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Sitti Kassim poursuivie illégalement par des ânes

Sitti Kassim poursuivie illégalement par des ânes

Justice de faussaires haineux, d’ânes et de douaniers

Par ARM

     Il est un homme dont on parle beaucoup en ce moment à Moroni. Il s’agit de Maître Ali Abdou Elaniou. Il est placé sous les feux de la rampe en raison de sa nouvelle lubie. Sa lubie a ceci de particulier: elle est sarcastique. Oui, Maître Ali Abdou Elaniou fait dans les sarcasmes, et ses sarcasmes font mouche dans le Tout-Moroni. Voici ce qu’il en est. Dès qu’on prononce devant lui le nom du Grand Vizir en charge de Dieu, du Prophète, du Paradis, des Gènes, de la Généalogie et de la Génétique, il affiche un sourire carnassier et gourmand, crache par terre, lève les mains vers le ciel, roule ses yeux dans les orbites, avant de prononcer la formule coranique usitée quand est annoncée une nouvelle de décès: «À Dieu nous sommes, à Lui nous retournons». C’est sa seule façon d’exprimer un mépris qu’il n’a jamais cherché à occulter. Il méprise un homme dont il connaît l’incompétence crasse et l’ignorance légendaire que cet homme chercher à cacher derrière la vantardise et les blablas. Ce mépris ne date pas d’aujourd’hui, mais comme dit le proverbe arabe, «l’inimitié existe mais la convenance doit persister». On ne s’aime pas, on ne se respecte point, mais on fait semblant.

     Seulement, jusqu’à quand on va continuer à faire semblant alors que la Justice comorienne est devenue une affaire d’ânes, au sens propre du terme? Exagération? Que nenni. Ne savez-vous pas que le Grandissime Mohamed Bakri Charif Abdoulfattah, l’ancien ministre des Relations extérieures, quand il était juge à Mohéli, avait rendu un jugement contre un âne? Alors? Oui, aujourd’hui, aux Comores, la Justice est devenue une affaire d’ânes.

     Procédons par étapes. Procédons de manière logique. Le 1er avril 2016, le «pouvoiriste» polygame Azali Assoumani et son acolyte Ahmed Sambi ont signé un accord tellement scandaleux qu’il avait fallu le garder dans un secret qui finira par devenir un immense secret de Polichinelle. Parmi les articles les plus scandaleux de cet accord scandaleux, on retrouve l’article 5: «Le Colonel Azali Assoumani s’engage à ouvrir une enquête contre l’exécutif pour auditer les comptes publics de l’État et surtout les dons extérieurs, notamment la gestion de la manne financière octroyée à l’Union des Comores par le Royaume de l’Arabie Saoudite. Il s’engage à relancer les projets issus de la conférence de Doha de mars 2010 sur l’investissement aux Comores». Tout bon juriste constatera qu’il n’est pas question d’«une enquête SUR l’exécutif» mais d’«une enquête CONTRE l’exécutif». Or, si la Justice existe, c’est pour mettre fin à la vengeance personnelle. Et c’est ainsi qu’Ahmed Sambi et son ministre ont commencé à se venger avec les moyens de l’État, en s’en prenant à tous ceux et celles qui, dans un passé encore récent, avaient contrecarré leurs rêves de règne. Du jour au lendemain, Sitti Kassim, inamovible ministre, Vice-Reine, Reine Mère et Régente de la République sous les Mohéliens de Beït-Salam, reçut un bout de chiffon lui interdisant toute sortie du territoire comorien.

     Sur le plan politique, nombreux sont les Comoriens qui ont applaudi tant les Mohéliens de Beït-Salam avaient été méprisants envers l’humanité entière et croyaient que leur mascarade de règne n’allait jamais prendre fin. Que Sitti Kassim soit jetée dans une cellule de prison pour des bêtises ayant eu lieu dans son ministère, voilà qui ne fera pas pleurer beaucoup de gens à Mohéli. Seulement, au-delà de la joie de voir tous les Mohéliens de Beït-Salam croupir en prison pendant quelques années, il y a des considérations juridiques que nous n’avons pas le droit de piétiner, sauf si nous voulons nous ranger dans la catégorie bestiale de ceux qui affament les Comoriens en s’enrichissant indument, y compris par le pèlerinage en Arabie Saoudite, devenu l’affaire personnelle du Mufti, le pote de l’usurpateur Azali Assoumani.

