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Sacerdotale obligation de clarification constitutionnelle

L’Assemblée doit légiférer sur l’origine insulaire du chef de l’État

Par ARM

   Ce n’était ni nécessaire, ni utile, ni urgent, et pourtant le Président Ikililou Dhoinine a signé un décret sur les chefs du village, suscitant de nombreuses interrogations, et parfois, la stupeur et la consternation. Des chefs du village à l’ère des Maires, en plein XXIème siècle! Il ne manquait plus que ça! Ce n’était pas l’urgence du moment, et pourtant, le Président Ikililou Dhoinine a promulgué une loi sur les pratiques religieuses aux Comores. C’est urgent et important, et le Président Ikililou Dhoinine a expliqué la nécessite humaine de faire rentrer dans leur pays tous les Comoriens exilés à la suite du débarquement militaire du 25 mars 2008 à Anjouan, puisque ces Comoriens n’ont d’autre patrie que les Comores. Mohamed Bacar, Mohamed Abdou Madi dit Mjamaoué n’ont été condamnés à l’exil par aucun Tribunal aux Comores, et on doit cesser de jouer avec la vie des autres, et d’en disposer comme d’un objet. Les esprits épris d’humanité ont compris le sens de ce discours d’humanité prononcé le 7 juillet 2015, pendant qu’une fois de plus, Ahmed Sambi et ses crypto-sambistes se sont distingués par leur haine à fleur de peau et leur revanchisme malsain et pavlovien. Bref, le Président de la République a pris des mesures urgentes et d’autres absolument inutiles, mais il a oublié l’essentiel: la clarification de dispositions constitutionnelles qui permettront aux Comoriens de banaliser la banalité d’Ahmed Sambi, et de mettre un terme aux interprétations mafieuses et grandguignolesques faites des règles juridiques relatives à la présidence tournante, au regard des origines insulaires des candidats. Pourtant, il s’agit d’une urgence nationale doublée d’une obligation sacerdotale pour que les Comoriens puissent vivre en paix.

     La clarification constitutionnelle s’impose et elle est de la plus haute urgence. La cohésion nationale et la concorde civile l’exigent. La clarification constitutionnelle s’impose parce que le constituant du 23 décembre 2001 a été laconique, lapidaire et très avare de ses mots. Il n’est pas allé au fond de certaines choses parce qu’il ne voulait pas donner l’impression de catégoriser électoralement les Comoriens selon leurs origines insulaires, alors que, tant qu’on n’a pas cassé les œufs, il est impossible de faire l’omelette. Sa pudeur sémantique, notamment pour éviter d’aborder la problématique des origines insulaires des candidats à l’élection présidentielle était louable, mais tant qu’un Ahmed Sambi n’était pas sur la scène politique nationale, même si sous la présidence de Mohamed Taki Abdoulkarim, il avait été un pâle Député et s’était distingué en faisant partie de ces Anjouanais chargés d’élaborer «la Constitution» de «l’État indépendant d’Anjouan».

     En réalité, avant qu’Ahmed Sambi ne vienne créer la haine et la zizanie entre Comoriens sur la base de l’article 13 de la Constitution du 23 décembre 2001, le problème sur les origines insulaires des candidats à l’élection présidentielle ne se posait pas. Pour tout Comorien, les candidats à la présidence de la République doivent être originaires de l’île qui organise le premier tour du scrutin présidentiel. La preuve a été donnée au cours des élections présidentielles de 2002, 2006 et 2010, puisqu’on n’a vu aucun Comorien se porter candidat sur une île autre que la sienne. Lui-même, Ahmed Sambi, avait attendu le tour de son île d’origine, Anjouan, en 2006, pour se porter candidat à l’élection présidentielle. En d’autres termes, le problème ne se posait pas parce que l’unanimité est faite aux Comores pour dire que ce sont les Comoriens originaires de l’île qui organise le premier tour de l’élection qui doivent présenter une candidature pour essayer de devenir chef d’État, à l’exclusion des Comoriens des deux autres îles.

     Maintenant qu’Ahmed Sambi et ses hommes foutent le souk et le bordel au pays, il est temps de préciser les choses. L’État comorien en a parfaitement le droit, et le caractère général et impersonnel de la Loi sera entièrement respecté puisqu’il s’agit de préciser des dispositions constitutionnelles dont se servent une bande de personnes pour essayer de créer un climat de tension dans le pays. Puisque la Loi est faite pour créer l’harmonie au sein de la société, il faudra être d’une forte dose de méchanceté et de mauvaise foi pour contester la démarche qui serait entreprise par les pouvoirs publics pour créer les conditions de la paix et de l’harmonie aux Comores, alors qu’une bande de personnes entre dans les petits détails de la Loi pour tenter de faire imploser tout un État et faire opposer un peuple à lui-même. Il est impératif que le Président de la République s’implique dans cette affaire, en demandant au Parlement de clarifier la situation dans les plus brefs délais, et même si Ahmed Sambi et ses crypto-sambistes vont se livrer à leurs singeries habituelles et à leurs interprétations oiseuses de la démarche. De toute manière, 800.000 Comoriens auront toujours raison face à une poignée de desperados animés des pires intentions et que surveillent les Comoriens pour les empêcher de nuire.

