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Réunion: Un sursis pour le footballeur comorien clandestin

LE PORT. Resté en clandestinité à la Réunion à la faveur des Jeux des îles, le footballeur comorien interpellé la semaine dernière a vu plusieurs décisions de la préfecture à son encontre être annulées par la justice. Il dispose d’un sauf-conduit de huit jours pour régulariser sa situation.
Le jugement est accueilli par des cris de joie. Entouré de sa toute fraîche belle-famille, Youssouf Hakim, qui vient à 28 ans de se marier religieusement à la Réunion, va avoir un peu de temps pour tenter de régulariser sa situation d’étranger sans papiers. Interpellé jeudi dernier au hasard d’une opération de police qui ne le visait pas, le footballeur comorien venu à la Réunion pour participer aux Jeux des îles de l’océan Indien et qui n’en était jamais reparti depuis vient de voir le juge du tribunal administratif casser une partie des décisions prises à son encontre par la préfecture. Son placement en rétention administrative, de même qu’une interdiction de séjourner en France pour une durée de trois ans ont été annulés. La faute à des vices de procédure qui ont conduit un peu plus tôt la police aux frontières à devoir lui remettre un sauf-conduit d’une durée de huit jours, rendant temporairement légale sa présence sur le sol français et repoussant donc sa reconduite à la frontière.

« carences procédurales »

L’obligation de quitter le territoire demeurera à l’issue mais, entre-temps, le jeune homme aura sans doute de nouveaux éléments à faire valoir pour régulariser sa situation. Son récent mariage religieux avec une jeune femme de sa communauté pourrait en être un. « C’est une satisfaction de voir que le Droit a été respecté. Depuis son interpellation dans des conditions choquantes, il y a eu un certain nombre de carences procédurales de taille », relevait hier son avocat, Me Mihidoiri Ali. Le matin même, il avait obtenu du juge des libertés et de la détention une décision de remise en liberté, alors que la préfecture avait demandé à tort une prolongation de son placement en rétention administrative, qui ne pouvait excéder 48 heures. 
Dans la foulée, il obtenait du tribunal administratif l’annulation de cette interdiction de séjour d’une durée de trois ans, qui aurait fait perdre à Youssouf Hakim toute chance de régulariser sa situation à court terme. « Je suis plus calme. La juge m’a dit que je pouvais rester. Je veux faire ma vie en France », soufflait hier dans un français encore hésitant le jeune homme, qui s’est plaint de violences policières lors de son interpellation. « Je suis étranger mais c’était pas normal. » Youssouf Hakim avait été arrêté par hasard au Port, au cours d’une opération de police judiciaire ne le concernant pas mais menée dans l’appartement où il était hébergé rue Salvador Allende. Il était le premier des 58 sportifs comoriens n’ayant pas pris leur vol retour à l’issue des Jeux des îles de l’océan Indien à être repris. Pour finalement être autorisé à rester.

S. G.clicanoo.re

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