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Saïd-Abdillah Saïd-Ahmed, au Kenya avant l’Europe

Saïd-Abdillah Saïd-Ahmed, au Kenya avant l’Europe

«Le Président» prêche la bonne parole en Afrique de l’Est

Par ARM

     «Je suis en route. Il fallait juste que le travail d’explication sur la situation coloniale et néocoloniale que vit notre pays soit fait ici, chez nous, en Afrique de l’Est, avant que je ne m’engage dans une autre campagne d’explication, en Europe», dixit le tonitruant Saïd Abdillah Saïd-Ahmed, la centrale nucléaire de la classe politique comorienne, qui a été aux Seychelles, Madagascar, Rwanda, Tanzanie et Kenya pour expliquer aux autorités de haut niveau de ces pays la situation actuelle des Comores, notamment en leur demandant leurs conseils pour faire sortir les Comores de l’ornière. Comme on sait, Saïd-Abdillah Saïd-Ahmed, bouillant, bouillonnant et explosif Président du Parti Comores Alternatives (PCA), n’est pas homme à attendre que les événements se produisent sans lui. Il les provoque lui-même pour en devenir un acteur de premier plan. Souverainiste jusqu’au bout des ongles, il a fait de la situation de Mayotte son sujet politique de prédilection, et n’hésite pas à déclarer dans les chancelleries ce qu’il en pense. Dans les pays de l’Afrique de l’Est et de l’océan Indien, il est reçu comme un chef d’État, au point de susciter la jalousie de certains aux Comores. Les médias se l’arrachent parce qu’il a toujours des choses pétaradantes à dire, qu’on soit ou non d’accord avec lui.

     Il a aligné les interviews avec la presse locale, et les rencontres avec les autorités nationales de ces pays, où il est comme un poisson dans l’eau, répétant que «la Tanzanie est une province africaine», «le Kenya est une province africaine», «le Rwanda est une province africaine», «Madagascar est une province africaine», «les Seychelles sont une province africaine», «au même titre que les Comores». L’homme aime les formules viriles…

     En Tanzanie, il déclare devant la presse: «Je fais partie des premiers acteurs politiques de mon pays à avoir manifesté la volonté d’être candidat à l’élection présidentielle de 2016. J’avais tout préparé, mais on ne voulait pas de ma candidature parce que mes idées politiques dérangent. Le Président de la Cour constitutionnelle m’a dit: “Monsieur, pour que ta candidature soit acceptée, il faudrait que mon père revienne de l’au-delà et sorte de sa tombe”». Il tempête de nouveau: «Aujourd’hui, je vois un Président imposé au pouvoir par la force alors qu’on ne lui reconnaît aucun bilan, ni légitimité lors de son passage à la tête de l’État comorien en 1999-2006, à la suite d’un putsch qui n’avait fait que faire régresser le pays. Il passe son temps à l’étranger pour toucher 1.500.000 francs par jour passé hors des Comores, alors que le pays est paralysé dans les domaines de la santé, de l’Éducation nationale, de l’économie, des finances, de la Justice, de l’administration, etc. Rien ne marche aux Comores. Il divise le pays par sa politique népotique, sectaire et chauvine. Il casse le pays par son incapacité à engager une bonne gouvernance. Il fait preuve d’amateurisme là où le pays a besoin de professionnalisme».

     Il ne reprend son souffle que pour déclarer: «Les Comores ont besoin de s’ouvrir impérativement à leur environnement naturel: l’océan Indien et l’Afrique de l’Est. Tout passe par notre région, et nous gagnerons beaucoup à nous inspirer des méthodes de management public qui ont permis aux pays de l’océan Indien et de l’Afrique de l’Est d’amorcer leur marche vers un vrai processus de développement, loin des visées coloniales et néocoloniales de l’ennemi». Il est incorrigible quand il s’agit de ce sujet, qui lui tient particulièrement à cœur. N’est-il pas l’acteur politique comorien qui crie haut et fort que les Comores doivent quitter la zone franc et créer leur propre système monétaire? Qu’on le prenne au sérieux ou pas sur ce sujet, il prêche ce qu’il considère être «la bonne parole», et le reste ne l’intéresse pas.

     Et, il embraye devant les journalistes tanzaniens: «Cela fait 41 ans que mon pays est indépendant, et nous continuons à faire usage d’une monnaie étrangère, celle de l’ancienne puissance dominante, et cela parce que les autorités comoriennes sont complices et très complaisantes. Le Comorien doit disposer d’un vrai franc comorien et d’une vraie Banque centrale comorienne. Le Comorien doit fermer la page du colonialisme et celle du néocolonialisme. Les Comores n’ont jamais été un archipel composé de trois, mais de quatre îles. Les Comoriens ont soif de savoir, mais ils ne voient nulle part ce savoir et les moyens de l’acquérir. Les Comoriens ont des besoins vitaux, et je ne vois pas ce que fait Azali Assoumani pour les satisfaire. Il navigue à vue avec ses amis et sa famille. Ici au Kenya, je suis allé vers les étudiants pour m’entretenir avec eux et connaître leurs problèmes. Nous avons organisé une belle rencontre. Les étudiants sont venus massivement vers moi [Photo]. J’ai été scandalisé quand ils m’ont dit que, de passage à Nairobi, Azali Assoumani a refusé de les recevoir. Quand ils ont été mis en communication avec sa suite d’hôtel, c’est une voix féminine qui a répondu: “Votre Président dort”. Je proteste contre ce mépris envers les Comores de demain. Je proteste contre ce mépris envers les Comores qui souffrent pour apprendre et servir demain».

     «Le Président» estime que depuis son départ de France en 2015, dans la perspective de l’élection présidentielle comorienne de 2016, la vraie voix des Comores qui militent pour le bien du pays n’est pas entendue et qu’Azali Assoumani et les siens ne font que se répandre en mensonges sur les médias sans la moindre utilité. Il promet un retour politique et médiatique fracassant en Europe, où il a beaucoup de choses à dire. Ses partisans et sympathisants n’attendent que ça. Ils l’attendent. Avec impatience…

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Mercredi 19 octobre 2016.

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