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Saïd Hassane Saïd Hachim s’en va, tout un pays pleure

Saïd Hassane Saïd Hachim s’en va, tout un pays pleure

Les Comores ont perdu un géant qui aimait son cher pays

Par ARM

«Très certainement, Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution de biens, de personnes et de fruits. Et fais la bonne annonce aux endurants, qui disent, quand un malheur les atteint: “Certes nous sommes à Allah, et c’est à Lui que nous retournerons”. Ceux-là reçoivent des bénédictions de leur Seigneur, ainsi que la miséricorde; et ceux-là sont les biens guidés» (II, La Vache, 155-157).

       Il était le dernier des Pères Fondateurs et des Laboureurs des Comores. Saïd Hassane Saïd Hachim a traversé les générations, les décennies et les siècles. Il a fini son existence terrestre comme il a vécu: dans le calme, la sérénité, l’honneur et la dignité. Quand a été annoncée sa dernière maladie, tout un pays priait pour un homme d’État comorien qui incarnait un immense magistère moral, un patriotisme chaque jour prouvé et une modération inégalée. Il était le dernier membre d’une génération politique qui avait de la fidélité en tout: patrie, affinités, principes, idéaux, et idées politiques. Il a tout fait pour l’unité, la prospérité et le développement des Comores, pays qu’il chérissait.

Il est né dans la politique, lui qui descend d’une prestigieuse famille de Sultans et qui a légué aux Comores ce qu’il y a de meilleur. Pourtant, il a toujours refusé de se contenter de se comporter en enfant gâté, en héritier et gérer une confortable «rente généalogique». Doté de son aura et de son prestige, il a été de tous les grands moments de l’Histoire contemporaine des Comores: Député, emblématique et inégalé Gouverneur de la Grande-Comore, plusieurs fois ministre sous Ahmed Abdallah Abderemane et Saïd Mohamed Djohar, et finalement glorieux Ambassadeur des Comores à Paris.

Les Comoriens et les chancelleries retiendront de lui son élégance en tout, la peur du jugement impitoyable de l’Histoire, et la recherche effrénée de l’excellence.

Il aimait les Comores.

Il aimait les Comoriens.

Depuis longtemps, il avait compris le sens et la profondeur de l’obligation morale la plus exigeante pour un homme de sa carrure: ne pas s’appartenir, être national et rester national.

Quand on a eu l’insigne honneur et le grand privilège de s’entretenir avec lui, on y ajoute un sens aigu de l’humour, signe d’une intelligence débordante. Avec le Mohélien, il commençait ses entretiens par des «Batiti» ou des «Mpaka Modja Nguéfo», ajoutant par la suite des «Comment sais-tu tout ça?». Il aimait l’intelligence, la culture et le savoir.

C’était un homme accompli en tout.

On ne se lassait de l’écouter.

Notre père Saïd Hassane Saïd Hachim était, certes, originaire de Foumbouni, mais il était avant tout un Comorien de toutes les îles, et son aura l’avait placé au firmament de l’éthique et de l’esthétique.

Il part mais laisse derrière lui le meilleur des héritages, celui de l’amour et du respect du prochain, des enfants soucieux d’être dignes de lui, et de lui ressembler.

Il ne sera pas oublié.

La nouvelle de sa mort a suscité chez Comoriens, orphelins, beaucoup de tristesse. Il était à la fois un patriote sincère, un père, un oncle, le disque dur des Comores, le Gardien de la Tradition, le Baobab sacré de la savane comorienne et le sage d’un pays en lambeaux.

Sur lui, on peut multiplier les superlatifs laudateurs, sans exagérer, et sans les épuiser.

En cette douloureuse circonstance, nous présentons nos sincères condoléances à sa famille, à ses proches et à tous ceux, nombreux, qui se sentent affectés par cette immense perte, celle d’un homme irremplaçable. Nous prions pour que Dieu l’agrée dans Son Paradis.

«Très certainement, Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution de biens, de personnes et de fruits. Et fais la bonne annonce aux endurants, qui disent, quand un malheur les atteint: “Certes nous sommes à Allah, et c’est à Lui que nous retournerons”. Ceux-là reçoivent des bénédictions de leur Seigneur, ainsi que la miséricorde; et ceux-là sont les biens guidés» (II, La Vache, 155-157).

© www.lemohelien.com – Mercredi 2 décembre 2020.

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