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Rendez-vous réussi de Fahmi Saïd Ibrahim avec l’Histoire

Rendez-vous réussi de Fahmi Saïd Ibrahim avec l’Histoire

Il prêche la cohérence et la sincérité avec le Droit en politique

Par ARM

     Votre site préféré a reçu de nombreux commentaires et questions suite à la publication de l’interview de Maître Fahmi Saïd Ibrahim à la Télévision nationale des Comores (TNC), le 23 juillet 2020, au sujet de la participation de l’opposition à l’élection qui n’a pas eu lieu le dimanche 24 mars 2019. Maître Fahmi Saïd Ibrahim s’interroge sur une opposition contestant la «non-Constitution de la main coupée et de la mort» du lundi 30 juillet 2018, tout en participant à ce scrutin organisé sous son empire, en invoquant la Constitution du 23 décembre 2001, pour réclamer enfin que le scrutin présidentiel se tienne en 2021. Compte tenu de la pertinence éminemment juridique et de l’intérêt historique de son propos, votre site préféré juge nécessaire de rappeler également la version française de l’interview, de très bonne facture, faite de sincérité, de bon sens, de sérieux et de cohérence.

Voici son propos, de grande utilité juridique, institutionnelle, politique et pédagogique, sur lequel les livres d’Histoire et de Droit constitutionnel et Science politique reviendront un jour, avec le recul nécessaire à l’admission du bien-fondé et du sérieux de sa prise de position (minute 2: 49 avant la fin de la vidéo): «Je voudrais personnellement être honnête intellectuellement. Je sais que dans ce pays, il est extrêmement difficile de soutenir des convictions profondes quand on veut rester cohérent. Personnellement, j’ai été candidat en 2019 à l’occasion des élections présidentielles. Pour ce faire, nous savions très bien qu’il y avait une Constitution que nous avions contestée, celle de 2018, mais nous avions été candidats. Si nous avions été élus en 2019, c’était pour un mandat de 5 ans. La légitimité en est une chose. Mais, la légalité voudrait que le mandat ait lieu pour 5 ans.

     Je sais que ce que je dis là n’est pas politiquement correct. Mais, le mandat qui a débuté en 2019, pour moi, c’est un mandat de 5 ans. Maintenant, pour la légitimité, les candidats ont contesté les élections, de la manière dont ces élections ont eu lieu. C’est une chose. Mais, dire que le mandat arrivait à terme en 2021, moi, je réitère, je suis désolé, mais je voudrais être cohérent et dire la vérité aux Comoriens. Le mandat est légalement de 5 ans. Je ne peux pas être candidat en 2019, et revenir dire aujourd’hui que le mandat était de 2 ans.

     En revanche, j’avais pris l’engagement que si, encore des “siˮ, que si j’avais été élu, j’aurais fait un référendum pour écourter mon mandat. Mais, là, c’était une hypothèse qui, malheureusement, n’a pas eu lieu parce que je ne suis pas élu, aujourd’hui. Mais, pour ma part, et là je voudrais le dire par souci de pédagogie, et surtout de conscience vis-à-vis de moi-même, je ne peux pas venir dire que le mandat – quelle que soit la personne élue, et ça aurait été les 13 autres candidats –, pour moi, le mandat a été de 5 ans. Mais, bien sûr, à chacun de mener une politique pour écourter ou non. Mais, pour moi, dès lors que j’ai été candidat en 2019, il m’est extrêmement difficile aujourd’hui de venir soutenir qu’il y aura élection en 2021. Je suis désolé, mais je veux être honnête vis-à-vis de moi-même.

     L’Histoire nous jugera et je ne veux pas faire comme tant d’autres qui disent une chose et son contraire. J’ai ce besoin de cohérence absolue, et malheureusement, je suis un peu juriste, et c’est ce qui me motive aussi à avoir ce raisonnement».

Même des juristes étrangers sérieux et honnêtes auraient approuvé cet argument. Aucun n’aurait contredit Maître Fahmi Saïd Ibrahim. Le Vice-président Fouad Mohadji avait eu tort d’ironiser sur le fait qu’il ne voulait pas se lancer dans des exégèses juridiques savantes, car, disait-il, «je ne suis pas un juriste comme Fahmi». En réalité, les politiciens comoriens enterreront leurs deuils quand ils distingueront Droit et politique, par «dépolitisation de la politique», par sa dépersonnalisation et en reconnaissant leurs limites en Droit. Il ne faut pas tout mélanger. Il ne faut pas réfuter une très bonne argumentation juridique uniquement parce qu’elle est faite par Maître Fahmi Saïd Ibrahim. Personnellement, je souhaite que le dictateur Assoumani Azali Boinaheri disparaisse tout de suite de la vue et vie des Comoriens, car il est un microbe. Si cela ne tenait qu’à moi, il n’aurait jamais mis les pieds à Bête-Salam, même pour nettoyer les chiottes et renouveler le papier-cul qui porte son nom et sa photo. Mais, si je suis juriste, je dois reconnaître les incohérences d’une opposition qui n’a pas fait preuve d’intelligence juridique lors de l’élection qui n’a pas eu lieu le dimanche 24 mars 2019.

Heureusement, bientôt, c’est la fin de la dictature de Mitsoudjé, même si aucune leçon ne sera tirée du deuil dans lequel cette tyrannie a plongé les Comoriens depuis le jeudi 26 mai 2016. En nous laissant aveugler par nos haines et en laissant la politique dominer le Droit, nous maintenons les Comores dans le deuil. Il est criminel de réclamer l’État de Droit tout en rejetant le primat du Droit, par obsession de la politique politicienne. Il est impossible de combattre la dictature en lui empruntant ses méthodes tyranniques de rejet du Droit.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Mercredi 18 août 2021.

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