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Rupture Juwa/Crc / Vers une zone de turbulence et de recomposition politique

 

A défaut de pouvoir dynamiter le parti Juwa durant un an de cohabitation au pouvoir, le colonel Azali Assoumani se prépare par contre à l’affronter avec trois maîtres mots d’ordre : discipline, abnégation et confiance. Ce qui pourrait expliquer l’encrage de son nouveau gouvernement dans son propre parti, la Crc.


Rupture Juwa/Crc / Vers une zone de turbulence et de recomposition politique
 
 

Après l’échec des tentatives de débauche au sein du parti Juwa, véritable adversaire politique pour le président Azali, ce dernier se résigne à accélérer l’acte de divorce prenant comme prétexte la prise de position de l’ancien président et principal allié politique sur la rupture diplomatique avec le Qatar. Sans doute pour lui donner le temps de préparer le terrain de l’affrontement qui s’annonce long et difficile. Le colonel n’ira pas loin pour recruter, il puisera sur son propre camp avec trois maîtres mots d’ordre – discipline – abnégation et – confiance.
 
Ce qui explique le retour du règne sans partage du parti Crc, à travers ce nouveau gouvernement. Le directeur de cabinet du président de la république aura même le malin plaisir de parler d’un « gouvernement de missions » au cours d’un point de presse tenu au lendemain de la nomination du nouvel exécutif. Azali sait bien qu’en ouvrant les hostilités avec son adversaire de poids, il doit être présent sur plusieurs fronts à la fois – sécuritaire – sociale et – diplomatique. Pour cela il doit compter sur une colonne d’homme de confiance.
 
Le maintien de Mohamed Daoud alias Kiki au ministère de l’intérieur répond bien à cette stratégie sécuritaire, la nécessité de sécuriser sa base arrière. On observe par là, la réorganisation de la chaîne sécuritaire, le premier chantier mis en œuvre par Azali dès son accession au pouvoir. Si le colonel compte beaucoup sur le jeune ministre sur le front intérieur, sur le front diplomatique, il fait appel donc à un expérimenté.
 
Souef Mohamed El Amine qui a d’ores déjà joué le sapeur pompier sous le régime « putschiste ». Appelé en catastrophe, le président Azali compte s’appuyer sur l’expérience diplomatique adoubé de celui du terrain militaire pour mater son adversaire. Il reste à voir comment l’autre partie se prépare à la riposte. Le pays entre, il est vrai dans une zone de turbulence, et surtout de recomposition de l’échiquier politique dans la perspective des prochaines assises nationales sur le bilan des 42 ans d’indépendance et de 12 ans de présidence tournante. Une opposition qui pourrait se cristalliser autour du parti Juwa, qui dispose d’une force de frappe incontestable, à travers ses nombreux élus au parlement et aux conseils des îles.  
 
Maoulida Mbaé
La Gazette Des Comores

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