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Que deviendraient les Comores si le Mongozi Ali SOILIH était vivant 42 ans après l’indépendance ?

Que deviendraient les Comores si le Mongozi Ali SOILIH était vivant 42 ans après l’indépendance ?
A l’occasion du 42ème anniversaire de la révolution comorienne, la question s’impose, où seraient les Comores, en matière de développement socioéconomique, d’éducation, de santé etc… ? Et si le mongozi n’était pas assassiné ? Et si la révolution avait survécu au système yaki milanantsi-ugangui ?

Le 3 août 1975, soit 27 jours après l’indépendance, le mongozi et ses compagnons de la 1ère heure ont pris le pouvoir par les armes. La suite nous la connaissons tous, un conseil national  a été mis sur pied, jusqu’en février 1976 date à laquelle le mongozi a été élu président par ce même conseil national pour conduire la révolution. Très vite les bases de la révolution ont été jetées :Le pouvoir revolution( ye siyasa ufwakuzi) s’articulait autour de trois axes :

1 – La reforme  de l’administration coloniale ou UFWAKUZI WA MADARAKA YA MKOLO.
2 – Le rassemblement de tous les comoriens autour d’un projet commun (la théorie et la pratique doivent être en symbiose) ou UFWAKUZI WA WUSAWA WA SIYASA.
3 – le développement socioéconomique (la réussite de tous les travailleurs comoriens) ou UFWAKUZI WA USAWA WA MAECHA.

La 1ère et la 2ème phase ont été remplies avec succès. Seule la 3ème phase devait voir le jour le 3 aout 1978, mais l’ambition égoïste ya wubepare a décidé autrement. Le coup d’état du 13 mai 1978 a mis fin à cette révolution qui a duré 2 ans et 8 mois. A partir de cette date,  le pays est plongé dans la dérive, en proie au système ya mila-nantsi ugangui, un système fondait sur la prédation : Vol de deniers publics, corruption à zimuth et une justice clientéliste.

Alors  où serions-nous si yesiyasa ufwakuzi avait survécu au système féodalisme – béparénisme?

Si le commandant des commandeurs était vivant, certainement, il se serait retiré de la vie politique et deviendrait l’icône, le guide de la nation. Oui, oui, il serait avec son peuple à la place de l’indépendance le 3 août 2015 pour marquer ce 42e anniversaire de la révolution. Tous les ténors de la révolution y seraient à ses côtés: les Ali TOIHIR, les SALIM Himidi, les Abdoulwahab, les DOSSAR, les Hassane KASSIM, les  et bien d’autres encore.
En cette date du 3 août 2015, Les Comores seraient devenus la petite Chine de l’océan indien pour bon nombre de raisons :

Quel État et pour quelle société :
LÉtat comorien aurait atteint une maturité dans la gestion des affaires publiques. Un État fort et respecté à l’intérieur comme à l’extérieur du pays: les symboles qui fondent un État seraient reconnus: A savoir le chef de l’État, l’hymne national, le drapeau, il serait doté d’institutions fortes. L’impunité, la corruption, le vol des deniers publics, le charlatanisme, le clanisme et le séparatisme seraient vaincus et bannis. Les fonctionnaires auraient acquis une culture administrative dynamique, découplée d’un grand civisme et un degré de patriotisme jamais atteint dans ce pays. Ici les voleurs, les corrupteurs, les chefs religieux complaisants et les magistrats véreux , seraient tous en prison.

Les infrastructures et les besoins de base:
Aujourd’hui, le pays ne souffrirait pas de l’absence des infrastructures de base : Les routes, les bâtiments publics, les ports et les aéroports ne seront pas un leurre. Il suffit d’observer les efforts accomplis en 2 ans et 8 mois par la révolution: Les centres administratifs « moudiriyas »qui sont devenus aujourd’hui des lycées, des collèges et des préfectures, des boutiques villageoises, des sociétés d’état etc… pour s’en convaincre.
A l’époque prospère du mongozi, L’état avait comme projet la création de logements de type familial qui auraient été mis à la disposition de chaque cellule familiale dans le besoin. Si la révolution avait survécue, la stupide solidarité familiale, asphyxiante et étouffante serait vaincue car tous les citoyens étaient égaux en droits et en devoirs. Hélas, cette solidarité est restée vivace au point de devenir un goulot d’étranglement chez la diaspora comorienne qui éparpillée dans le monde. Même nos propres parents n’auraient plus besoin de notre assistanat car ils posséderaient leurs pensions de retraite ou des subventions de l’état.

 L’eau et l’électricité ne constitueraient pas un frein contre le développement. Pour information, l’adduction d’eau réalisée dans la ville de Moroni a été mise en place pendant  la révolution yahé siyasa ufwakuzi. Tout comme l’énergie électrique, les délestages n’existeraient pas et pour cause avec les 70 groupes électrogènes livrés avant le coup d’état du 13 mai, avaient comme objectif d’éclairer chaque région. Voilà une autre façon  de décentraliser l’énergie.

Quelle santé pour les comoriens ?
Sans aucun doute, les structures sanitaires seraient implantées sur l’assemble du territoire et des médecins d’état s’occuperaient de celles-ci. Pour les maladies graves, nos patients seraient conduits dans le grand hôpital de l’océan indien dont le mongozi était le porteur de ce projet. Aujourd’hui nous n’aurions pas besoin d’envoyer nos malades se faire soigner à l’étranger et nous ne prenions pas le risque d’acheminer nos malades en pirogue jusqu’à Mayotte. Des médecins d’état et du privé exerceraient leur métier avec dextérité dans le respect des règles sanitaires.

