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Politique I Des tensions larvées au sein de l’Amp

Politique |  16/10/2020 – 

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Une dizaine de partis politiques qui “désapprouvent l’attitude de la Convention pour le renouveau des Comores”, viennent de créer “le G10”, une nouvelle tendance politique au sein même de la mouvance présidentielle. Une fronde qui révèle au grand jour les malentendus qui entourent l’Amp. Le secrétaire général de la Crc, lui, “désapprouve la démarche de cette branche nouvellement créée”.

L’Alliance de la mouvance présidentielle (Amp) est en proie à des dissensions internes. Créée au lendemain des Assises nationales de 2018 pour soutenir la vision du chef de l’Etat, Azali Assoumani, l’Amp ne réussit pas à recoller les morceaux. Si les partis politiques composant cette famille avaient jusqu’à présent réussi tant bien que mal à cacher leurs désaccords en public, la création il y a deux mois d’un groupement de partis baptisés « G10 », n’est pas sans conséquence sur leur unité.

Méconnu depuis son lancement, ce mouvement réunissant dix formations politiques “frondeuses” de l’Alliance présidentielle n’avalerait pas le “comportement” de la Crc. Le parti présidentiel est accusé de vouloir “régner en maître”. Oubliant parfois l’esprit et la philosophie de la mouvance. “Nous refusons d’être absorbés par la Crc qui torpille les principes de l’Amp.

On s’aligne sur la vision d’Azali Assoumani, mais nous devons être libres de nous exprimer sur ce qui cloche. Le problème, si nous essayons de critiquer, la Crc nous traite de rebelles. Ils oublient que les comoriens attendent des résultats”, a dénoncé, le président de Comores Alternatives, Saïd Ahmed Saïd Abdillah, que nous avons joint au téléphone mercredi. Son parti ainsi que l’Apsi, Dudja-Pcdp, Soma, Fnj, Mlingo, Comores Yalewo na Messo, Updc apaisée, Mwachiwa et Undc forment le G10.

Les élections législatives

“La famille politique traverse une crise depuis les dernières élections législatives”, a glissé une source interne. “Lors du double scrutin du mois de février 2020, seuls les candidats de la Crc ont été financés alors qu’il y avait ceux des autres partis de l’Amp. Nous avons tous vu ce qui s’est passé”, a encore révélé le numéro 1 de Comores Alternatives. Ce dernier réaffirme leur appartenance à la mouvance.

Approché, le secrétaire général de l’Amp, Ali Mliva Youssouf, n’a pas souhaité faire de commentaires. De son côté, le secrétaire général de la Crc a fait part de sa désapprobation par à rapport à la démarche entreprise par le G10. “La Mouvance a un bureau. Si nos frères des autres partis politiques constatent qu’il y a quelque chose qui ne va pas, qu’ils viennent exposer le problème en interne. Et on discute ensemble pour trouver une solution dans la concertation. La sagesse voudrait que l’on procède ainsi au lieu de se rebeller”, tempère le secrétaire général de la Crc.

Incompréhensions et crocs-en-jambe

A propos des nominations au sein de l’appareil de l’État à l’origine, selon certains, de nombreuses frustrations, Youssoufa Mohamed Ali a exprimé sa stupeur. “On n’a jamais scellé un contrat portant sur un partage de postes. Nous sommes unis pour l’intérêt du pays et nous nous sommes mis d’accord sur un programme pour le développement du pays. C’est dans ce sens que nous devons travailler pour le bien du pays”, a lancé, le patron du parti présidentiel. Il faut noter que la sphère où les formations de la mouvance sont mieux représentées est la présidence

. Là-bas, “95% des conseillers du président sont issus de l’Amp”. Pour mieux comprendre les crises larvées de la mouvance en revanche, un recul sur les évènements survenus depuis les élections législatives s’impose. A commencer par les passes d’armes et les crocs-en-jambe entre la Crc et les autres partis de la mouvance, notamment Orange pendant la campagne de février 2020. Opposés bien qu’ils se considèrent comme membres de l’alliance, ces deux partis ont trouvé un nouveau terrain d’affrontement à savoir la mairie de Moroni.

On se rappelle de la récente note du ministre de l’Intérieur qui contestait la décision rendue par la Cour suprême. Cet arrêt exigeait de nouvelles élections au grand dam des conseillers du parti Orange. Une saga opposant depuis plusieurs mois ce parti et la Crc qui se disputent la commune de la capitale.

Le dernier épisode en date est donc la réunion de Mitsudje à laquelle le G10 n’a pas pris part. A-t-il été invité ? Difficile de l’affirmer. L’autre raison qui pourrait expliquer ces tiraillements de l’Amp est “le projet un parti unique” qui ne ferait pas l’unanimité au sein de la famille politique. Ces dissensions peuvent-elle fragiliser la mouvance ? Seul l’avenir nous le dira.

Alwatwan

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