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Sans Droit, ni Justice, il n’y aura pas d’État aux Comores

Sans Droit, ni Justice, il n’y aura pas d’État aux Comores

Sans primat de la Constitution, il n’y a pas d’État comorien

Par ARM

       Les Comores ont accédé à l’indépendance sous le signe de la malédiction. Incapables d’unité et de fraternité, elles sont devenues indépendantes le 6 juillet 1975 dans un rejet par Mayotte à la fois de l’indépendance, des Comores et de l’hypocrisie d’une unité de façade.

Le 3 août 1975, Ali Soilihi prenait le pouvoir par la force et régna avec des collégiens et des lycéens. En amateur, il élaborait le même jour des «déclarations constitutionnelles» sur la même matière, se contredisant, créant le même jour 3 Parlements qui n’ont jamais vu le jour. Un Parlement peut avoir 2 Chambres; mais, Ali Soilihi ne mettait pas en place un Parlement bicaméral (à 2 Chambres), mais 3 Parlements distincts. Sa Loi fondamentale du 23 avril 1977 méprise complètement les droits de l’Homme, mais sacralise les utopies de la Révolution du Tiers-Monde. Ignorant le Droit, Ali Soilihi avait instauré une dictature violente et sanglante.

Le 1er octobre 1978, la Constitution d’Ahmed Abdallah Abderemane créa la République fédérale islamique. Elle fut vidée de sa substance en 1982, 1985 et 1989 pour créer la dictature à mort. Une dictature sanglante fut créée. Les mercenaires torturèrent et tuèrent les Comoriens, et assassinèrent Ahmed Abdallah Abderemane le 26 novembre 1989, juste après une révision blasphématoire de la Constitution pour l’instauration de la dictature à mort.

Saïd Mohamed Djohar, qui ne demandait qu’un nouveau frigidaire, devint Président le 27 novembre 1989. En décembre 1989, il demanda la rédaction d’une Constitution démocratique, mais en sabota l’élaboration. Elle fut finalement adoptée le 7 juin 1992, sans être appliquée un jour. Fruit d’un consensus national, elle est la mieux rédigée et élaborée, la plus équilibrée, démocratique et intelligente. Ennemi du bon sens, de l’éthique, de la bienséance, de la dignité, de l’État, de la République, de la démocratie et de l’État de Droit, père de la «gendrocratie», Saïd Mohamed Djohar fut pourtant surnommé «Le Père de la Démocratie». Comme disait Pierre Péan, «au-delà de certaines bornes, le ridicule ne tue plus… il conserve»: Pierre Péan: L’argent noir. Corruption et sous-développement, Fayard, Paris, 1988, p. 203.

Mohamed Taki Abdoulkarim, élu en 1996, imposa sa propre Constitution, inutile.

Le 16 février 1997, Anjouan plongea dans le séparatisme: les chefs séparatistes avaient promis l’indépendance, le rattachement à la France («Rattachisme») et les «Mabawa» (ailes de poulets) comme à Mayotte! Il a fallu l’Accord-cadre de Fomboni du 17 février et la Constitution du 23 décembre 2001. Ahmed Abdallah Mohamed Sambi procéda à une révision technique de cette Constitution le 17 mai 2009. Et, ce fut une utile révision technique.

Or, avec la discrétion d’un camion de sapeurs-pompiers et la douceur d’un tsunami, le dictateur fou et terroriste Assoumani Azali Boinaheri tua la Cour constitutionnelle et la Justice constitutionnelle, imposa dans la mort et les amputations des mains sa «non-Constitution de la main coupée et de la mort», politisa à outrance, personnalisa et instrumentalisa une Justice déjà morte et enterrée. Le dictateur fou et terroriste Assoumani Azali Boinaheri est bête et ne cherche même pas à sauver certaines apparences. Il ne privilégie que la violence politique, policière et militaire, la répression et l’oppression. Il jeta en résidence très surveillée Ahmed Abdallah Mohamed Sambi en niant l’existence du Droit, de la Constitution et de la Justice.

Sans Droit, Constitution et Justice, il n’y a pas d’État. Il n’y a pas d’État aux Comores parce que «les Comores sont un pays où règnent les hommes, pas les lois. Quiconque peut enfreindre, bafouer et braver toutes les lois qu’il veut, tant et aussi longtemps que l’homme du jour assure ses arrières», étant noté qu’«après des siècles de misère, d’instabilité politique et de colonisation, l’Union des Comores était pratiquement dépourvue d’identité politique. Le petit archipel formait un pays, mais il aurait pu aussi en former trois, ou n’en former aucun. Ian Walker, chercheur à l’Université d’Oxford, est l’auteur d’un article intitulé “What Came First, the Nation or the State? Political Process in the Comoros Islands” dans lequel il se demande ce qui est apparu en premier aux Comores, la nation ou l’État. Ses conclusions: “Il n’y a pas, à proprement parler, de nation ni d’État aux Comores”»: Atossa Araxia Abrahamian: Citoyennetés à vendre. Enquête sur le marché mondial des passeports, Lux Éditeur, Collection «Futur Proche», Montréal, 2016, pp. 30-31 et 36.

Chers «Bons et vrais Comoriens» et «Comoricains», l’État naît et vit du primat de la Constitution, sa norme suprême, du caractère impératif du Droit et de la sacralité de la Justice, toutes choses qui n’ont jamais existé aux Comores, un pays sans nation, ni État.

Les Comores sont un pays où tout citoyen peut aller en prison à tout moment, sans avoir enfreint la Loi. L’arbitraire y règne. L’assignation à résidence d’Ahmed Abdallah Mohamed Sambi depuis plus de 1.000 jours, sans le moindre motif légal, interpelle les consciences. Il ne peut en être autrement car «les mesures de police administrative susceptibles d’entraver l’exercice des libertés constitutionnellement garanties, au nombre desquelles figure la liberté d’aller et venir, composante de la liberté personnelle […], doivent être justifiées par la nécessité de sauvegarder l’ordre public et proportionnée à cet objectif»: Michel Lascombe, Aymeric Potteau et Xavier Vandendriessche: Code constitutionnel et des droits fondamentaux, Annoté, commenté, en ligne, 10ème édition 2021, Dalloz, Paris, 2020, p. 5.

Tant que les Comores seront dirigées par un dictateur inculte et ignorant qui s’éloigne des vrais juristes, elles ne pourront jamais trouver la voie de l’État, du Droit et de la Justice. Le Droit crée la Justice, et la Justice nie la justice privée, étant entendu que là où prévaut la justice privée, là où le Droit est la propriété d’une personne physique, il n’y a ni Droit, ni État.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Vendredi 19 février 2021.

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