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Quand Fahmi Saïd Ibrahim évoquait ses amitiés orageuses

Quand Fahmi Saïd Ibrahim évoquait ses amitiés orageuses

Entre de faux frères et de vrais ennemis, la candidature-biberon

Par ARM

  Déjà en janvier 2014, alors qu’Ahmed Sambi et Fahmi Saïd Ibrahim s’agitaient en France, Abdou Hamadi dit Mrimdu, le grand blogueur national, parlait de l’inévitable absorption du Parti de l’Entente comorienne (PEC) du second par le Parti Bidoche du premier. Il en avait décrit les mécanismes et le processus comme ils sont constatés aujourd’hui quand, pour faire accepter sa candidature-biberon par les plus hostiles et les plus hargneux des crypto-sambistes, Fahmi Saïd Ibrahim a dû se présenter en tant que «candidat indépendant», alors qu’il est le chef d’une organisation partisane, même microscopique et presque inexistante sur le plan politique. Il est le candidat du Parti Bidoche d’Ahmed Sambi et est chaperonné, bordé et biberonné par lui, comme on peut le constater lors du moindre de ses meetings, mais il ne peut pas le crier sur les toits, alors que tout le monde sait ce qu’il en est. Pathétique et très triste. La chose est d’autant plus hallucinante et hallucinogène que le samedi 13 février 2016, Abdou Hamadi dit Mrimdu, dans un article délicieusement intitulé «La très dangereuse campagne de Fahmi Saïd Ibrahim: Pourquoi se cache-t-il sous le manteau d’un autre?», signalait: «Oui, ça me fait rigoler enfin, comme le jour où Fahmi Saïd Ibrahim, a tout bonnement ramené son petit parti, le Parti de l’Entente comorienne (“PEC”), dans le bec d’un petit poussin mourant appelé “Juwa” tout en prétendant que sa démarche était une démarche d’alliance entre deux partis “Juwa-PEC”. Nous avons prévu que le PEC disparaîtrait avant les élections, comme nous avons prévu aux membres du parti Juwa que ce parti Juwa disparaîtra avant le 26 mai 2016. Ça fait danser peut-être pour les uns, ça fait étonner peut être pour les autres, quant au camarade Mrimdu, cela reste tout simplement l’étourderie du leader de l’ex-PEC, puisque, aux allures où vont les choses, si Fahmi avait la confiance de ce parti Juwa, ça se saurait. S’il avait le contrôle de son ex-parti PEC, ça se saurait aussi. Alors oui, qui vivra verra».

  Abdou Hamadi dit Mrimdu a d’autant plus raison qu’il y a moins d’une année, plus précisément en avril 2015, le Parti Bidoche d’Ahmed Sambi tenait Fahmi Saïd Ibrahim pour quantité politique négligeable et sur laquelle il ne fallait pas perdre un temps précieux. Dès lors, pendant que le pays s’agitait pour la constitution d’une majorité parlementaire, et alors qu’Ahmed Sambi se démenait pour essayer d’exister sur une scène politique qui ne voulait pas de lui, il finit par conclure juste pour moins de 24 heures une étrange alliance politique avec le plus maladroit et le plus lourdaud des politiciens du pays, l’insaisissable boxeur-catcheur Mouigni Baraka Saïd Soilihi.

     La conclusion de cette alliance incongrue portait deux significations humiliantes pour Fahmi Saïd Ibrahim: d’une part, elle avait été conclue sans qu’Ahmed Sambi ne se soit interrogé sur la nécessité d’en informer son ancien et dernier ministre des Relations extérieures, et d’autre part, il s’agissait de la pire chose qui pouvait arriver à Fahmi Saïd Ibrahim car Mouigni Baraka Saïd Soilihi est à la fois son ennemi immédiat, puisque de la même région d’Itsandra que lui, et son pire ennemi, pour des raisons qui n’ont rien de politique. Cette inimitié est d’autant plus lourde de conséquences qu’à en croire cet homme du pouvoir politique actuel, «lors du deuxième tour des élections législatives de février 2015, l’État se devait de tout faire pour éviter une guerre civile dans la région d’Itsandra, où il fallait attribuer un siège de Député au PEC de Fahmi Saïd Ibrahim et un autre au RDC de Mouigni Baraka. C’était ça ou la guerre civile dans la région. Nous avons donc arrangé les choses pour créer artificiellement un équilibre basé sur une fraude électorale que nous avons organisée non pour un de nos candidats, mais pour un adversaire. Ce n’est pas propre, mais enfin…, c’était ce qui était le plus propre pour la paix dans la région».

