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Sur Mayotte, Azali Assoumani se moque de la Tanzanie

Sur Mayotte, Azali Assoumani se moque de la Tanzanie

Son double langage ne fait pas sérieux et discrédite notre pays

Par Saïd Ahmed Saïd Abdillah

     «On ne devrait jamais tourner le dos à un danger pour tenter de fuir. Si vous le faites, vous le multipliez par deux. Si vous l’affrontez rapidement et sans vous dérober, vous le réduirez de moitié»: Sir Winston Churchill, ancien Premier ministre britannique.

     La Tanzanie et les Comores ont une histoire commune, notamment liée à Zanzibar, où une forte communauté comorienne y résidait pendant la colonisation et même après. La Tanzanie fut le premier pays à soutenir les Comores contre le colonialisme français. C’est en Tanzanie qu’est né le premier mouvement indépendantiste comorien, le Mouvement pour la Libération nationale des Comores (MOLINACO), dont l’un des leaders fut Aboubacar Boina. Depuis lors la Tanzanie n’a cessé d’observer et de suivre l’évolution des Comores, même avec l’indépendance à minima et partielle qui ne concède que le drapeau et l’hymne du pays. En dehors d’une courte parenthèse, au cours de la révolution soilihiste (1975-1978), la Tanzanie a été isolée ou ignorée par les dirigeants comoriens dans la gestion de leurs affaires, et surtout en ce qui concerne le contentieux avec la France au sujet de Mayotte. La politique que la France a inculquée à ses valets comoriens qui nous ont dirigés hier et aujourd’hui consiste à éloigner les Comores et les Comoriens de l’Afrique de l’Est, plus particulièrement de la Tanzanie et Madagascar.

La Tanzanie nous avait soutenus pour déloger les séparatistes anjouanais, soutenus par la France

     «Dès que quelqu’un comprend qu’il est contraire à sa dignité d’homme d’obéir à des lois injustes, aucune tyrannie ne peut l’asservir»: Mohandas K. Gandhi, leader politique indien, Chantre de la non-violence.

     Les dirigeants politiques comoriens d’hier et d’aujourd’hui aiment regarder loin pour résoudre des problèmes dont les solutions sont souvent à portée de leur main. Ils sont comme des gens qui traversent une rivière en pirogue mais qui meurent de soif. Dès que les séparatistes anjouanais ont proclamé le rattachement à la France puis «l’indépendance» de «leur» île, nos dirigeants ont transmis directement le problème à l’O.U.A avant même de chercher une solution interne, bilatérale, voire régionale. Ceci est dû à l’absence d’une vision objective et d’une volonté indépendante de celle de la France chez nos dirigeants d’hier et d’aujourd’hui.

     La France aime exposer à l’international nos problèmes afin de nous humilier. Le séparatisme anjouanais a été le summum de l’humiliation qui nous a été infligée par l’ancien colonisateur. L’accord d’Antananarivo du 19-23 avril 1999, qui a été initié par l’O.UA, la Francophonie et l’O.NU, a été salué du bout des par la France, qui l’a saboté pour humilier aux yeux du monde entier notre jeune nation. Après, on a eu les fameux Accords de Fomboni du 17 février 2001, qui ont légalisé le séparatisme, l’ont institutionnalisé et n’ont rien changé sur les acquis des séparatistes anjouanais et sur le retour du pouvoir central dans l’île. Le gouvernement Azali Assoumani de l’époque, la France et l’O.U.A ont applaudi la victoire du séparatisme au détriment de l’unité des Comores. On nous chantait une unité retrouvée mais Mohamed Bacar restait avec tous ses prérogatives et les institutions (y compris la prétendue «Constitution» du 3 août 1997, date de la proclamation de «l’indépendance» d’Anjouan) ont été conservés intacts.

     Ces courbettes ne plaisent pas à nos voisins de l’Afrique de l’Est et de l’océan indien. Ils trouvent minables les comportements indignes de nos dirigeants qui capitulent sans avoir livré bataille, par souci d’éviter la perte de leur situation de rente. Ils se taisent.

     L’arrivée d’Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, un enfant de Mutsamudu, au pouvoir le 14 mai 2006 se heurte à un vrai dilemme dû au moment où il a vite compris qu’il détenait uniquement les pouvoirs sur l’île de Mohéli er de la Grande-Comore, mais pas d’Anjouan, sous la coupe totale du Colonel Mohamed Bacar, un enfant de Barakani. Anjouan était devenue une île indépendante des autres. Le Colonel Mohamed Bacar est arrivé au pouvoir à Anjouan par coup de force le 9 août 2001 contre le Colonel Abeid Abderremane et il se fait «élire» le 31 mars 2002. Le conflit ne tarda pas à refaire surface, et les Comores ont la chance d’avoir un voisin, qui aime les Comores à la tête de l’OUA. Le président tanzanien de l’époque, Jakaya Mrisho Kikwete a été le président de l’O.UA du 31 janvier 2008 au 3 février 2009. Jakaya Mrisho Kikwete est un homme d’expérience et de compétence. Il a été ministre des Affaires étrangères de la Tanzanie de 1995 à 2005. Le 28 mars 2008 l’Union africaine, dirigée par le président tanzanien Jakaya Mrisho Kikwete avec le gouvernement comorien envoient plus de 1.500 soldats africains appuyés par 400 soldats comoriens dirigés par le Général Salimou Mohamed Amiri, et délogent les séparatistes anjouanais à la tête duquel le Colonel Mohamed Bacar.

