You are here: Home » Uncategorized » Quand Abdou Souefou ose dénoncer «un coup de force»

Quand Abdou Souefou ose dénoncer «un coup de force»

Quand Abdou Souefou ose dénoncer «un coup de force»

Gloubi-boulga de Saïd Larifou contre l’État et l’unité du pays

Par ARM

      En 2013, la Confrérie de Renégats et des Criminels (CRC) était entrée dans une profonde crise de leadership, dont on retrouve encore aujourd’hui les stigmates et les séquelles. Cette année-là, le secrétaire général du parti était Houmed Msaïdié Mdahoma. Sa légitimité était totale et incontestable. Il contrôlait admirablement la base et l’appareil du parti. Son mandat n’était pas encore arrivé à terme. Mais, comme à l’horizon politique se profilait le scrutin présidentiel de 2016, la CRC implosait parce que le «pouvoiriste» polygame Azali Assoumani Boinaheri voulait être le candidat du parti, pendant que Houmed Msaïdié Mdahoma voulait que ça soit la base du parti qui désigne ce candidat. Suite à la complaisance mâtinée de corruption et d’incompétence criminelle d’une juge inexpérimentée, Houmed Msaïdié Mdahoma a été chassé du secrétariat général de la CRC de manière arbitraire et illégale.

Le 24 mai 2014, Houmed Msaïdié et certains proches fondaient le RADHI («Bénédiction» en comorien). Parmi ces proches, figurait Aboudou Souefou, l’emblématique enfant chéri de Ntsini Moichongo. Or, en 2015, ce dernier espérait voir Houmed Msaïdié Mdahoma et le «ventriote» Azali Assoumani Boinaheri s’entendre et présenter une candidature unique. Ce fut tintin. Abdou Souefou soutint Houmed Msaïdié Mdahoma, colistier de Mohamed Ali Soilihi à la Grande-Comore. Mais, au lendemain de l’immense fraude électorale organisée par les Mohéliens de Bête-Salam, il fut le premier à faire des yeux de merlan frit à l’usurpateur Azali Assoumani Boinaheri, le Mohamed Ben Arafa comorien. Ça commença par des prières du vendredi dans son village et par des rencontres clandestines relevant du secret de Polichinelle.

Abdou Souefou est à l’origine de l’immense crise qui tue le RADHI aujourd’hui: il s’est présenté chez le ploutocrate Azali Assoumani Boinaheri alors que ce dernier voulait prendre tout le RADHI. Houmed Msaïdié Mdahoma, adepte de la politique du ventre, se livra lui aussi à son ancien ennemi, au nom de sa découverte de 2011: «L’hermaphrodisme politique», l’art d’être à la fois dans la majorité et dans l’opposition. Comme le proverbe mohélien dit que «le mendiant n’aime pas l’autre mendiant», la cohabitation des deux «amis» dans l’antichambre de la mendicité à Bête-Salam n’a jamais été chose aisée.

Les deux hommes attendent des nominations depuis leur allégeance à leur ancien ennemi. Après le remaniement ministériel de juin 2017, Houmed Msaïdié Mdahoma avait piqué une crise aiguë de pleurnicheries larmoyantes devant les vrais opposants, à qui il demandait un durcissement contre le «ventriote» Azali Assoumani Boinaheri, qui avait refusé de lui donner le poste de ministre qu’il convoite avec obsession. Abdou Souefou avait choisi d’être taiseux.

Mais, alors que les Comoriens sont au bord de la crise de nerfs à cause des manipulations qu’envisage le «concubinocrate» Azali Assoumani Boinaheri, très amoureux de lui-même et de sa présidence à vie, Abdou Souefou dénonce le «coup de force constitutionnel» que serait une révision constitutionnelle par le dictateur de Mitsoudjé pour convenance personnelle.

