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Politique/Tirs croisés sur l’ancien Vice-président Djaffar


Djaffar Ahmed Saïd, ancien Vice-président,

Ainsi donc, le Président Azali compte faire le vide autour de lui en mettant au trou tous les leaders politiques susceptibles de lui faire ombrage dans son ambition de se faire renouveler son bail à Beit-Salam ? Quand certains comme Ahmed Abdallah Sambi, leader du Juwa, ainsi qu’une partie du staff de cette formation politique  sont jetés sans ménagement en prison, d’autres sont enfermés à double tour dans les placards de Beit-Salam où ils vivent en attente d’un maroquin dans le gouvernement ou tout au moins un poste grassement rémunéré dans l’administration. Le chef Emergent est, ainsi, parvenu  à acheter pour peu de frais leur silence, si ce n’est leur allégeance.

Une  allégeance dont n’aurait pas fait preuve l’ancien Vice-Président Djaffar Ahmed Saïd qui se trouve ainsi dans l’œil du cyclone.  En effet, nous venons d’apprendre  aujourd’hui que ce magistrat de formation est  la cible de deux tirs croisés émanant du régime Azali, un régime qu’il a servi jusqu’il y a tout juste deux semaines. Alors que la justice a émis à son encontre un mandat d’arrêt international « pour des faits d’attentat et complot contre l’autorité de l’Etat », le ministère des affaires étrangères a tout bonnement décidé d’annuler ses deux passeports diplomatiques. Ainsi, l’ancien Vice-président qui a vertement désavoué la démarche inconstitutionnelle du Président Azali qui, en perspective de son projet de référendum pour la révision de la Constitution le mois de juillet dernier s’est empressé de dissoudre la Cour constitutionnelle, est aujourd’hui dans le collimateur du régime. Elle n’est pas belle l’amitié ? En quelques mois le régime Azali s’est employé à réduire au silence l’opposition qui s’en sort malheureusement très affaiblie. Ébranlée.

Après le référendum du 30 juillet dernier fortement contesté par l’opposition qui a dénoncé notamment des « bourrages d’urnes », Azali met les bouchées doubles pour enclencher la prochaine étape de son plan savamment réfléchi à savoir l’organisation des élections présidentielles visant à sa réélection dans le fauteuil de Beit-Salam sur lequel il souhaite y rester au moins une dizaine d’années. L’ancien putschiste rêve d’un règne sans partage…

Pendant ce temps, le landernau politique de l’archipel des Comores  s’apprête à recevoir le diplomate Algérien Ramtane Lamamra, haut représentant du président de la Commission de l’Union africaine, qui effectuera la semaine prochaine sa deuxième visite  au pays  pour essayer de ramener les différents protagonistes sur un terrain d’attente. Dans ces discussions, l’enjeu principal pour les opposants au régime et la société civile reste le rétablissement de l’ordre constitutionnel pour permettre ainsi à la « Présidence Tournante » de tourner jusqu’en 2031, terme de la tournante Mohélienne suivant la constitution de 2001 révisée en 2009. Espérons qu’il en sortira quelque chose de ces négociations…

En attendant, le Gouverneur de Ndzouani qui défend avec détermination la « Tournante de Ndzouani en 2021 », serait lui aussi dans le viseur du régime Azali. Des rumeurs insistantes prédisent  sa prochaine arrestation.

Alors qu’une partie de la classe politique anjouanaise s’est rallié à Azali, le Gouverneur élu pour un mandat de cinq ans pour défendre justement les intérêts de l’île, campe sur sa position. Il a promis à maintes reprises de défendre «  les intérêts de l’île même s’il doit verser son sang pour cela ». A Ndzouani où le président Azali a mené une grande opération de charme avec les moyens de l’Etat, la classe politique est donc  partagée en trois catégories : d’un côté, il y a le camp du Gouverneur Salami Abdou Salami soutenue par une large partie de la population ainsi que des personnalités politiques qui défendent becs et ongles la tournante anjouanaise, de l’autre, il y a ceux qui soutiennent le régime Azali pour des raisons diverses, mais ce qui se dégage le plus clairement c’est que certains le font pour se venger de l’ancien président Sambi, et enfin, il y a ceux, à l’image de l’actuel  Président de l’Assemblée, qui donnent l’impression d’avoir adopté le proverbe africain qui dit « Si tu ne peux rien contre l’eau qui te noie, contente-toi au moins de l’avaler jusqu’à ton dernier souffle ». Le moins que l’on puisse dire c’est que cette deuxième personnalité de l’Etat a adopté une position pour le moins feutrée dans cette bataille politique. S’il s’est affiché du côté du président Azali, il était le plus grand absent dans la campagne référendaire menée au pas de charge par la Mouvance présidentielle. Une campagne qui,  il est vrai, s’était réduit à des attaques ciblées contre l’ancien président Sambi, le leader du Juwa qu’on devrait à tout pris décrédibiliser aux yeux de l’opinion publique.

Dans cette manœuvre le rapport de l’enquête parlementaire sur le dossier de la citoyenneté économique ne pouvait tomber mieux. A se demander s’il n’était pas commandité pour servir justement à cela. Loin de nous l’idée d’innocenter l’ancien président Sambi. On remarquera juste qu’ alors que la version du rapport d’enquête remise au Chef de l’Etat a été rejetée par trois députés sur cinq qui composaient la commission d’enquête parlementaire, ce document servira de base pour le déclenchement des poursuites judiciaires à l’encontre de l’ancien Raïs qui est mis dans l’ombre depuis bientôt quatre mois. On s’interroge sur les raisons de la précipitation du Président de l’Assemblée et celui de la commission d’enquête parlementaire de remettre ce rapport au chef de l’Etat sans qu’il soit validé par les autres députés. On remarquera aussi que depuis la publication de ce rapport, le président de la commission parlementaire affiche une complicité avec Beit-Salam. Le député qui a participé dans plusieurs meetings de la campagne  référendaire,  a eu également le privilège de figurer, au moins à deux reprises, sur la liste des heureux amis qui suivent le chef de l’Etat dans ses déplacements à l’étranger. La neutralité attendra.

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