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Retour sur l’interview-vérité de Fahmi Saïd Ibrahim

Retour sur l’interview-vérité de Fahmi Saïd Ibrahim

Le Député est très sceptique sur la gouvernance actuelle

Par ARM

     Le 16 septembre 2019, fut publiée l’interview accordée par Maître Fahmi Saïd Ibrahim à La Gazette des Comores. Nous revenons sur elle car elle rappelle des réalités qui doivent être connues de tous les Comoriens, dont les vies sont broyées. On y retrouve un sujet de deuil national et un sujet de moquerie nationale. Sur ces deux points, Maître Fahmi Saïd Ibrahim dit la stricte vérité.

Le sujet de deuil national est le prétendu vote de la loi d’habilitation permettant au tyran fou de Mitsoudjé de légiférer par ordonnances sur la matière électorale, en lieu et place des Députés. Or, les activités principales du Parlement sont le vote de la loi et le contrôle de l’activité du gouvernement. Maître Fahmi Saïd Ibrahim l’explicite clairement: «Sur le fond d’abord, je pense que ce fut une erreur de la présenter bien que je respecte ceux qui ont jugé bon de le faire. Il s’agit là d’une loi spéciale et particulière. C’est une loi portant sur le code électoral, laquelle a pour objet de définir le nombre de députés et les conditions d’organisation des législatives. Cette loi concerne […] le pouvoir législatif. Celui-ci a pour vocation d’équilibrer les institutions et jouer un rôle de contre-pouvoir afin d’établir un équilibre entre l’exécutif et le législatif. C’est dans cette perspective qu’il n’était pas raisonnable de donner le pouvoir de légiférer, sur la question, à l’exécutif pour fixer les contours et les conditions de la mise en place du pouvoir législatif. Est-il utile de rappeler que le pouvoir législatif a pour vocation de contrôler l’action gouvernementale après celui de légiférer? Il eut été plus judicieux que le projet du code fasse l’objet d’un débat contradictoire au palais du peuple afin que les représentants de la nation puissent légiférer en toute indépendance. Le président aurait dû convoquer une extraordinaire de 15 jours au lieu de 10 afin de laisser le temps aux députés pour débattre et adopter le code, le peuple aurait sans doute apprécié».

S’agissant des conditions du «vote» de la loi, Maître Fahmi Saïd Ibrahim explique: «J’ai été étonné, comme beaucoup d’ailleurs, de voir la voix du président de l’assemblée compter double. Pour moi, à l’occasion d’un vote d’une loi, il y a lieu de ne comptabiliser que les voix qui se sont prononcées pour et non celles qui ont voté contre ou abstenues, les députés ne votent jamais contre une loi mais pour une loi. Manifestement, la loi présentée a été adoptée par 16 voix sur 33 présentes, la majorité absolue n’a pas été atteinte, à mon humble avis».

Pour ce qui est du sujet de moquerie nationale, il s’agit du prétendu classement des Comores, pays en ruines et ne fabriquant même pas un cure-dents, à la catégorie des pays à revenus intermédiaires: «J’ai lu ça. Toutefois il y a lieu, à mon avis, de nuancer et je regrette que la Banque mondiale n’ait pas apporté des explications. Notre PIB par tête d’habitant pour 2019 a été évalué à environ 700 dollars. Or justement, elles viennent de le réévaluer à 1400 dollars soit un bond de plus de 200%. Le PIB a doublé subitement, comment cela est-ce possible? […]. L’augmentation subite du PIB par habitant suscite de fortes interrogations lorsqu’on compare notre pays à d’autres pays de la région, quand on connaît les situations économiques respectives des pays voisins et l’importance de l’activité économique de ces pays (Tanzanie, Mozambique…). Très sincèrement, si le PIB avait doublé, la masse monétaire aurait suivi et l’activité économique réelle se serait ressentie, or il n’en est rien. Il est impossible de doubler le PIB en quelque mois et maintenir le même taux de chômage. Si le PIB avait doublé, cela voudrait tout simplement dire que la richesse nationale a doublé, le chômage aurait, au moins, été divisé par deux, ce qui est loin d’être le cas».

Tout ceci est rigoureusement vrai. Or, comment peut-on être fou et irresponsable au point d’aller dire à des Comoriens «génocidés» par la misère noire qu’à la suite d’un calcul démagogique, ils ont subitement doublé leurs richesses alors que si augmentation il y a, il s’agit de celle de la misère noire? Dans les Comores d’aujourd’hui, quel est le secteur qui fonctionne au point de faire doubler par deux les revenus de la population? Qu’on le dise!

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Vendredi 4 octobre 2019.

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