Il a choisi le sujet de l’autonomie des îles, l’une des bêtes noires du mari d’Ambari: «Sur l’autonomie des îles. Sans être juriste et encore moins constitutionnaliste, mon attention est néanmoins attirée par le fait suivant: la Constitution en vigueur dit: “Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu’il est porté atteinte à l’unité du territoire et à l’intangibilité des frontières internationalement reconnues de l’Union ainsi qu’à l’autonomie des îles”. Dans mon humble entendement, cela signifie que seul un coup de force pourra venir à bout de l’autonomie des îles. Les prétendants à un État unitaire décentralise où les vice-présidents administreraient les îles autonomes doivent nous en expliquer un peu plus. Il ne saurait y avoir en effet d’autonomie des îles sans exécutif des îles distinct de celui de l’Union. En aucune manière donc les vice-présidents de l’Union ne peuvent pas [Sic: ce «pas» est de trop] administrer les îles. Le problème qui apparaît dans les réactions ci-dessus c’est qu’on fait l’amalgame entre appréciation politique d’une disposition constitutionnelle et contreinte [Sic: «Contrainte»] juridique liée à cette disposition. La Constitution interdit la suppression du concept d’autonomie des îles. En 2009 tout le monde s’accorde à dire que l’autonomie des îles a été vidée de l’essentiel de son contenu. Mais n’a pas été supprimée. Le jour où les îles seront administrées par des exécutifs déduits de celui de l’Union, il y a [Sic: «Aura»] coup de force constitutionnel. Il y a plusieurs manières d’élire le gouverneur de l’île autonome. Mais ce dernier ne peut en aucune façon être en ticket avec le Président de l’Union».

Les proches d’Abdou Soeufou disent deux choses au sujet de cette prise de position. D’une part, ils expliquent doctement que l’homme de Ntsini Moichongo est tellement déçu par le tyran de Mitsoudjé qu’il a préféré s’éloigner du climat délétère de Moroni, en se rendant à Mayotte. D’autre part, ils disent que leur ami est au début de sa dissidence contre le régime politique en place. Pour l’instant, nous observons et attendons la suite. En tout état de cause, ce que dit Abdou Soeufou est entièrement fondé. En la matière, Saïd-Ahmed Saïd-Abdillah, infatigable et explosif Président du Parti Comores Alternatives (CPA), suggère carrément la suppression des postes de Vice-présidents de l’Union des Comores et de Gouverneurs des îles. Réapparu sur le devant de la scène politique après sa récente disparition en Europe, il défend plus que jamais cette idée.

Pendant qu’Abdou Souefou dit des choses intéressantes, le danseur de rues Saïd Larifou est dans le gloubi-boulga que lui dicte une forme surdimensionnée de sa mendicité politique. Lors d’une rencontre des chefs de partis mendiants au cours de laquelle Djaé Ahamada Chanfi et lui-même dégoulinaient de servilité obséquieuse, il a tenu des propos injurieux envers Anjouan et Mohéli pour mieux combattre l’unité des Comores, sans doute pour devenir le ministre du Pétrole de la future République de la Grande-Comore. Examinons une partie de sa logorrhée de haine et de mépris: «Le train est déjà en marche. Il faut, par conséquent, communiquer sur les enjeux. Ces assises dépassent le cadre du régime actuel puisqu’elles sont d’un intérêt national. À l’heure où la désinformation gagne du terrain, il faudrait apprendre à dépersonnaliser les assises nationales. C’est de la mauvaise foi que de parler d’un format du CPAN [Comité de Pilotage des Assises nationales] imposé ou décidé à Beït-Salam. Et de toute façon, les signataires du mémorandum sont contre les assises et le discours autour du format du CPAN n’est qu’une façade».

Comment cet homme a-t-il fait pour tomber si bas? Depuis quand est-il le porte-parole de Bête-Salam? Où a-t-il vu un «intérêt national» dans une manœuvre malsaine et fangeuse dont le but est la destruction de l’État comorien? De quelle désinformation parle-t-il? Pourquoi parle-t-il d’assises «nationales» tout en soutenant la composition raciste et chauvine d’un CPAN ne comptant ni Anjouanais, ni Mohélien, ni femme? Comment cet homme peut-il déifier la mendicité politique jusqu’à réfuter le fait que les membres, tous grands-comoriens, du CPAN sont nommés par le putschiste Azali Assoumani Boinaheri, l’homme qu’il voulait renverser par le passé? Pourquoi veut-il que les acteurs politiques les plus méprisants et les plus haineux de Grande-Comore organisent leurs assises insulaires, qu’ils qualifient de «nationales», tout en refusant ce droit aux Anjouanais et aux Mohéliens? Par pur racisme, il insulte les Anjouanais qui ont rédigé un Mémorandum sur les assises. Je ne cesserai de lui rappeler le mot du grand juriste tunisien Yahd Ben Achour, qui avait refusé de cautionner la dictature de Zine El Abidine Ben Ali: «Un juriste ne tend jamais la main à un dictateur».

Par ARM

Le copier-coller tue la blogosphère comorienne. Cela étant, il est demandé amicalement aux administrateurs des sites Internet et blogs de ne pas reproduire sur leurs médias l’intégralité des articles du site www.lemohelien.com – Il s’agit d’une propriété intellectuelle.

© www.lemohelien.com – Mardi 31 octobre 2017.

Powered by Comores infos