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Pour le vivre ensemble !

Pour le vivre ensemble !Madame Thoueybat HILALI

Lorsque mes frères Anli Yachourtu Jaffar se reconnaît être un séparatiste anjouanais et accuse Mohamed Souffiane de chauvinisme grand comorien, me fait réagir et sortir de mon mutisme, en digne héritière du sultan Said Omar d’Anjouan.

Pour le vivre ensemble apaisé l’exigence, la retenue et le respect des valeurs communes s’imposent mais ceci ne doit pas non plus nous empêcher de se dire et se rappeler certaines vérités et qui sont tout autant criantes et exposées dans la note du Trésor publique français ci-jointe. Les chiffres sont parlant et nous savons sans doute que ce n’est pas ce système établi qui fera le développement des Comores, ni la division que veulent nous imposer ceux qui voudraient tirer leur fil du jeu. Des efforts considérables doivent être déployés et dans un climat politique apaisé et sécurisé.

Si Moroni la capitale nationale se situe en Grande Comore, elle impose à cette île des devoirs qui doivent s’accompagner de droits indéfectibles.

Anjouan a aussi des droits comme Moheli en a aussi les siens toutefois, il est inconcevable de laisser passer la liste des ressortissants de la ville de Mitsoudje, dont le President Azali est originaire que fait circuler les partisans de JuWa. Faut-il les rappeler que les mêmes reproches étaient leurs droits hier, lorsque ils étaient au pouvoir, Ikililou malgré la contribution insignifiante de Moheli dans le budget national en a fait autant et les mêmes n’ont eu rien à dire et se sont même accommodés. Peut on accuser un President d’arriver au pouvoir avec son épouse ? Sambi le mutsamudien a une épouse de Mutsamudu, Ikililou autant. Quelle ironie mais quelle démagogie insolente !

Juwa avait hier le ministère de la fonction publique et en ce terme des propositions d’organisation de la fonction publique auraient pu être formulées et réalisées. Juwa avait le ministère de la justice et en ce terme, le ministre devient le premier magistrat de l’Etat, le premier conseiller juridique du President et là aussi des actions auraient pu être engagées. Juwa avait encore le ministère des Affaires Étrangères et là aussi une répartition des postes à pourvoir dans la représentation aurait pu être faite mais rien ! L’incompétence était tout aussi criante. Du temps de Sambi comme celui de Ikililou, ces postes devenaient des gâteaux qu’ils se partageaient entre copains de la même Ile. Se taire reviendrait à laisser Juwa se faire prévaloir d’être le rassembleur mais par Opportunisme Uniquement.

Pour parvenir à une assise nationale apaisée, le rappel et le retour au travail des ressortissants de chaque Ile afin de contribuer au développement économique s’imposent et les équilibres des îles ne pourraient être que bénéfique pour la nation. Le développement économique d’Anjouan avec sa démographie galopante et incontrôlée est un impératif afin de rattraper le retard accusé mais pour le réaliser les forces vives anjouanaises doivent en prendre conscience, s’en approprier et ne pas laisser le terrain occuper par les prédateurs de deniers publics, les exploiteurs criminels de Kwasa kwasa et les prêcheurs de rêves. Le port international de Mutsamudu est une porte majeure pour le développement économique de cette ile et de l’archipel car ses facilités portuaires sont considérables et une réalité qui doit et peut être améliorée.

Je reste pourtant convaincue que chaque Ile doit se saisir de son opportunité économique et administrative avec une large autonomie politique, établissant une compétition entre les îles, seules peuvent assurer le décollage économique des Comores.

En ce qui concerne la fonction publique, une organise moderne et adéquate s’impose certainement par voie de concours au recrutement des fonctionnaires toutefois il faut reconnaitre que le Président doit pouvoir nommer à des postes clés de haute responsabilité, des personnalités qui jouissent de sa confiance autrement c’est le dysfonctionnement de l’Etat. Un chef d’Etat dispose et doit pouvoir déléguer des pouvoirs qu’à des personnes dont la confiance et la fidélité son indéfectible.

SITUATION ECONOMIQUE ET FINANCIERE DE L’UNION DES COMORES

Note de Juillet 2016, source TP français

La France et les Comores entretiennent d’étroites relations économiques et financières. Ainsi, la France est le 1er bailleur du pays (entre 25% et 45% des engagements annuels d’aide publique au développement) et demeure un partenaire commercial majeur (3e fournisseur et 2e client en 2015). Cette relation prend également un relief particulier dans le cadre des accords monétaires de la Zone franc. En effet, la France garantit la convertibilité illimitée du Franc comorien et dispose d’une représentation à hauteur de 50% au conseil d’administration de la BCC, la Banque centrale des Comores. Cette dernière est un pilier de la stabilité économique du pays dans un contexte de fragilité économique et de vulnérabilité marquée du système financier.