Pour rappel, dans l’ile Maurice et aux échelles, la santé, l’éducation des citoyens sont prises en charge par les états. Il y a un mois, le gouvernement Mauriciens a décidé de mettre en place un impôt négatif en faveur des couples les plus démunis qui touchent annuellement 700 euros. Ainsi à ces familles, chaque foyer remplissant les conditions touchera 25 euros par mois et le versement se fera tous les 6mois.

Quelle éducation pour tous ?
Dans cette petite chine de l’océan indien, les jeunes comoriens auraient eu un enseignement de qualité et adapté à leurs facultés intellectuelles. Dès la 6 e, les collégiens étaient suivis pour mieux les orienter. Très tôt, l’élève voué à un métier manuel  ou des études générales était identifié et la langue comorienne faisait l’objet d’une étude pour pouvoir adapter l’enseignement selon l’orientation du jeune. Par conséquent, ces jeunes maitriseraient aujourd’hui les nouvelles technologies de la communication et d’autres corps des métiers comme l’agriculture, car nous aurions bénéficié des progrès réalisés dans ces domaines, par la Chine. Notre pays serait devenu le cœlacanthe de l’océan indien. Pour rappel, la coopération entre Les comores et la chine fructueux… l’Assemble de Hamramba et le port de Mtsamoudou sont-là pour en témoigner.

Quel développement économique pour le coélacanthe de l’océan indien?

Dans le plan quinquennal ou pula yamédéleo, l’agriculture serait l’épine dorsale de cette économie. Les paysans et les pêcheurs seraient devenus aujourd’hui des vrais artisans capables de gérer leurs appareils productifs et leurs productions. La petite chine de l’océan indien serait exportateur des produits agricoles, des produits halieutiques. Une petite industrie de base serait implantée dans le pays ce qui aurait permis de réduire drastiquement les importations d’huile, de sucre, de bougie, de savon etc… L’économie se reposerait sur les exportations. Une nouvelle classe d’hommes d’affaires aurait émergé. Bref, l’autosuffisance alimentaire serait acquise et l’analphabétisme serait un lointain souvenir. Et, un peuple éduqué et soigné règnerait sur les Comores.

Sur le plan politique 
L’homo comoros politicus serait devenu intègre et patriotique au point que ses intérêts individuels passeraient après les intérêts communs.  Probablement, il y aurait des partis politiques dignes de représenter le peuple. Pour Les prisonniers politiques leur libération était prévue 5 ans après, le temps de  réaliser yepula ya mayedeleo(plan de développement quinquennal). Au bout de ces années, ils auraient été libérés et retrouverait  un pays complètement métamorphosé. Un pays dans lequel, le vol et la corruption seraient bannis. Il n’y aurait à ce moment-là qu’un seul choix s’adapter dans ce pays où partir à l’étranger.

Quelle serait notre politique étrangère ?
Le pays serait respecté aujourd’hui dans le monde et probablement, Mayotte serait retournée dans son giron. Une coopération apaisée avec la France aurait vu le jour. Un partenariat de gagnant-gagnant serait mis place. Les pions de la France Afrique seraient identifiés et mis hors d’état de nuire.

La chine serait devenue notre premier partenaire économique, militaire etc. Le pays serait aujourd’hui intégré dans un marché commun de l’océan indien dans lequel les hommes et biens circuleraient librement. On aurait également eu des relations avec les pays non alignés. Seules nos relations avec l »Arabie-saoudite, berceau de l’islam seraient indécises compte-tenu des relations étroites qu’entretient ce pays avec le grand Satan, l’Amérique. Le Mongozi comprenait mal que le pays abritant les fondements de l’islam soit le premier satellite des U.S.A. C’était quelque chose qui le dépassait…

Sur le plan religieuxquelle reforme aurions-nous connue?
Une reforme profonde sur notre manière de pratiquer l’islam était à l’étude et le Dr MOUIGNI BARAKA était chargé de rédiger la charte. Il était hors de question d’accepter une masse religieuse qui vivrait aux crochets de la société.  Cette façon de faire n’est plus, ni moins que du racket légitimé par le nom Dieu. Dans ce pays musulman, le Mongozi trouvait que la salât djoumwate et le ramadan étaient une obligation, que tout comorien ne peut déroger cet ordre divin sous aucun prétexte, au-delà des autres piliers de l’Islam.  
 
Comorien, comorienne, les projets du mongozi   ne sont pas une utopie. Et le rêve du Mongozi était réel. Beaucoup de choses  nous l’ont prouvé.  Toi qui s’était plaint d’être obligé de cultiver pour te nourrir avec ta famille, toi qui s’était plaint de travailler dans les chantiers de construction pour le développement de ton pays et pour un avenir meilleur de tes enfants, tu as été le comorien le plus digne et le plus patriotique. Tu as construction pour les Comores et les nouvelles générations. Imaginez si vous n’avez pas contribué à la construction des moudiryas ? Dans quelle école seraient scolarisés nos enfants.

Tout n’est pas perdu, le mongozi est parti mais son esprit reste. Il  est porté par ceux qui l’ont connu et les jeunes générations… A nous de suivre le chemin tracé …

Mbadakome

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