     Pour tout dire, la mesure interdisant à Sitti Kassim la sortie du territoire comorien est tout simplement ARBITRAIRE et ILLÉGALE, en ceci qu’elle n’a aucun fondement juridique. Cette mesure, c’est du pipi de chat. Elle est prise par un Procureur, et un Procureur n’a aucun pouvoir pour ce faire. Cette mesure ne peut être prise que par un Juge d’instruction ou Juge instructeur ou Juge de l’information. Point à la ligne. C’est tout. Et pour que le Juge d’instruction puisse le faire, il aurait fallu qu’une information judiciaire soit ouverte contre Sitti Kassim, que cette dernière soit inculpée et que le même juge soit vraiment convaincu qu’en quittant le territoire national, Sitti Kassim allait se soustraire de la Justice. Attention et attention, la mesure visant à interdire une sortie de territoire est une mesure très grave parce que portant atteinte à la liberté d’aller et venir, une liberté inscrite sur la Constitution comorienne. Pour restreindre ce droit constitutionnel, il faut avoir une sérieuse motivation, et celle-ci doit être basée sur le Droit. Alors, nous voulons savoir comment un appareil judiciaire aux ordres peut-il s’arroger le droit d’annuler la liberté d’aller et venir des gens sans suivre les procédures figurant dans les textes juridiques pertinents.

     Le ministre et sa petite bande d’incompétents auraient pu avoir l’excuse de l’ignorance, mais cette excuse n’existe pas: «Nul n’est censé ignorer la Loi». C’est tout. Et pour aider ces gens à lutter contre leur propre ignorance, il faudra préciser que le Procureur prend des réquisitions, le juge d’instruction des ordonnances, pendant que le magistrat de siège rend des arrêts (Cour d’Appel et Cour de Cassation) et des jugements (Tribunal d’Instance). Dès lors, le domaine de chacun est très bien défini. Le Procureur n’avait pas à se substituer au Juge d’instruction. Et même si c’était le Juge d’instruction qui avait signé le bout de chiffon frappant Sitti Kassim d’une interdiction de quitter le territoire comorien, il aurait fallu qu’il se conforme aux principes juridiques ci-haut.

     En même temps, pourquoi nous étonner quand nous voyons tout ce qui a détruit la réputation de la Justice comorienne? Un ancien douanier en rupture de ban ne vient-il pas d’être nommé Président du Tribunal de Moroni, au nom de la famille? Pouah! Dégoûtant! Un ancien gabelou qui dirige un Tribunal! Ne nous étonnons donc de rien parce que la Justice des Comores est truffée de faussaires qui n’ont même pas l’intelligence de scanner des diplômes imaginaires respectant la présentation physique des titres universitaires de l’année choisi. Ne perdons pas de vue le fait que l’un des ministres les plus violents du gouvernement actuel a déjà présenté aux gens ses «diplômes», et quand on regarde bien les dates desdits «diplômes», on se rend compte que son «Master 2» et son «Doctorat» sont obtenus la même année. Ce «Docteur» est incapable de faire une phrase en français. Et ce n’est pas son «pouvoiriste» polygame Azali Assoumani qui pourra lui donner des cours du soir.

     Ne nous voilons pas la face. Il y a trop d’ânes au sein de l’appareil judiciaire comorien. La profession d’avocat elle-même est détruite par les faux diplômes et par les gens qui n’ont même pas de diplômes appropriés. Dans les pays civilisés, la première condition d’exercice du métier d’avocat est le diplôme d’avocat. Le diplôme d’avocat. Oui, le diplôme d’avocat, et on comprend les sarcasmes de Maître Ali Abdou Elaniou. On comprend également la haine du Grand Vizir en charge de Dieu, du Prophète, du Paradis, des Gènes, de la Généalogie et de la Génétique qui, de passage à Paris, a proféré des menaces bien précises contre tel Mohélien actuellement en formation d’avocat en France, disant que si le Mohélien décroche son diplôme d’avocat, il n’aura pas le droit de s’inscrire au Barreau de Moroni. La raison? Parce que le Mohélien a perdu un procès en diffamation, alors qu’il n’a pas de casier judiciaire. Et même s’il en avait? Ce qui fait rire, c’est que le Mohélien en question vomit et crache sur les menaces du Grand Vizir en charge de tout ce qu’il veut.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Mardi 23 août 2016.

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