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Rappel à nos jeunes actuels et futurs responsables de la gestion de notre chère patrie, les COMORES

Rappel à nos jeunes actuels et futurs responsables de la gestion de notre chère patrie, les COMORESTout citoyen se doit de connaître l’histoire de son peuple pour être en mesure d’envisager l’avenir plus sereinement. C’est pourquoi je ne cesserai d’inviter les plus jeunes à s’intéresser à celle de leur patrie.

Dans mon dernier écrit datant de Mars dernier, j’ai fait la promesse de partager avec le public le peu de connaissance que j’ai de notre passé, non lointain. Et je tiens à rappeler l’effort accompli, par les patriarches de ce pays, ceux qui ont fait son Histoire et lutté pour les intérêts généraux de tous les Comoriens.

Revenons donc sur les faits et les années 46-47, juste après la déclaration du Général de Gaulle, à Brazzaville. En1946, le premier médecin comorien, Saïd Mohamed Cheikh, se présente aux élections législatives, à l’Assemblée constituante française contre certains colons exploitants. L’enfant du pays rassemble et remporte une belle victoire.

Son premier acte important du parlementaire comorien, a été la loi coloniale du 9 mai 1946 qui a donné à cet archipel aux quatre îles, une autonomie administrative et financière. La deuxième date importante qui suit est le 24 septembre de la même année, les Comores sont érigées en territoire d’outre-mer, dotées d’une personnalité locale en créant un Conseil général.

Ces deux événements marquent la fin d’une époque, celle de la dépendance avec Madagascar et le début d’une nouvelle ère, celle de l’autonomie administrative et financière et la promesse d’un statut évolutif et d’un développement possible. Et ce, grâce à la vigilance de ce seul représentant comorien, dans la plus Haute Institution législative de la République.

A partir de 1956, les Comores connaissent leur première Assemblée territoriale, composée des notables locaux, dignitaires comoriens de souche et en 1958, la marche vers l’indépendance s’amorce, avec l’autonomie Interne renforcée qui donne un pouvoir accru aux Comoriens.

Suite à cette évolution politique du pays, Mohamed Ahmed, une autre grande figure qui a marqué son temps, est choisi par ses pairs, l’ensemble de la classe politique, comme vice-président de l’archipel. Il forme alors, le premier gouvernement local de l’autonomie Interne, composé de six ou huit membres.

C’est le premier Exécutif de l’archipel des Comores, l’administrateur supérieur qui coordonnait la gestion des activités coloniales devient Haut Commissaire de la République française et préside ce conseil de gouvernement, il a sous sa responsabilité trois domaines: toutes les affaires extérieures, la défense incluant la sécurité intérieure et extérieure de l’archipel, la monnaie et l’équilibre budgétaire.

Mohamed Ahmed, soucieux de l’évolution des services administratifs du pays, a précipité la création d’une administration comorienne, en octroyant des bourses pour la formation des futurs commis d’état Comoriens qui viendront remplacer les hauts fonctionnaires métropolitains, dans les différents services administratifs.

Le pays a commencé à fixer les premiers jalons d’un pays colonisé qui s’oriente vers son indépendance. On choisissait par tests, les meilleurs fonctionnaires Comoriens, parmi les premiers jeunes, sortant des écoles coloniales de Madagascar.

Alors les premiers administrateurs, inspecteurs financiers, contrôleurs de douane, conducteurs de travaux publics et agricoles, ingénieurs d’agriculture, de travaux publics, de topographie et inspecteurs de domaine, sont formés, par un enseignement spécialisé, dans les instituts français, à partir des années soixante, comme ceux de toutes les anciennes colonies françaises de l’Afrique, se préparant à leur indépendance.

Après trois ans d’Autonomie Interne des quatre îles, et de bonne gestion administrative, sous la conduite éclairée, de Monsieur Mohamed Ahmed, en entente avec les quatre représentants politiques Comoriens, l’Assemblée Nationale française, a voté une loi en 1961, donnant une pleine Autonomie Interne, aux quatre îles toujours ensemble.

La capitale comorienne ainsi que le siège du pouvoir demeurent toujours à Mayotte durant cette période, détail qui fait la preuve de la responsabilité des comoriens.

Et suite à cette loi, votée par le parlement français: Assemblée Nationale et Sénat, le vice-président devient automatiquement, Président du conseil du gouvernement local et le Haut Commissaire de la République française, devient Délégué de la République.

Par le bon sens et la sagesse comorienne, tous les responsables Comoriens en commun accord, se sont mis d’accord, pour que Saïd Mohamed Cheikh, aîné de la classe politique de l’époque, devienne le premier chef du Gouvernement de l’autonomie interne renforcée, signe de prestige. Ce geste montre, le bon sens de cette première classe politique comorienne et son souci constant, pour l’intérêt général du pays

Dr. Saïd Mohamed Cheikh, premier homme Comorien, d’envergure internationale, a représenté notre pays, à partir de 1946, à l’Assemblée Constituante de la République française, ensuite, il a passé plusieurs années, à l’Assemblée Nationale française, aux côtés d’autres grandes figures du Tiers-monde, de l’époque.

Houphouët-Boigny de Côte d’Ivoire, Filbert Tsiranana, Senghor, du Sénégal, collaborateur et ami de Aimé Fernand David Césaire de Guadeloupe, chercheur des sources de la négritude, poète écrivain, figure internationalement connue.