     La Tanzanie n’a pas été un spectateur mais un acteur de la résolution d’une partie de la crise séparatiste qui ronge les Comores. Il est surprenant, voire méprisant quand le président de l’Union des Comores demande à l’ambassade de la Tanzanie aux Comores, c’est-à-dire à la République unie de Tanzanie, de jouer l’intermédiaire sur la question de Mayotte mais entre les Comoriens de trois îles et les Comoriens de Mayotte, les Mahorais.

Qui sont les Mahorais et qui les représentent dans l’île occupée par la France?

     «Peu-de gens sont faits pour l’indépendance, c’est le privilège des puissants»: Friedrich Nietzsche, écrivain et philosophe allemand.

     Les Comores sont un archipel de quatre îles: Mayotte, Anjouan, Mohéli et Grande-Comore, un pays composé d’un seul peuple et d’une seule religion, l’Islam, et d’une seule langue avec quelques variantes régionales. L’unité des Comores, basée sur quatre îles, est reconnue par la résolution 3385 du 12 novembre 1975 de l’Assemblée générale de l’ONU. Cette reconnaissance a été consolidée par la confirmation d’un vote de l’Assemblée générale le 21 octobre 1976 par 102 voix contre une voix, celle de la France. Ces résolutions nous permettent de n’admettre aucune courbette vis-à-vis de la France, ni d’admettre d’autres adversaires. La France, pour occuper notre île pour des raisons stratégiques et économiques, essaie de manipuler notre population, plus particulièrement les plus ignorants et certains de nos dirigeants, qu’elle a pu corrompre afin de nous diviser. La France occupe Mayotte, et elle dit d’abord qu’elle l’a achetée à un roitelet mendiant et maudit malgache et puis c’est le Mahorais qui l’a choisi. On ne peut pas empêcher une frange de la population, habituée à l’exploitation et à l’assistanat colonial de faire un choix. Ce n’est pas la première fois que cela arrive dans l’histoire coloniale de la France. On connaît l’histoire des harkis algériens qui aimaient aussi la France mais ils sont partis en France, qui est grande et spacieuse. Mayotte n’a pas d’existence internationale légale. Sa seule existence internationale légale est au sein des Comores.

À qui doit s’adresser le gouvernement Tanzanie? Au Préfet de Mayotte ou au chef d’État-major français qui dirige les formes militaires d’occupation?

     Le premier devoir d’un leader comorien ou du dirigeant de tout État est d’éduquer le peuple en lui montrant, en lui expliquant qui sont nos amis et nos ennemis afin qu’il ne fasse pas de confusion. C’est pourquoi nous avons demandé, au sein du Parti Comores Alternatives (PCA) que soit introduit un service national militaire de deux ans pour chaque enfant comorien afin qu’il soit bien préparé à servir son pays, voire à sacrifier son âme. Cette tâche, le dirigeant de l’État doit aussi l’accomplir auprès de nos amis et nos voisins directs et lointains, ceux de notre région naturelle, l’Afrique de l’Est et l’océan Indien, afin qu’ils sachent comment s’asseoir avec nous et comment nous aider. Pour ce faire, nous devons rappeler au Colonel Azali Assoumani que l’unique ennemi des Comores sur la question de Mayotte est la France. Croire qu’il y a des Comoriens de Mayotte qu’on doit convaincre, expliquer, montrer que nous sommes capables de gérer ou développer d’abord les trois îles dites indépendantes, est une hérésie, une stupidité et une lâcheté. Mayotte est un territoire comorien, que cela plaise ou non à certaines personnes. On est libre de choisir son pays, de vivre là on veut mais pas de prendre le territoire d’un pays et l’attribuer à un autre parce qu’il est riche, puissant et blanc.

