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Portrait de femme: rencontre avec Nafissa

Nafissa est originaire de Ngole-Hamahamet, un village situé au pied du volcan Karthala. A l’âge de cinq ans, sa mère quitte le pays alors que ses frères jumeaux n’ont que six mois. C’est seulement au décès de son père, six ans plus tard, que ses tantes vont lui permettre de prendre le chemin de l’école. Elle rattrape son retard tant bien que mal grâce aux « cahiers piqués » à ses sœurs, jusqu’à obtenir le bac l’an dernier, à l’âge de vingt-sept ans. C’est alors qu’elle entame sa première année d’études en lettres modernes à l’Université des Comores. 
C’est un chemin ardu parcouru, lorsque l’on sait qu’aux Comores, plus d’un enfant sur trois n’achève pas le cycle primaire, et moins d’un enfant sur deux poursuit des études secondaires.

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Ainée d’une famille traditionnelle, Nafissa était vouée à rester femme au foyer. Mariée à vingt-deux ans, puis divorcée à vingt-quatre, il n’est pas question pour elle d’abandonner sa bataille pour devenir une femme libre et indépendante. Elle considère qu’il est grand temps que les femmes de son pays arrivent à s’émanciper pour qu’enfin elles puissent s’épanouir professionnellement autant que les hommes, tout en conciliant les lourdes responsabilités liées à la vie familiale dont elles ont, hélas, souvent entièrement la charge.
Lorsqu’on lui parle de grand mariage, elle ne prend pas position 

fondamentalement contre cette tradition. Toutefois, elle la décrit comme un obstacle au développement puisqu’elle concentrerait, selon elle, toutes les énergies et les attentions sur la mobilisation de ressources financières. Elle dit que parce que c’est culturel, et par souci de combler les désirs de sa famille, elle acceptera éventuellement de faire le grand mariage. Mais pas avant dix ans, et à la condition qu’elle ait accompli son rêve : devenir professeure et écrivaine. Ainsi,Nafissa préfère dépenser son argent, gagné en vendant les kofia qu’elle coud elle-même minutieusement à la main, pour son éducation, plutôt que pour préparer le grand mariage.
Malgré toutes les difficultés auxquelles elle a dû faire face, Nafissa garde la tête sur les épaules et ne se voit vivre nulle part d’autre que dans son pays : elle sait que son pays doit changer et elle est convaincue qu’il changera. Alors elle compte bien y rester pour le voir éclore de ses propres yeux.

Par Système des Nations Unies en Union des Comores avec habarizacomores.com


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