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Rien ne justifie la deshumanisation de l'humain

Rien ne justifie la deshumanisation de l'humain

J’ai menti à mes enfants sur les images de l’homme cruellement et sauvagement assassiné à la justice de Mutsamudu, la deuxième ville des Comores. Je les ai laissés entendre qu’il s’agit des images tirées des films de science fiction et que les personnes qui parlent comoriens n’est que le fruit du trucage informatique.
 
Je me culpabilise de ce mensonge et ma conscience essaie difficilement de trouver une explication rationnelle, mais rien n’y fait. Un homme massacré à la justice de l’île à moins d’un kilomètre de la Gendarmerie nationale de Hombo, à deux kilomètres de l’armée nationale basée à Sangani et à 400 mètres de la police de l’île me rappelle l’assassinat de SALIM ABDALLAH le 18 mars 2010 à Bimbini et le meurtre prémédité du Colonel Combo Ayouba, le 13 juin 1010 à son domicile de Moroni.
 
AZALI se rend responsable de ce énième crime et par principe humain, le Procureur, le juge d’instruction et le gendarme enquêteur de cette affaire doivent démissionner. Le gouverneur de l’île ne doit pas se limiter à des condamnations verbales de cette ignoble affaire, mais doit favoriser l’ouverture d’une enquête rapide et profonde en vue d’arrêter les auteurs de cet odieux meurtre. Le silence du Ministre de la justice, Maître Fahmi Said Ibrahim ajoute de l’ombre dans cette opération cannibale.
 
Je m’interroge sur la sécurité des comoriens devant une telle descente aux enfers quand un citoyen, aux mains des forces de l’ordre et de la justice meurt dans des conditions pire que celles d’un animal. Dépecé, brulé, les organes découpés, le reste du corps trainé à plusieurs centaines de mètres, un supposé meurtrier qui devait bénéficier jusqu’à ce moment de la présomption d’innocence et qui de surcroit semble être un aliéné mental, rendit l’âme entouré par un troupeau d’hommes et de femmes justement sortis d’un zoo. Et là, je pèse mes mots.
 
Je ne pardonnerai jamais un tel acte inhumain et appelle le Chef de l’Etat à en faire une affaire d’Etat, la première qu’il actera en début de mandat. Je demanderai pardon à mes enfants pour les avoir menti et que j’ai agi pour les préserver du choc des images. J’appelle les autorités d’Anjouan à la mise en place d’une cellule de crise sur cette situation et de fournir tous les moyens pour favoriser l’arrestation des coupables. Cela est possible. Je condamne toute exploitation politique de cet acte inacceptable comme certains nostalgiques des autorités mafieuses. Au lieu de rajouter de l’huile sur le feu, il devait penser à leur imminente poursuite.
 
BEN ALI

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