     On peut se poser la question: à qui doit s’adresser la Tanzanie comme interlocuteur à Mayotte comme le propose le Colonel Azali Assoumani? L’île occupée par la France, qui y est représentée par un préfet qu’Azali Assoumani s’est empressé de le recevoir à Beit Salam. C’est un Français de souche blanche (car les Mahorais sont considérés par la France comme étant indignes d’être préfets et pendant longtemps députés) et je doute fort que la Tanzanie prendra comme interlocuteur valable pour parler au nom des séparatistes Mahorais qui sont des Comoriens donc des Noirs. Le représentant de la Tanzanie n’a certainement pas posé la question sur qui il doit contacter, par diplomatie et surtout par culture. Il y a un proverbe tanzanien très connu qui dit: «En visite chez autrui, ouvrez les yeux, pas la bouche».

     Il est frappant de constater que nos dirigeants peuvent crier au secours et désorienter ceux qui veulent les aider. Nous rappelons à nos frères Tanzanie que la question de Mayotte ne concerne pas les Mahorais, qui sont Comoriens mais la France. L’île est occupée par la force militaire, par la France, et les comoriens de Mayotte n’ont aucun pouvoir sur l’avenir de l’île.

     Pourquoi Azali Assoumani continue à prendre les Comoriens pour des dupes et pourquoi humilie-t-il maintenant nos voisins?

     «Le vrai courage est la première des vertus; il donne le pouvoir de les pratiquer toutes. Un homme véritablement courageux ne peut être ni esclave, ni tyran, ni superstitieux, ni intrigant, ni traître, ni avare, ni débauché; son âme résiste à tout, et il est également à l’abri de l’ivresse de la prospérité, de l’abattement du malheur, des conseils pusillanimes de la crainte, des pièges de la flatterie, et de la séduction du vice»: Alexis Emery.

     Pendant son long règne de sept ans, Azali Assoumani a fait croire aux Comoriens que l’approchement des Comoriens partiellement indépendants et ceux sous l’occupation française nous permet de trouver une solution rapide à la question de Mayotte. Il a autorisé les séparatistes mahorais à participer comme entité indépendante des Comores, aux jeux des îles de l’océan Indien. Il a aussi initié une commission de haut niveau afin d’endormir les Comoriens et donner le temps à la France et aux séparatistes mahorais de faire une partie de notre territoire un département français. Après la rencontre avec Jacques Chirac le 31 janvier 1995 et avec François Hollande en octobre 2016, qui n’a rien donné comme acquis sur la question de Mayotte, Azali Assoumani n’a rien compris.

     Pour la France, il y a un acquis: Mayotte est un département français et le reste. Les Comores peuvent continuer à parler. Le fait qu’Azali Assoumani ait accueilli à Beït-Salam le préfet de Mayotte, l’île occupée, le représentant direct du gouvernement français, est une reconnaissance officielle de cette donnée, même s’il fait une déclaration à la télévision pour contredire son acte. En politique et en diplomatie, les faits et gestes sont plus parlants et plus conséquents que les paroles. Les Comoriens n’ont pas réagi à ces gestes de lâcheté, tout en connaissant l’auteur. Mais ce qui est encore plus choquant, c’est qu’on appelle à Beït-Salam l’ambassadeur d’un pays ami et frère, la Tanzanie, pour l’insulter en lui proposant d’être intermédiaire entre les Comores et les Mahorais. Azali Assoumani ignorait-il que la Tanzanie nous avait aidé avec plus de 200 soldats pour nous débarrasser de Mohamed Bacar, chef des séparatistes anjouanais, dont il a laissé tous pouvoirs à Anjouan afin s’enraciner pendant son règne avec une fausse réconciliation, dénommée Accords de Fomboni? Ou Azali Assoumani veut dégouter nos frère de Tanzanie afin qu’ils n’essaient plus de nous aider demain pour débarquer à Mayotte afin mettre fin l’occupation française comme l’avaient fait attendre certains soldats africains présents à Anjouan?

     Il est certain que nos frères et amis de Tanzanie, grand pays de l’Afrique de l’Est peuplé plus de 53 millions d’habitants, ont compris le message et savent de quelle manière agir sur la question de Mayotte. Ils ne vont surtout pas chercher des Mahorais qui sont pris en otage ou sont complices de preneurs d’otage. Le monde est ainsi fait de l’Histoire et des circonstances qui peuvent ne pas plaire à certains, ils peuvent changer de pays ou se suicider comme les font les Japonais en cas de défaite. Mais, les Comores sont composées de quatre îles et cela a été reconnu par les Nations Unies le 12 novembre 1975 et le reste est un problème de temps et de rapport des forces. Dans ce monde instable et inconstant tout passe, la puissance, les alliances et la dominance, mais le peuple et le pays restent.

     Que Dieu bénisse les Comores et les Comoriens dans l’unité de l’archipel à savoir, Mayotte, Anjouan, Mohéli et Grande-Comore. Vive l’indépendance totale des Comores.

Par Saïd Ahmed Saïd Abdillah

Président du Parti Comores Alternatives (PCA)

saidabdillah@yahoo.fr

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© www.lemohelien.com – Vendredi 28 octobre 2016.

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