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Sambi : silence, on veut la vérité

Les complotistes facebookeurs, qui voyaient l’ombre de l’injustice derrière l’affaire judiciaire de Sambi, oseront-ils se relire, à défaut de s’excuser aujourd’hui ? Pour ceux qui s’intéressent des affaires judiciaires de notre pays, le cas de l’ancien leader du parti Juwa est un cas à part : l’Ayatollah méritait directe la Maison d’arrêt de Moroni dès l’ouverture des dossiers. Des sommes de preuves d’ici et d’ailleurs à charge auront alimenté l’accusation, sans entendre les démentis du clan de l’ancien Rais.

Ahmed Abdallah Mohamed Sambi est un ancien président élu démocratiquement au suffrage universel, dans la transparence. Il était un des rares dirigeants entrés dans l’histoire de notre pays par la grande porte ; failli et berné, il a quitté le Palais de Beit-salam par une petite porte dérobée, après avoir échoué à honorer ses engagements électoraux. 

L’affaire judiciaire de Sambi, tout le monde en parle. Les citoyens surtout. Les partenaires des Comores aussi. Parce qu’Ahmed Abdallah Mohamed Sambi a carotté presque tout le monde. Son bilan désastreux au sommet de l’Etat ne l’aide pas en ces temps moroses. En fait, c’est quoi le bilan de Sambi ? Un débarquement militaire à Anjouan, une révision de la Constitution, cinq remaniements ministériels, démolition du prestigieux Hôtel Galawa, inauguration des réalisations de son prédécesseur, dégradation de la situation socio économique et sécuritaire du pays. Et quoi encore ? Sambi était est la vulgarité incarnée de la politique fantaisiste. Un beau jour ensoleillé, il déclara qu’il ne savait pas que les fonctionnaires comoriens ne perçoivent pas leurs salaires, l’homme était décalé de la réalité de nos institutions. 

Il avait un double langage afin de biaiser nos consciences à la merci de ses désirs. Durant son règne, l’allié de Téhéran inquiétait beaucoup de ses fréquentations et de ses décisions. De la présidence tournante à la départementalisation de l’Île comorienne de Mayotte, l’ancien président errait à contre sens. On reprochera peut-être aux anciens régimes d’avoir à leur tour mal géré la question mahoraise mais jamais aucun gouvernement n’a osé se rendre sur place à Mayotte pour reconnaître que «Mayotte est française». Le comorien le plus proche d’Ahmadinejad à l’époque l’a bien fait !

En mai 2006, Azali Assoumani a légué à son successeur 450 millions de taxes uniques sur le riz, 623 millions de taxes sur les hydrocarbures, 400 millions au titre du fonds sur l’énergie, 2 milliards de francs à titre d’avances statutaires et un milliard 500 millions d’IBD de la SCH et de Comores Télécom, des nouveaux pavillons de l’hôpital El-Maarouf, des centrales électriques, un réseau de téléphonie mobile, une paix retrouvée dans les Iles, une alternance démocratique, l’Université des Comores, l’extension et la modernisation de l’Aéroport de Hahaya, des routes rénovées, ..Etc. Un actif très riche que l’ancien locataire de Beit-salam n’a pas pu protéger. 

L’homme au «Qemba vert» avait l’habitude de nous bluffer publiquement des sommes d’argent qu’il a reçu en guise d’aides budgétaires tout au long de son mandat. Toutefois, il s’est toujours refusé de nous parler des recettes propres de l’Etat. Sambi n’a parlé que des chiffres mais, a omis soigneusement de parler des réalisations à partir de ces subventions. En attendant une nouvelle « laïlatoulquatar » et loin des débats byzantins, l’ancien président Sambi doit de vraies explications au peuple sur l’usage de l’argent public.

Dans une société de plus en plus inflammable, il n’est pas bon de mélanger moral et justice. Or, les comoriens pensent que le gouvernement actuel sous la houlette du Président Azali Assoumani protège inlassablement l’ancien Rais. Les comoriens veulent tous au plus vite possible le procès de cet homme aux milles dossiers. Les comoriens ne coupent plus des têtes au nom des Lumières. Cependant, ils restent prêts à renverser les tables au nom de la vérité, justice et indépendance. 

Moumini Dhanouni

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