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Saïd Larifou a un titre de ministre officieux et un salaire

Saïd Larifou a un titre de ministre officieux et un salaire

Réalisme prospectif, «émergence» et présidence tournante

Par ARM

      Qu’ont en commun Saïd Larifou, chantre du réalisme prospectif en charge de la promotion universelle de «l’émergence à l’horizon 2030» et de l’abolition de la présidence tournante, Houmed Msaïdié Mdahoma, leader mondial de l’hermaphrodisme politique, et Achirafi Saïd Hachim, pionnier intergalactique du strabisme politique divergent et convergent? Ces trois Messieurs ont en commun d’être les acteurs politiques les plus déroutants des Comores du fait de leurs revirements politiques spectaculaires et explosifs, de leurs coups de sang et coups de cœur en politique et de leur facilité à tourner à casaque. Au fond d’eux-mêmes, ils ne sont pas de mauvais chevaux, mais ont tout de même une étonnante faculté à aimer le soir ce qu’ils ont détesté le matin, et à haïr le matin ce qu’ils ont chéri la nuit. Ils sont insaisissables. Leur pensée politique est aussi indéfinissable qu’indéfinie. Cela fait d’eux des «navigateurs» capables de «naviguer» dans tous les bateaux, en toute saison et sur tous les océans, des champions de la transhumance politique, et ont acquis une solide réputation de gars incapables d’accompagner un mort jusqu’au cimetière et à la tombe. Déroutants!

J’aime bien Achirafi Saïd Hachim, lui qui a été capable de se déclarer takiste sans être membre du parti politique de Mohamed Taki Abdoulkarim, qui a été capable de prononcer un discours éminemment dithyrambique à Paris en janvier 2016 en faveur de la candidature anticonstitutionnelle d’Ahmed Sambi, en présence de ce dernier, tout en se déclarant son «opposant au sein de l’opposition», avant de l’accuser, lui et le guitariste Azali Assoumani, d’avoir favorisé la montée du terrorisme aux Comores, qui a versé de la boue et de l’huile sur son ancienne bête noire, le «concubinocrate» Azali Assoumani, avant de se cacher avec Saïd-Ahmed Saïd-Abdillah, Hamada Abdallah et Hassan Harouna pour adresser au dictateur de Mitsoudjé une lettre de mendicité politique obséquieuse prétendument pour le soutien d’une hypothétique, introuvable et impossible «émergence émergente du pays émergent à l’horizon 2030», juste pour tenter de se faire nommer. Mais, seront-ils nommés? On va rire…

Pour sa part, Houmed Msaïdié Mdahoma n’est plus à présenter, lui qui va entrer dans le gouvernement en cours de formation et qui avait eu à se déchirer dans la douleur avec le «pouvoiriste» polygame Azali Assoumani sur la place publique de 2013 à 2014. Un coup à droite, un coup à gauche, un grand coup en haut, un gros coup en haut. Touchant! Sa capacité à faire preuve de son fameux hermaphrodisme politique est à inscrire sur le Livre Guinness des Records puisque, tout en ayant les deux pieds chez son ennemi des années 2013-2016, il prétend qu’il est toujours dans l’opposition et qu’il ne fera rien sans l’opposition. Merci!

Et, dans l’affaire, il y a également Saïd Larifou, leader incontestable et incontesté du RIDJA, qui a été la star de la scène politique comorienne au début des années 2000 du fait d’une opposition courageuse au putschiste Azali Assoumani, qu’il avait même voulu chasser du pouvoir par un putsch précédé d’une insurrection populaire. En 2006, il avait soutenu Ahmed Sambi avant de le combattre par la suite et de se faire tabasser à mort par sa Police à l’Aéroport de Hahaya en mai 2010. Or, en 2015, il redevenait le super copain du même Ahmed Sambi, le suivait partout comme son ombre, pour le compte d’une prétendue «opposition républicaine» (sans doute contre la Monarchie), avant de se retrouver avec Mohamed Ali Soilihi en 2016 et avec le «ventriote» Azali Assoumani en 2017. Parcours typique et atypique du réalisme prospectif.

Dès le début de l’année 2017, les Comoriens, médusés et incrédules, découvrent un Saïd Larifou entrant de ville à village pour vendre à la population une coquille vide et impossible à remplir: la prétendue «émergence émergente du pays émergent à l’horizon 2030». Il effectua même un voyage à Abidjan, où se tenait une conférence sur l’émergence. Et comme si cela ne suffisait pas, il s’embarqua dans une autre galère, celle de l’abolition de la présidence tournante, contre l’honneur, la personnalité et la spécificité des Anjouanais et des Mohéliens au sein de l’Union des Comores. Surtout, il faut éviter d’avoir la faiblesse de croire que sa propagande procède d’une quelconque conviction personnelle; il est en service commandé, sur ordre du maître de Bête-Salam. D’abord choqués, ses amis finirent par être indignés, tentant de lui expliquer vainement qu’il commet la plus lourde erreur politique de toute sa carrière. Quand on lui explique que l’«émergence émergente du pays émergent à l’horizon 2030», pour laquelle il s’échine dans les villes, villages et hameaux, est une utopie chimérique, irréaliste et irréalisable dans les conditions actuelles avant 1.000 ans, il fait semblant de sortir de sommeil, ouvre un œil rougi par le sommeil et retombe dans son sommeil politique.

Le Grand Timonier du RIDJA sait pourtant ce qu’il fait. Avant d’avoir un officiel poste ministériel, il est déjà, officieusement et virtuellement ministre. Il a un salaire et des avantages de ministre. Dans quelques heures, il sera officiellement ministre pour la première fois de sa vie. Cependant, le chemin qu’il a emprunté pour y arriver n’est pas couvert de gloire. Ce sont des choses qui dégoûtent de la politique et des politiciens. On ne peut être normalement constitué, voir ça et avoir envie de faire de la politique avec des gens pareils. On ne peut pas être un être normal et croire qu’on réussira à tirer les Comores vers le haut par des coups bas et des intrigues byzantines.

En tout cas, à Anjouan et à Mohéli, personne ne comprendra un Saïd Larifou devenu un ennemi de la présidence tournante, seul procédé constitutionnel permettant l’accession au pouvoir d’un Anjouanais et d’un Mohélien. L’entrée de Saïd Larifou dans le racisme insulaire n’est pas une chose agréable à voir. Un ressort vient de casser, et ce, non pas parce qu’un acteur politique veut accéder au pouvoir, mais parce qu’il n’est pas regardant sur ses propres procédés. Quel terrible gâchis! Adieu années de militantisme et d’espérance entre Comoriens de toutes les îles. Quand, en 2015, j’écrivais sur ce site qu’il commettait une grossière erreur auprès d’Ahmed Sambi, cette personne de son proche entourage que je connais depuis les années du Maroc m’avait menacé des pires injures des partisans et des proches, et je m’étais contenté de lui dire que je me rendrais au rendez-vous qu’elle me fixerait pour qu’elle puisse m’insulter comme du poisson pourri et me battre comme du plâtre.

Il ne reste qu’à présenter à Monsieur le ministre les plus riantes, chantantes et joyeuses des félicitations. Félicitations, Monsieur le ministre.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Lundi 17 juillet 2017.

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