1. Eléments structurels

L’Union des Comores est un petit pays insulaire de 755 000 habitants, souffrant de fragilités structurelles qui en font une économie vulnérable, associant faible revenu par habitant et retard de développement. Le secteur privé est peu développé et peu diversifié en raison d’un climat des affaires peu favorable et l’activité économique est contrainte par les capacités énergétiques du pays, les délestages électriques y étant de plus en plus fréquents. Le secteur agricole emploie 80% de la population active (36% du PIB) mais n’est concentré que sur trois produits de rente (vanille, girofle, ylang-ylang) représentant 70% des exportations. La balance commerciale est structurellement déficitaire en raison d’une faible base exportatrice (17,5% du PIB) sujette aux variations des cours des produits agricoles, et d’un besoin important de biens importés (58% du PIB). Si la situation monétaire est maîtrisée notamment grâce à l’appartenance à la Zone franc (ancrage à l’euro, limitation des avances monétaires contribuant à contenir l’inflation), le secteur bancaire et financier y est peu développé et sujet à un grand nombre de faiblesses (notamment un taux élevé de créances douteuses). La gouvernance des grands opérateurs publics (télécommunications, énergie, banques) menace leur viabilité et les rend inefficaces, tout en faisant peser un coût important sur l’Etat.

2. Situation économique conjoncturelle

Le taux de croissance de l’économie comorienne a atteint +1% en 2015 et devrait s’élever à 2,2% en 2016 selon les services du FMI. En 2015-2016, l’activité économique a été particulièrement perturbée par les défaillances dans la production, la transmission et la distribution d’électricité. La compagnie publique Ma-Mwé, en situation de monopole, souffre de problèmes de gouvernance opérationnelle et financière qui se traduisent par un manque d’investissements, des pertes commerciales et techniques fréquentes, une tarification inadaptée (le prix de l’électricité y est parmi les plus élevés d’Afrique) et des équipements anciens et inefficaces. Les délestages fréquents affectent l’activité économique tandis que la situation financière de l’entreprise fait peser un coût très élevé sur l’Etat et sur d’autres entreprises publiques telles que la SCH (Société Comorienne des Hydrocarbures) auprès de laquelle la Ma-Mwé a accumulé des arriérés de l’ordre de 10% du PIB.

La situation extérieure du pays a continué de se dégrader en 2015-2016. En raison d’une faible base exportatrice et du besoin élevé de biens importés, le déficit commercial s’élève à 40% du PIB et seul le maintien des transferts de migrants à un niveau important (24% du PIB) contribue réellement à contenir le déficit courant toutefois en hausse (11,5% du PIB en 2015 contre 6,5% en 2014). Le pays est en effet très dépendant des transferts des migrants pour s’approvisionner en devises et alimenter l’activité, mais ces transferts ne financent que peu d’investissements productifs.

3. Situation budgétaire et endettement des Comores

Les tensions budgétaires, prononcées depuis plusieurs années, se sont aggravées dans un contexte de ralentissement de l’activité économique et de faible gouvernance financière. Selon le FMI, les recettes fiscales n’ont représenté que 11,1% du PIB en 2015 et pourraient atteindre 9,8% du PIB en 2016, représentant moins de 40% des ressources totales du gouvernement. En revanche, les dépenses budgétaires sont en hausse, poussées par la masse salariale de la fonction publique qui absorbe presque l’intégralité des recettes fiscales en 2016. En conséquence, le gouvernement accumule régulièrement des arriérés de paiement sur les salaires des fonctionnaires. La survie économique et financière n’est possible que par le soutien extérieur apporté par les bailleurs et certains pays (notamment du Golfe) et le niveau élevé des transferts des migrants (plus de 25% du PIB).

L’appui budgétaire exceptionnel sous forme de don apporté par l’Arabie Saoudite aux Comores en décembre 2015 (40 M€, soit 8% du PIB) a permis de normaliser pour un temps la situation financière du pays. Ce financement, qui a rendu caduc le programme de soutien financier proposé par le FMI à son conseil d’administration en décembre 2015, a déjà été consommé intégralement, notamment pour régler des arriérés et apurer la dette de l’Etat auprès de la Banque centrale.

Les services du FMI indiquent un risque « modéré » pesant sur la dette comorienne. L’inclusion des transferts des migrants dans l’analyse de la soutenabilité de la dette publique extérieure avait permis de reclasser le risque d’élevé à modéré. Malgré une hausse de la dette publique extérieure entre 2014 (19,8% du PIB) et 2015 (25,7% du PIB), le maintien à un niveau élevé des transferts des migrants (24% du PIB) permet d’atténuer l’analyse du risque.

Madame Thoueybat HILALI

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