauté internationale, qui avait parrainé l’Accord de Fomboni.

Le format officieux de ces assises, constitué par «les partis politiques reconnus, la société civile et les Institutions» et accompagné de l’amalgame savamment entretenu entre l’allusion à l’insularité et le séparatisme, alors qu’ il va être largement question de la tournante, bâtie sur une base insulaire, signifierait d’abord un retour à des pratiques de gouvernance d’antan, qui avaient durant des décennies divisé sans ménagement les Comoriens, et dont la conséquence a été sans aucun doute la crise séparatiste des années 1990, qui avait ébranlé dangereusement notre unité nationale.

                Ce format pousserait en outre à interpréter qu’encore une fois, ce sont les ressortissants de la grande île qui vont se retrouver entre eux pour modifier les dispositions constitutionnelles consensuelles garantissant aujourd’hui les droits des minorités et l’égalité politique entre les îles afin de s’assurer qu’aucun verrou constitutionnel n’empêche, ni ne limite l’hégémonie d’une île sur les autres.

Le Mouvement du 17-Février prévient qu’il ne ménagera aucune action utile, ni aucun recours possible pour faire échec à cette entreprise risquée, qui fait son chemin au sommet de l’État, au mépris des dispositions de l’Accord-cadre, des institutions et des lois en vigueur dans notre pays.

                Il appelle toutes les Comoriennes et tous les Comoriens de la Grande-Comore, de Mohéli, d’Anjouan, de Mayotte et de la diaspora, convaincus de l’idéal du vivre ensemble comorien dans la paix et la stabilité, à s’insurger contre ce projet hasardeux, mal engagé et à l’issue incertaine.

Il adresse à la communauté internationale, en l’occurrence l’Union africaine, l’Union européenne, l’Organisation internationale de la Francophonie et la Ligue des États Arabes, parrains de l’Accord-cadre de Fomboni sur la Réconciliation aux Comores, une demande pressante à s’impliquer dans ce dossier comme dans le passé et à user de tous les moyens pour éviter à ce pays un dangereux saut vers l’inconnu.

Vive l’Union des Comores.

Fomboni, le 25 Juillet 2017

Le Bureau exécutif

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© www.lemohelien.com – Mardi 25 juillet 2017.

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