     Naturellement, quand les choses arrivent à ce point-là, on est obligé de s’interroger sur les prétentions excessives du chef du PEC. Cette alliance qui avait été conclue sur son dos par Ahmed Sambi et son ennemi régional et personnel, Mouigni Baraka Saïd Soilihi, l’avait frustré jusqu’à ce qu’il exprime sa colère sur la place publique mondiale, en postant une vidéo d’indignation de 14 minutes et 4 secondes sur Facebook le jeudi 2 avril 2015, s’en prenant à la fois à l’ennemi Mouigni Baraka et à Ibrahim Mohamed Soulé, secrétaire général du Parti Bidoche d’Ahmed Sambi, n’égratignant que diplomatiquement Ahmed Sambi, future nounou de sa candidature-biberon. Pour saisir toute l’étendue de «l’amour» qui le lie à ses «amis» et à ses ennemis, et pour bien comprendre le peu de cas qu’Ahmed Sambi faisait de lui il y a moins d’une année, il est nécessaire de replonger dans le contenu de son discours de colère.

     Voici ce qu’il disait et qui traduit parfaitement le climat de haine qui règne entre lui et Mouigni Baraka Saïd Soilihi, et le mépris que lui vouaient les dirigeants du Parti Bidoche, parti qui se décidera finalement d’en faire le porte-drapeau quand ils se rendirent compte que la candidature d’Ahmed Sambi à l’élection présidentielle de 2016 était tout simplement impossible sur le plan juridique stricto sensu. Voici son discours…

     «En deuxième lieu, il y a le climat politique, que vous connaissez. Comme vous l’avez constaté, nous sortons d’une période électorale. Il y a eu des assemblées, et puis il y a eu l’alliance que je voudrais évoquer un peu, l’alliance, vous l’avez compris, entre le RDC et le Parti Juwa. Vous connaissez mon compagnonnage politique avec le Président Sambi, et vous savez que cela date d’il y a 7 ans, quand il allait libérer l’île d’Anjouan, qui était prise par des rebelles, qui étaient des séparatistes, qui ne voulaient pas que perdure l’unité des Comores. C’est à cette époque-là que j’ai connu le Président Sambi, qui était un grand patriote, qui aimait l’unité des îles Comores. C’est à cette époque que je l’ai connu, que je me suis rapproché de lui, que j’ai commencé à militer avec lui, pour mener plusieurs combats, entrant dans son gouvernement, nous accompagnant jusqu’aujourd’hui. Il a créé un parti politique, le Parti Juwa, un parti frère. Nous faisons du chemin ensemble. Cependant, il y a des choses qui se sont passées il y a quelques jours, il y a quelques semaines de cela. C’est que les dirigeants du Parti Juwa, nonobstant mon amitié avec eux, quand ils sont partis faire une alliance avec le RDC du Gouverneur Mouigni fils de Saïd Soilihi, n’ont pas dit que “Fahmi et le PEC sont des frères, nous devons les appeler”, ne serait-ce qu’en nous passant un petit appel téléphonique, en disant “nous allons discuter avec notre frère le Gouverneur”. Rien du tout. Ils ont choisi de ne pas appeler et de ne pas commettre cet acte de courtoisie à mon égard. Ils nous ont méprisés. Quand nous observons la situation, nous voyons qu’ils ont fait leur alliance avec le RDC, et cela m’a beaucoup attristé parce que nous sommes des compagnons de route».

   «Et vous avez vu que les élections à Itsandra n’étaient pas faciles. J’ai lutté contre le RDC et contre le candidat de Mouigni fils de Saïd Soilihi. Et il n’y a pas un mal dont les gens de Mouigni dans la région d’Itsandra ne m’ont pas accusé. Pour créer des nuisances à Sambi, ils s’en étaient pris aux Anjouanais. Ils s’en étaient pris à l’unité de notre pays, et tout ça est le fait du frère Mouigni fils de Saïd Soilihi et de ses hommes. Ils sont allés jusqu’à dire que les Anjouanais n’avaient pas l’autorisation de voter à Itsandra. À la fin, ils sont allés jusqu’à me faire attribuer une religion qui n’est pas la mienne. Ils ont fait de moi un adepte du Chiisme parce qu’ils voulaient calomnier le Président Sambi car, en calomniant le Président Sambi et en me calomniant aussi, ils créent des problèmes en nous mettant dans le même moule, et suscitent des soupçons très lourds aux yeux des citoyens comoriens. La question que je me pose est: l’alliance entre le Parti Juwa et le RDC, c’est quel message qu’on envoie aux Comoriens? Les gens d’Itsandra et les autres Comoriens qui sont à Itsandra et qui ont vu ce qui s’est passé il y a quelques jours diront quoi? Ils diront: “Tous ces politiciens sont des vrais menteurs. Ils viennent s’injurier et se calomnier, mais quand leurs intérêts sont en jeu, ils s’entendent et se mettent ensemble, ils rapprochent leurs chapeaux pour défendre leurs intérêts, pour se dire qu’ils doivent s’unir pour faire élire des Députés, qu’ils doivent s’unir afin de faire élire le Président de l’Assemblée, qu’ils doivent s’unir parce qu’ils ont un Président de l’Assemblée à envoyer quelque part”. Moi, je ne suis pas d’accord avec cette politique, et je ne veux pas la faire. C’est la raison pour laquelle l’alliance du RDC avec le Parti ami Juwa, ce n’est pas que je ne suis pas d’accord avec elle; Juwa a le droit de faire alliance avec qui il veut. Mais, je suis quand même attristé parce que nous envoyons un très mauvais message aux Comoriens, parce qu’il faut qu’aujourd’hui, nous puissions exposer des idées-forces aux Comoriens pour qu’ils croient en nous afin que demain ils nous élisent».

