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Quand Azali critiquait les présidents qui s'accrochent au pouvoir

Il fut un temps Azali était perçu comme un modèle à suivre sur le continent africain. Un président qui, après avoir effectué son mandat, ne s’accroche pas au fauteuil présidentiel mais organise une transition démocratique et une passation de pouvoir pacifique avec son successeur.

La chose est tellement rare, que notre président-colonel était régulièrement invité par les médias internationaux, les colloques et les conférences pour qu’il fasse la leçon à ses homologues continentaux qui s’accrochent bec et ongles à leur poste de chef d’État.

En 2009 Rémy Cayrol écrivait dans le fameux magazine Jeune Afrique: « Azali était, obnubilé par l’idée de ne pas rester au pouvoir. De ne servir qu’une cause? : la réconciliation nationale. Ses adversaires s’en moqueront, mais les faits le confortent dans ses propos? : celui qui avait pris le pouvoir par les armes en 1999 « pour éviter une guerre civile » a tenu parole en organisant des élections relativement propres qui ont vu la victoire d’un opposant. »

Telle était la belle image pleine de respectabilité qu’Azali avait réussi à se forger sur la scène internationale. Mais ça c’était avant. Désormais Azali est redevenu un président africain comme les autres.

Il a commencé par trahir ses partenaires de la coalition qui l’a porté au pouvoir. Pourtant dans une autre interview au même magazine, il reconnaissait que c’est le parti Juwa de Sambi qui lui a permis de gagner l’élection. On pourrait m’accuser de mentir alors je cite simplement un extrait de l’interview.

« JA: Vous avez confié le ministère de la Justice à Fahmi Saïd Ibrahim, le candidat du parti Juwa, créé par Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Est-ce un gage donné à l’ancien président, qui vous a soutenu lors du deuxième tour?
Azali: Bien sûr que c’est un gage donné à Sambi, en politique, il faut savoir prendre en compte ceux qui vous ont soutenu. Cela étant dit, Fahmi Saïd Ibrahim est un magistrat reconnu et il était le mieux placé pour prendre en main ce ministère.

JA: Quelles sont vos relations avec l’ex-Président Sambi?
Azali: Elles sont bonnes, et nous nous parlons régulièrement. Il a effectivement été un soutien décisif lors du deuxième tour, avec un engagement fort sur Anjouan. »

Après cette trahison, comme tout bon président africain qui se respecte, Azali veut tripatouiller la constitution pour rester plus longtemps au pouvoir. Oubliant qu’il y a quelques années en juin 2015 sur le plateau de l’émission Grand angle de TV5 il critiquait l’attitude du président burundais Pierre Nkurunziza qui a modifié la constitution pour rester au pouvoir.

Azali disait: « C’est quand même dommage, car la première des choses c’est de respecter la règle et donner une leçon aux autres. Il y a une loi qui a été voté, le premier magistrat du pays doit être le premier à la respecter. Si la loi dit qu’il doit partir je ne vois pas pourquoi il s’attache. »

Après les conclusions des assises qui préconisent une réforme constitutionnelle pour permettre au président de rester au pouvoir, on aimerait prendre ses paroles et les adresser à Azali. La première des choses c’est de respecter la règle de la tournante. Si la loi dit qu’en 2021 c’est le tour d’Anjouan pourquoi vous accrochez-vous? Ce qui est valable pour Nkurunziza et aussi valable pour vous, Excellence Monsieur Le Président.

Comorya

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