Ces célèbres personnages formaient une bonne équipe, qui devenaient les grands défenseurs solidaires, des colonies. A partir de cette reforme, en 1961, Dr. SAID Mohamed Cheikh, en accord avec ses amis, collaborateurs nationaux, conduit pleinement, le gouvernement local de l’Autonomie-interne jusqu’à sa mort, en 1970.

Le représentant de la République française, garde toujours, le titre de Délégué de la République, les Comores, tout droit, vers leur indépendance, toujours sous l’encadrement de l’autorité politique française, bien sûr, encadrement, dans tous les domaines, aussi bien intérieur qu’extérieur.

Je pense, personnellement que le système, était bon, car il permettait, aux responsables Comoriens de faire leur apprentissage pour reprendre pleinement, leur destinée en main. C’était un moment très mouvementé, car le Dr. Saïd Mohamed Cheikh, avait le tempérament africain, une fierté nationale et l’orgueil de conduire son peuple, dans la bonne voie. Ce caractère passionnel, à l’égard des intérêts de son pays, le rend quelque fois incompréhensible, au regard du Pouvoir Colonial.

Surtout il faut, retenir que nous sommes tout à fait, au début, d’un réveil timide des pays colonisés de l’Afrique, à une époque où les fonctionnaires coloniaux, deviennent nostalgiques d’un passé de colonisation pure et dure, où colonisés n’avaient qu’une option, obéir au maître.

Aujourd’hui, ce colonisé souhaite participer, au moins, au fonctionnement de l’administration locale de son territoire, pour qu’il puisse préparer sa pleine souveraineté. Pour cela, le Dr Saïd Mohamed Cheikh, prend le risque de se heurter un peu, à l’un des Délégués de la République.

La personnalité hors du commun de Saïd Mohamed Cheikh, a beaucoup marqué ses contemporains. Cet homme d’une grande autorité et fierté était un indéfectible patriote.

Je suis convaincu que si le pays, avait eu la fortune, à son indépendance de voir un autre Saïd Mohamed Cheikh prendre les rênes du pouvoir, notre nation aurait pu mieux défendre ses chances vers la consolidation d’un état-nation au développement socio-économique cohérent. Hélas, le destin a tranché, nous avons manqué notre départ, mais, le rattrapage est possible. Un autre enfant du pays peut faire renaître l’espoir et mettre ce pays sur les bons rails.

Le prince Saïd Ibrahim, l’un de grands patriotes du pays, fondateur du Parti Blanc, ami et premier collaborateur de Monsieur Mohamed Ahmed, ancien Député à l’Assemblée Nationale française, à partir de 1959, après sa participation fructueuse, au premier gouvernement de l’Autonomie Interne en sa qualité de Ministre des Finances et défenseur acharné de l’intégrité et de l’unit’ du pays, il aurait vécu dans les responsabilités politiques du pays, le problème de Mayotte connaîtrait, une solution positive pour les Comores.

Ahmed Abdallah, ancien Sénateur français à partir de la cinquième République, après avoir été conseiller de l’Union française de la même République. Mohamed Ahmed ancien Député français à partir de 1962 après avoir dirigé, le premier gouvernement comorien, sous l’Autonomie Interne, tous ces illustres personnages constituent les icônes politiques de ce pays et toute l’évolution de notre patrie vient de ces édificateurs zélés.
L’histoire de ce pays doit leur réserver l’honorable place qu’ils méritent.

Loin de prétendre bien connaître, le passé du pays, j’ose introduire quelques actes importants, d’une étape de son histoire qui pourraient servir, comme jalons de grands travaux de nos historiens, afin que la jeunesse puisse mieux connaître l’histoire de son pays, pour cela, j’esquisse ces premières démarches de la classe politique de l’époque, vers l’indépendance du pays.

Le 23/12/1972, la Chambre des députés des Comores, en dehors de cinq députés de Mayotte, a voté une résolution sollicitant l’indépendance des Comores (4 îles), dans l’amitié et la coopération avec la France, ancienne colonisatrice.

Suite à cette résolution, M. Ahmed Abdallah, alors Président du Conseil du Gouvernement de l’Autonomie-Interne de l’archipel des Comores, a conduit une forte délégation, composée des membres de l’Assemblée territoriale pour rencontrer le Président français, Pompidou.

Cette délégation en tête, le Président Ahmed Abdallah, a été reçue par le Président Pompidou, en Janvier 1973, ensemble ils ont diffusé, un document, signé par les deux Présidents qui fixe l’indépendance des Comores (4îles), dans l’amitié et la coopération avec la France, dans un délai de cinq ans.

Cette même délégation, conduite toujours, par le Président Ahmed Abdallah rencontre, le ministre français des DOM-TOM, M. Bernard Stasi, le 15 juin 1973 et ils ont confirmé ensemble, l’entente de nos deux présidents: Pompidou et Ahmed Abdallah et un communiqué commun a officialisé la démarche des Comores de quatre îles vers leur indépendance, dans l’amitié et la coopération avec la Puissance colonisatrice, la France.

J’espère continuer modestement, si Allah, le Clément, le veut bien, à encourager votre intérêt pour l’Histoire du pays, susciter votre curiosité et vous donner simplement le goût de cet archipel qui n’a pas seulement abrité que des sultans batailleurs mais qui a également connu des hommes qui ont su rassembler autour d’eux, les différents enfants de ce pays et les former comme dignes héritiers à conduire le peuple comorien, dans son destin.

Saïd Ali Mohamed-SABA

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