   «Mais, ce message par lequel les gens s’entredéchirent pendant qu’ils passent par derrière pour aller dans des bureaux et dans des maisons pour pactiser, même pour quelques jours, moi, je ne trouve pas cette politique honorable et je ne veux pas la faire. Je souhaite vous dire que le frère qui dirige le Parti Juwa, le secrétaire général du Parti Juwa, […] et je ne parle du Parti Juwa, parce que je sais qu’au sein du Parti Juwa, il y a des gens qui, je crois, ne sont pas contents de ce qui vient de se passer. Il en est de même pour les militants du Parti Juwa. Je crois que la plupart d’entre eux ne sont pas contents de l’alliance entre le Parti Juwa et Mouigni fils de Saïd Soilihi car nous avons vu ce qu’il a fait pendant quatre ans, nous avons entendu ce qu’il a dit sur Sambi, nous savons ce qu’il disait dans les réunions qu’il organisait au Palais de Mrodjou, en calomniant Fahmi, qu’il accusait de Chiisme, après avoir calomnié le Président Sambi. Par cette alliance, comme je l’ai dit, nous envoyons un mauvais message aux Comoriens, mais, je dis en même temps que nous autres Comoriens, nous devons croire que la conquête du pouvoir n’est pas une fin en soi. Avant de conquérir le pouvoir, nous devons avoir un programme, des idées-forces que nous devons proposer pour que, en priant Dieu, les citoyens croient en nos idées, pour qu’ils nous accordent le pouvoir afin que nous puissions l’exercer».

   «[…]. Et là, aujourd’hui, des gens qui sont au pouvoir depuis 4 ans, des gens auxquels nous nous sommes opposés, en disant à Mouigni fils de Saïd Soilihi qu’il n’a rien fait de bien sur l’île de la Grande-Comore, et voilà, aujourd’hui, on s’unit à lui pour avoir des Députés, je dis qu’en réalité, il s’agit de petits calculs, et ce sont des calculs qui n’apporteront rien de bien à notre pays. Et je dis que ces calculs n’apporteront pas de fruits. Je sais que le secrétaire général du Parti Juwa a pris une lourde responsabilité sur les orientations qu’il a reçues pour une alliance avec des gens qui ont une responsabilité morale dans l’aplatissement de la Grande-Comore, dans l’aplatissement de l’État des Comores […]. Il faut que l’alliance entre les gens se fasse sur des idées-forces, dans l’intérêt du pays, dans la perspective de développer notre pays, dans ce qu’on appelle des “valeurs et une vision d’ensemble” qui doivent être dans des sujets d’envergure, dans l’assainissement de nos finances publiques, dans des sujets en relation avec notre Justice, dans des sujets relatifs à nos infrastructures, dans la maîtrise de nos dépenses publiques. […]».

   «[…] Je suis triste de voir le Parti Juwa s’agripper au pouvoir politique de la Grande-Comore, en concluant une alliance avec Mouigni fils de Saïd Soilihi. […]».

     «[…]. Aujourd’hui, je suis seul, aujourd’hui Juwa s’est allié à Mouigni fils de Saïd Soilihi, aujourd’hui, les Députés de Mouigni fils de Saïd Soilihi ne voteront pas pour moi pour le perchoir. […]. Je croyais que Juwa allait se mobiliser pour moi, mais Juwa s’est allié à Mouigni fils de Saïd Soilihi, et Mouigni Saïd Soilihi ne voit pas Fahmi d’un bon œil». Triste…

Traduit du comorien par ARM

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© www.lemohelien.com – Lundi 15 février 2016.

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