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Pour une mise à plat des partis politiques aux Comores

Un parti politique est un mouvement associatif rassemblant des individus réunis autour d’un projet philosophique et idéologique commun. Ensemble, les associés, qu’on appelle aussi partisans ou adhérents du parti creusent les moyens devant leur permettre la mise en pratique de ce projet commun, cela dans l’objectif de conquérir le pouvoir. C’est pour cette raison que l’on scande très souvent qu’un parti politique « est une organisation au service d’une idée. »

Quels partis politiques pour les Comores ?
Au lendemain de la chute du pouvoir des mercenaires coïncidant malheureusement avec la mort atroce de Ahmed Abdallah, l’Histoire politique de notre pays inaugure une nouvelle page, celle mettant en avant une affirmation du suffrage universel. Grâce à cette affirmation les partis politiques se sont développés encore plus, non pas dans la clandestinité mais dans toute liberté sous le régime de Papa Djo, lui-même demi-frère d’Ali Soilihi Mtsachiwa. Avec cette ère Papa Djo, les partis politiques devraient continuer à animer la vie politique et participer efficacement au pluralisme qui est le fondement même de la démocratie.

Nous avons alors besoin des partis au sein desquels se créent, se construisent et se développent des logiciels solides reflétant la vie, l’amélioration de celle-ci pour le peuple comorien. Notre pays a donc besoin aujourd’hui d’un type de parti politique dit de « masse », prônant des programmes sociaux adéquats sensés améliorer et simplifier la vie quotidienne des Comoriens, d’où qu’ils se retrouvent. Ce type de parti-là demande cependant une organisation rigoureuse interne pour asseoir une hiérarchie solide négociée entre les associés. Les partis politiques comoriens doivent revoir leurs manières de gérer les dossiers internes de leurs partis, avoir des programmes clairs, le plus souvent obtenus sur proposition des leaders qui sont les premiers à défendre au sein de l’assise avant de les rendre publics. La survie d’un parti politique est conditionnée par les capacités internes du dit parti de recruter un bon nombre d’adhérents qui, eux assurent l’autonomie financière du groupe.

Force est de constater qu’un parti comme le Front Démocratique, solide, le seul d’ailleurs à rester un exemple d’un parti excellemment organisé dans les années noires s’est laissé submergé par le calme et liberté retrouvés après de longues années de lutte contre les mercenaires et le post-colonialisme. La chute du régime mercenarial n’a donc vraiment pas profité à notre pays pour cette raison que la jauge sociale qui est le parti politique semblait déjà être hors jeu le moment propice. C’est là le grand départ d’une crise politique, sociale nationale qui, jusqu’à là ne disait pas son nom. Si le départ de Bob Denard et de ses amis n’a pas été très vite suivi de bons programmes et de grandes ambitions politico-sociaux portés par des hommes et femmes politiques du pays, c’est que les partis politiques, malgré leur pluralisme n’ont pas été à la hauteur des enjeux collectifs de la nouvelle ère. La démocratie fut alors purement et simplement une chanson, un refrain à la comorienne entonnés jours et nuits d’une manière ou d’une autre.

Quel rôle doivent-ils jouer les partis politiques comoriens aujourd’hui ?
Le premier rôle d’un parti politique est d’animer la vie politique non pas par des paroles creuses des blablateurs mais par une idéologie claire, par des programmes connus et des actions engagées sur le terrain pour s’approprier ce dernier. Il serait d’ailleurs nécessaire d’insérer dans la constitution comorienne un article expliquant ce qu’est le parti politique et son rôle qu’il doit jouer dans la dynamique politique nationale.

Si aujourd’hui, on peine toujours à voir claire notre avenir, c’est parce que les acteurs politiques nationaux n’ont pas bénéficié des expériences préliminaires au sein d’instances politiques efficaces et solides, que l’électeur comorien né en 1990 n’a vraiment pas la culture d’un militantisme politique solide et structuré. Rendez-vous compte des dégâts qui s’en suivent ? C’est ainsi qu’il faut réorganiser tous les partis politiques comoriens pour pouvoir jouer le rôle de pont entre ces jeunes électeurs, entre le peuple et le gouvernement. C’est ce rôle intermédiaire qui compte le plus parce qu’il accroche le peuple à l’action politique. Grâce à l’implication populaire dans les diverses structures au sein du parti, la politique a ses outils de mesure du tempérament socioéconomique d’un pays.

Enfin, le rôle que doivent jouer les partis politiques comoriens doit être clair et net. Le parti politique doit enfin sortir de sa coquille misérable, doit attester le courage des hommes et femmes politiques comoriens, le talent qui les anime depuis l’exercice des responsabilités au sein de leurs partis. Ils doivent montrer combien ils ont été capables de collaborer avec les leurs dans l’élaboration des programmes politiques qu’ils ont à défendre entre adhérents, le même programme à reprendre en cas de conquête du pouvoir pour servir de projet politique dans l’exercice du pouvoir. Le parti politique a aussi une fonction de direction dans la mesure où l’objectif fondamental est la conquête du pouvoir politique. Or c’est un pouvoir que l’on conquiert grâce à une professionnalisation de la vie politique dans la mesure où le candidat à des échéances, législatives ou présidentielles serait sélectionné, distingué, choisi selon des compétences démontrées pour gouverner.

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