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Témoignage de Hanani HAMIDOU (22 ans, Mbeni) sur la disparition de sa maman Mme Attuya SAID, décédée en Octobre 2019 suite à un Cancer du sein

Perdre Sa Maman de 49 ans, Victime d’Un Cancer du Sein.
Roueïda : Bonjour Hanani, je tiens tout d’abord à te remercier du fond du cœur d’avoir bien voulu partager cette expérience avec nous ainsi qu’aux lecteurs des « Casquettes de Roueïda ». Nous sommes honorés d’échanger avec toi. Très cher Hanani, je tiens tout d’abord à te présenter mes sincères condoléances.
Peux-tu nous faire un bref historique de son cas ?

Hanani Hamidou : Tout a commencé en 2015, j’étais en classe de 3ème, je venais de sortir de l’école et en rentrant chez moi j’ai entendu ma mère raconter à une amie dont je ne me rappelle pas qu’elle avait mal au niveau du sein droit.

R : Quand ont eu lieu les premiers symptômes ? Quels ont été ces symptômes ? Qui les a diagnostiqués ?
HH : Les premiers symptômes ont eu lieu en janvier 2015, si je ne me trompe pas elle disait à son amie qu’elle avait quelque chose du genre liquide qui coulait au niveau du sein droit, pour les diagnostics c’est le docteur TCHÉNDZI qui, après avoir regardé la zone en question, lui avait conseillé de quitter le pays vu qu’on ne dispose pas des moyens sophistiqués pour mener ce genres d’examens.
Elle est vite partie à l’île Maurice et c’est à l’hôpital VICTORIA HOSPITAL de CANDOS que le diagnostic a été ètabli.
Ils lui ont annoncé qu’elle présentait une Néoplasie du sein droit.

R : Pourrais-tu nous décrire un petit peu comment évoluait la maladie ?
HH : Entre 2015 et 2017 je peux dire que cette dernière était même si elle était obligée de prendre du TAMOXIFEENE tous les jours pour que les choses puissent aller mieux.
Mais en 2018 les choses ont catégoriquement changé car elle venait de présenter une métastase cérébrale. Et depuis ce jour-là, son état de santé n’arrêtait pas de se dégrader jusqu’à la fin.

R : Quelles ont été les difficultés rencontrées ? (Niveau logistique/ Soins/ Suivi médical)
HH : Réellement, le cancer est une maladie qui demande beaucoup d’argent pour son traitement et je vous assure que tout ce qui concerne la logistique (billets d’avion, chambre d’hôtel nourriture etc.) reposait sur les épaules de ma famille, raison pour laquelle elle se rendait souvent trop tard à ses rendez-vous à l’île Maurice, sauf les soins médicaux car elle avait un document d’évacuation.
Et avec ce document tous les traitements étaient gratuits.

R : Comment as-tu vécu la situation ? Surtout étant en classe d’examen ?
HH : En réalité, depuis mon jeune âge mon rêve c’est de terminer mes études pour le seul but qui est celui d’obtenir un travail pour satisfaire tous les besoins de ma mère. Et lorsque j’ai appris que ma mère avait un cancer, pour moi, c’était le K.O.
Une sorte de bouleversement moral, partout où je me trouvais je ne faisais que penser à elle et même je me rappelle qu’au moment des examens je ne voulais plus me rendre dans la salle d’examen.
Je me disais que cela ne servait à rien de faire des études si je ne peux plus partager le fruit de mes études avec elle. Et cette année je n’ai pas eu mon brevet.

R : Quelles leçons as-tu retenues de cette expérience ?
HH : Nombreuses sont les leçons que j’ai retenues.
Premièrement j’ai appris que le temps peut être compté mais ce n’est pas une raison pour croiser les bras et de ne rien faire.
J’ai enfin compris que tout ce qui a été créé par Dieu est sujet à disparaître alors il faut profiter de la vie pour faire tout ce qui est juste ici-bas pour laisser des bons souvenirs.
Et c’est justement ça que ma mère a fait durant son petit séjour de 43 ans sur terre, elle a formé plus de 100 femmes dans le domaine de la couture, et même étant malade elle n’y a pas renoncé jusqu’à son dernier souffle.
Qu’Allah lui accorde bien mieux que ce qu’elle a eu et vécu ici-bas.

R : Comment surmontes-tu cette douloureuse épreuve ?
HH : Pour moi, la disparition d’un(e) être cher(e) est insurmontable.
Mais quand je me rappelle des versets coraniques et des paroles prophétiques qui nous promettent que les patients dans ce bas monde, auront leurs récompenses d’Allah, cela me donne la peine de réfléchir et de comprendre que si Allah fait cela c’est pour moi une grande épreuve et qu’il ne faut jamais désespérer car une telle récompense n’est pas donnée à n’importe qui. Allah éprouve ceux qu’Il aime.

R : Quels sont les messages que tu voudrais laisser aux femmes, aux mères et aux filles ?
HH : Je voudrais dire à tout le monde d’aller vite faire le dépistage chez SOIMIHI, ne pas attendre l’apparition des symptômes ou bien d’atteindre un certain âge pour aller vous faire dépister. NON ! Ne faites pas ce genre d’erreurs car le Cancer est une maladie traitable surtout si on la découvre très tôt.
Je voudrais encore vous dire qu’il ne faut pas avoir honte si vous avez chopé le Cancer car être malade c’est une chose qui dépasse les compétences de l’homme.

R : Un message à adresser au gouvernement comorien par rapport à ton expérience ?
HH : Nombreux sont les mots que j’aimerai dire à notre gouvernement.

  • Faciliter l’accès au diagnostic de cette maladie.
  • Garantir la qualité et la sécurité des prises en charge.
  • Suivre les évolutions technologiques et thérapeutiques, soutenir la formation des médecins, … pour le seul but qui est celui de lutter contre le cancer.
    Exemple : la mise en place d’un service de cancérologie au sein du nouvel hôpital El-Maarouf en cours de construction etc.

– Soutenir les associations de lutte contre le cancer notamment l’#ACCF.

R : Nous te félicitons encore d’avoir bien voulu participer à nos échanges. Cela nous fait chaud au cœur de t’accueillir. Nous te souhaitons également beaucoup de réussite et de succès pour le long chemin que tu as à parcourir. Très bonne continuation. Un dernier mot ?

HH : Je remercie Allah qui à chaque fois m’accorde de ses bienfaits.
Je remercie l’Association Comorienne Contre le Cancer chez la Femme (ACCF) qui a beaucoup soutenu ma mère durant sa maladie.
Je remercie toute personne ayant apporté du soutien à ma mère notamment ma famille, les médecins, infirmiers, associations et autres.
Sans oublier « les Casquettes de Roueïda » qui m’a donné une telle occasion de partager mon expérience avec le reste du monde.

Roueida Mohamed MATTOIR

HaYba FM

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