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Saïd Larifou: fatwa des Ayatollahs de la bien-pensance

Saïd Larifou: fatwa des Ayatollahs de la bien-pensance

Il est interdit de soutien à «l’émergence» d’Azali Assoumani

Par ARM

       En 1994, le Cheikh Abdessalam Yacine (1928-2012), figure de proue de l’Islam politique au Maroc, publiait en arabe son ouvrage au titre volontairement ironique: Dialogue avec les honorables démocrates. Il s’agit du religieux qui, en 1974, avait adressé au Roi Hassan II du Maroc, L’Islam ou le déluge, une lettre ouverte fort irrévérencieuse de 114 pages, s’exposant à un internement psychiatrique, alors qu’il s’attendait à bien pire. Il parle des «Honorables démocrates» pour bien se moquer de ceux qui se disent démocrates, mais qui sont en réalité des bien-pensants et des chantres de la bien-pensance, qui ne croient même pas aux vertus de la démocratie, mais à l’autocratie.

En réalité, depuis longtemps, les «Honorables démocrates» et les «Comoricains» ont en commun l’hypocrisie, le double langage et la duplicité. Quand ils parlent de démocratie, c’est qu’ils pensent à l’autocratie. Nous remarquons cela aujourd’hui aux Comores à la suite de la publication, par les Ayatollahs de la bien-pensance, d’une Fatwa contre Maître Saïd Larifou, Président du Parti RIDJA, à qui il est interdit de dire qu’il soutient la foutaise imaginée par le «saigneur» Azali Assoumani sous le nom d’«émergence». Notons que le dictateur des Comores s’est lancé dans cette nouvelle facétie, qui consiste à promettre de faire de ce pays «un pays émergent à l’horizon 2030». On imagine aisément que dans son cerveau, le tyran de village Azali Assoumani se voit à «Bête-Salam» au moins jusqu’en 2030. Dieu soit loué!

Or, par définition, un pays émergent remplit un certain nombre de conditions: une croissance économique soutenue, un niveau de vie tendant vers celui des pays développés, des structures économiques et sociales ressemblant à celles des pays industrialisés, une véritable ouverture économique sur le reste du monde, des mutations juridiques, structurelles et institutionnelles, de grandes possibilités pour les investisseurs, la mise en œuvre d’une politique industrielle, de vrais revenus pour la population et de vraies capacités de rattrapage économique. Autant dire qu’aucune de ces conditions n’est remplie par les Comores.

Dès lors, on ne voit pas comment l’autocrate de «Bête-Salam» peut réaliser son «émergence émergente du pays émergent» alors que toutes ses méthodes se situent aux antipodes des règles de la bonne gouvernance, alors qu’il n’a aucune vision d’État, ni culture politique, ni culture d’État, alors qu’il ne comprend rien sur le fonctionnement de l’État. En d’autres termes, «l’émergence émergente du pays émergent», c’est du gnangnan, une immense foutaise, une immense escroquerie intellectuelle et politique.

Seulement, Maître Saïd Larifou a choisi d’accorder foi aux divagations et radotages du dictateur Azali Assoumani. Sur le plan humain et politique, c’est son droit. Même quand on est contre la politique débile et criminelle du criminel de «Bête-Salam», même si on n’est pas lié au Parti RIDJA, il faudra tout de même avoir l’élégance de reconnaître que Maître Saïd Larifou a le droit d’avoir ses propres idées politiques, de soutenir ce qu’il juge digne d’être soutenu et de fustiger ce qu’il juge digne d’être fustigé. Sur ce site, nous aurions aimé que matin, midi et soir, tous les Comoriens disent au «pouvoiriste» polygame Azali Assoumani qu’il n’est pas capable de réaliser son «émergence émergente du pays émergent», pour des raisons intellectuelles, professionnelles, matérielles et financières. Mais, en aucune manière, nous ne soutiendrons une initiative consistant à empêcher un acteur politique d’avoir les idées politiques qu’il veut.

Qu’on se le dise! Dans son Préambule, la Constitution comorienne proclame «les libertés d’expression, de réunion, d’association et la liberté syndicale dans le respect de la morale et de l’ordre public». De plus, la Déclaration universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948 soutient que «toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites» (article 18) et que «tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit» (article 19).

Pourquoi donc, serait-il interdit à Maître Saïd Larifou de s’exprimer et de prendre position pour l’«émergence émergente du pays émergent», même si cette dernière est une supercherie? C’est son droit absolu. Il peut dire qu’il n’y croit pas, il peut dire qu’il y croit. C’est toujours son droit absolu. Répétons-le: nous aurions aimé qu’il dise à tout moment et partout où il se trouve son scepticisme sur un slogan creux lancé comme un gadget par un dictateur médiocre. Mais, il a choisi de dire autre chose, et quand on est un bon démocrate et non un «Honorable démocrate» et un «Comoricain», on doit respecter ce choix personnel.

Dans le choix de Maître Saïd Larifou, il y a quelque chose d’honorable: il s’exprime sur l’espace public, exprime son soutien à l’«émergence émergente du pays émergent» en public et de manière ouverte, sans avoir à baisser les yeux. Il assume publiquement son choix. On peut ne pas apprécier ce choix, mais il serait malvenu de lui nier son droit à son choix. C’est son choix. Ses détracteurs, adversaires et ennemis disent qu’il a fait ce choix par pur opportunisme, pour se frayer un chemin vers une cooptation par son ancien ennemi, le dictateur Azali Assoumani. N’oublions pas que, sur le plan politique, Maître Saïd Larifou s’est fait connaître au début des années 2000 par son opposition frontale à la kleptocratie et à la dictature du tyran Azali Assoumani. Aujourd’hui, il a choisi une autre approche. Alors, en sommes-nous arrivés aujourd’hui à fouiller dans les bas-fonds de la médina de la structure mentale de Maître Saïd Larifou pour tenter de découvrir les raisons qui le poussent à soutenir une idée chimérique émise par un dirigeant médiocre? Pourtant, il aurait fallu que les Ayatollahs de la bien-pensance l’interrogent sur les raisons de son choix.

Or, Maître Saïd Larifou proclame partout que son soutien à l’«émergence émergente du pays émergent» est dicté par l’intérêt supérieur des Comores. Avons-nous les moyens de prouver le contraire? Au même moment, et pendant que Maître Saïd Larifou s’exprime ouvertement en public, des acteurs politiques comoriens qui se disent «plus honorables» se cachent pour aller mendier des prébendes, des passe-droits, des postes et de l’argent à «Bête-Salam», pendant que «leur dos est dehors», comme on dit en bon comorien.

La chose fait d’autant plus rire que les blogueurs comoriens se demandent s’il est encore souhaitable et utile d’interviewer les acteurs politiques comoriens sur le naufrage du régime politique du «pouvoiriste» polygame Azali Assoumani, constatant que ces derniers, pour ne pas anéantir leurs «chances» d’être «récompensés» par le dictateur de village, font dans la plus pathétique des langues de bois et des discours amphigouriques et dithyrambiques en faveur d’un régime politique devenu un deuil national, qui n’a pas hésité à détruire la maison de 6 pièces de cette femme d’Itsandra pour de sombres petits antagonismes de villageois tels qu’alimentés par une autorité sur le départ et qui est surnommée «Monsieur 10%», en raison de la dîme de bordelier qu’elle perçoit sur chaque dossier passant entre ses mains. C’est peut-être ça, l’«émergence émergente du pays émergent» dans sa vraie dimension.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Mercredi 10 mai 2017.

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