     Cette clarification doit se faire à partir de l’article 14 de la Constitution, sous la forme suivante: Article 14: «La présidence tournante est instaurée aux Comores pour permettre à un Comorien de chaque île de la République d’exercer la fonction présidentielle, à tour de rôle et par rotation, dans l’ordre de la Grande-Comore, Anjouan et Mohéli, en attendant que Mayotte réintègre l’État comorien et se classe en quatrième position sur ce système de rotation». Article 15: «L’élection primaire du scrutin présidentiel qui suivra la réintégration de Mayotte dans le giron de l’État comorien sera organisée sur cette dernière île, avant la reprise de l’ordre défini à l’article 14 de la Constitution». Article 16: «Seuls les Comoriens originaires de l’île qui organise le premier tour de l’élection présidentielle sont habilités à présenter une candidature présidentielle». Article 17: «Si le candidat est né de parents originaires de deux îles différentes, il est laissé à son appréciation le choix de l’une deux îles. Si le candidat effectue son choix, celui-ci sera définitif, et il lui sera interdit de présenter une candidature présidentielle pour le compte d’une autre île». Article 18: «En cas de controverse sur les origines insulaires d’une personne, la commune renommée prévaudra, et toute tentative de fraude sur les origines insulaires du candidat sera sanctionnée d’une inéligibilité à vie». C’est tout. Il n’y aurait rien de méchant dans une telle démarche, qui aurait le mérite de clarifier les choses une bonne fois pour toutes. Bien évidemment, chacun est libre de proposer ce qu’il veut, mais une telle démarche mettrait les Comoriens à l’abri des charlataneries haineuses des faux juristes.

     Qu’est-ce qui empêche les Comores d’insérer ces cinq articles dans la Constitution et de se donner la possibilité d’éviter les charlataneries mafieuses, les chicaneries politiciennes, les manipulations politiques et les approximations «juridiques» d’Ahmed Sambi et de ses séides? Les Comoriens sont fatigués d’avoir Ahmed Sambi au petit déjeuner, au déjeuner, au dîner, au souper, et même à l’aube, pendant le mois de Ramadan, quand ils doivent se réveiller et manger quelque chose avant le chant des coqs et l’appel du muezzin. Ahmed Sambi aurait été un homme instruit et compétent, on comprendrait. Or, cet homme-là est compétent en quoi quand on lui enlève la démagogie, la manipulation, la haine, la détestation, l’incompétence, la mégalomanie, le culte de la personnalité et l’adoration des caméras, appareils photos et micros? Rien du tout. D’ailleurs, on le lui a bien fait comprendre, le jour où il a eu le malheur de se rendre à Nkourani-Sima, où un Cheikh de la ville lui a dit en face: «Tu n’es pas la bienvenue ici, et ta présence n’est pas souhaitée ici. Je suis le père d’Ousso Moudou, le garçon innocent et innocenté par la Justice que tu as envoyé injustement en prison avec le Général Salimou Mohamed Amiri et d’autres personnes dans le cadre de l’affaire relative à l’assassinat de Combo Ayouba, pour te couvrir toi-même de ton propre crime». Quand Ahmed Sambi a voulu placer un mot, le Cheikh lui a intimé l’ordre de se taire immédiatement et de disparaître pour toujours de sa vue. Voilà une ville où on ne le verra plus, en tout cas pas avant longtemps. Et ce n’est pas une mauvaise chose que d’isoler un malfaiteur parce que, comme l’avait si bien dit le Roi Hassan II dans son discours du 9 octobre 1981, lors de l’ouverture de la session parlementaire d’automne, «quiconque ignore la Loi doit s’attendre à être ignoré d’elle».

     Les Comores ont l’obligation sacerdotale de clarifier les choses avant de laisser des aventuriers au petit pied leur imposer une fausse interprétation de la Constitution. Même si, en dehors d’Ahmed Sambi et de son clan, tous les Comoriens savent que les candidats à la fonction présidentielle doivent être originaires de l’île qui organise le premier tour de l’élection présidentielle, il faut que cela soit désormais écrit noir sur blanc. Comme ça, on en finira avec l’hypocrisie et les mensonges, et les Comoriens n’auront plus à parler d’un charlatan foncièrement malfaisant à tout moment de la journée.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Mardi 29 septembre 2015.

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