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Putsch militaire, putsch électoral et putsch institutionnel

Putsch militaire, putsch électoral et putsch institutionnel

Azali Assoumani noie le poisson dans le putsch institutionnel

Par ARM

   Azali Assoumani a été l’auteur de tous les types de coups d’État possibles et imaginables. En 1999, il est l’auteur d’un coup d’État militaire, qu’il qualifie de «100% comorien», comme si cela pouvait excuser son piétinement de la République, prétendument «pour sauver ce qui peut l’être». Ce fut le coup d’État militaire. Isolé par la communauté internationale après son forfait, il fait organiser une parodie d’élection en 2002 au cours de laquelle il se retrouva tout seul au deuxième tour de ce scrutin qui n’en fut pas un. L’organisateur de cette sale besogne est l’organisateur de la sale besogne du vendredi 15 avril 2016, même s’il dit ne jamais lui faire confiance. Ce fut le coup d’État électoral. En 2014, il fait un coup d’État dans son propre parti politique. Ce fut le coup d’État dans un verre d’eau. En 2016, il fait saccager par ses hommes 23 bureaux de vote, privant 6.600 (selon la Commission électorale nationale «indépendante», CÉNI) à 11.000 électeurs (selon d’autres chiffres) de leur droit constitutionnel et civique. Et quand la Cour constitutionnelle et les représentants de la communauté internationale ont expressément demandé à la CÉNI de ne pas proclamer les résultats partiels et provisoires tant que l’élection partielle n’a pas été organisée dans les 23 bureaux de vote en question, les Mohéliens de Beït-Salam (Photo) ont dépêché auprès de la CÉNI le Colonel Youssouf Idjihadi, chef d’État-major de l’Armée nationale de Développement (AND), nullement concerné par les proclamations des résultats des élections, pour obliger militairement la CÉNI à proclamer des résultats absolument incomplets. Ce fut le coup d’État institutionnel dont parlent à juste titre Mohamed Ali Soilihi et les démocrates du pays.

   Or, curieusement, affichant son mépris habituel envers les Comoriens, le Colonel Azali Assoumani refuse à Mohamed Ali Soilihi son droit élémentaire de parler de «coup d’État institutionnel». Au cours de sa conférence de presse du samedi 16 avril 2016, il riait même quand il en parlait, disant à sa façon et dans son français de souk et de manioc qu’il se moquait des institutions de la République et des doléances juridiquement fondées de Mohamed Ali Soilihi.

   Voici ce qu’il disait: «Moi, je le plains, je le plains que quelqu’un qui a été Vice-président pendant 5 ans me parle de coup d’État institutionnel. Ça, c’est leur produit, figurez-vous: la Cour constitutionnelle est composée de représentants qui étaient nommés par le Président, les Vice-présidents et les Gouverneurs. La CÉNI, pareil. Donc, ces institutions-là, qu’il est en train de foudroyer aujourd’hui, c’est lui qui les a mis [Sic: mises] en place, malgré qu’il y a des structures indépendantes au pouvoir. C’est lui qui a la responsabilité morale du bon déroulement des élections. Ils n’ont pas crié ceci au premier tour, quand ils étaient premiers, alors que tout le monde a crié au scandale quand ils étaient premiers alors que tout le monde savait. En ce moment-là, ils se sont tus, ils n’ont rien dit. Ils ont salué les élections. Et même les élections, aujourd’hui, ils sont en train de critiquer. Ça veut dire que c’est trop partisan. En 2006, j’ai passé le pouvoir à mon successeur. J’étais Président, il y avait un candidat et moi, je n’ai pas fait de recours. Donc, ces images de coup d’État aussi bien les responsables comoriens que les sites de certains médias qui jouent ce jeu-là, je pense là que ce n’est pas approprié. Depuis 99, on regarde vers l’avant, vers la sécurité, la stabilité». Tu parles!

   Une fois de plus, Azali Assoumani ment sur toute la ligne. Il y a eu coup d’État institutionnel parce qu’une institution de la République proclame des résultats incomplets d’une élection, malgré ce que lui proposent ses partenaires en matière électorale. Or, si ces résultats sont incomplets, c’est parce que ses hommes ont empêché les électeurs de voter, en usant de la force physique. En plus, comme les médias qu’il n’a pas achetés l’ont signalé, les résultats de ces bureaux de vote seront de nature à influer profondément sur l’issue du scrutin, le critère qui doit guider la Cour constitutionnelle à demander objectivement et juridiquement l’organisation d’une élection partielle à Anjouan. Azali Assoumani a tort de comparer le premier tour de l’élection et le second. Il a tort d’inclure la Cour constitutionnelle dans les observations de Mohamed Ali Soilihi, qui ne lui reproche rien, puisqu’elle a demandé à ce que les résultats partiels ne soient pas proclamés avant la tenue de l’élection partielle dans les 23 bureaux de vote. Il a tort parce qu’il avait été tellement mauvais comme Président qu’en 2006, même son Vice-président originaire d’Anjouan l’avait fui et ne voulait pas être son candidat. Il a tort parce qu’en 2006, la CÉNI échappait complètement à son contrôle, contrairement à celle d’aujourd’hui. Enfin, il doit penser à une chose: il n’a pas le droit de priver les acteurs politiques comoriens et les médias du droit de dénoncer ses magouilles. Il a acheté une certaine presse, mais, il n’achètera pas toute la presse. Il fait peur aux membres de la Cour constitutionnelle, mais, il ne fait pas peur à tout le monde. Comme il vit dans la peur, il vit de la peur et fait peur aux autres, mais tout le monde n’a pas peur de lui. En tout cas, qu’il se prépare à une chose que lui et ses protecteurs de Beït-Salam n’ont pas encore imaginée, malgré leurs écoutes téléphoniques non autorisées par un juge.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Dimanche 17 avril 2016.

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