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Transport aérien/Le projet Air Corail fait pschitt

Par Fassoili Abdou

Une sortie de piste. Un projet mort né. « Compte tenu de toutes les réactions négatives, voire hostiles, au lancement du projet Air Corail, les promoteurs de ce projet ont décidé de renoncer à la création et au lancement de cette compagnie aérienne comorienne ». C’est par ces quelques mots que les initiateurs  du projet Air Corail ont décidé de faire un trait sur leur ambition de lancement d’une compagnie long courrier dans l’archipel des Comores. Et pourtant, tout semblait être prêt pour le lancement de cette compagnie en gestation. Les destinations ded’Air Corail qui ambitionnait de devenir la compagnie nationale comorienne ont été dentifiés (Marseille, Plaisance, Nosy Bé et Djeddah) et le 1er novembre a été fixée comme le début d’exploitation de l’Airbus A330 de la compagnie avec un premier vol Moroni Marseille.

En effet, les initiateurs du projet, soutiennent dans leurs communiqué publié ce 1er août que « cette nouvelle compagnie long courrier entre Moroni et Marseille constituait réellement l’élément manquant pour l’ouverture et le développement de ce pays ». Ce passage fait étrangement écho à une phrase figurant dans l’autre communiqué publié ce 31 juillet à Moroni à l’issue de la rencontre entre les autorités comoriennes et les responsables d’Int’Air îles en vue du dénouement de la crise que traverse cette compagnie privée comorienne. Il est en effet mentionné que le Président Azali s’engage à « promouvoir l’émergence du secteur privé national dans le secteur du transport aérien afin d’assurer une meilleure insertion de l’Union des Comores dans la région et dans le monde ». Et si, c’était le dénouement de la crise d’Int’Air îles qui aurait découragé nos vaillants « investisseurs » à se lancer dans le ciel comorien?

Tenu secret jusqu’à ces derniers jours, ce dossier Air Corail a, opportunément, fuité en marge du bras de fer entre  la compagnie Int’Air îles et l’Aviation civile comorienne (Anacm).  Il s’agit là, de l’œuvre de « certaines personnes indélicates et non respectueuses  de la confidentialité », regrette le communiqué publié par Aéroconsult, l’entité qui regroupe les initiateurs d’Air Corail. Le dossier divulgué cette semaine présente cette activité en gestation comme étant la suite d’un projet datant de 2004 et « né à l’initiative personnelle du président fondateur et de quelques associés de la compagnie Air Bourbon [Erick Lazarus, ndlr] avec le soutien du président Azali (déjà en charge de l’Etat à ce moment là) », lit-on dans la partie Historique du document.

« Depuis ce projet, qui n’a jamais vu le jour faute de moyens, n’a jamais cessé d’être suivi, développé et peaufiné », explique-t-on dans  le dossier. « Au jour d’aujourd’hui, le président Azali, de nouveau à la tête de l’Etat considère plus que jamais ce projet comme fondamental pour les Comores, mais s’il peut peut-être en trouver les moyens, il n’y a pas, pour le moment aux Comores les hommes pour le réaliser », prétendent-ils.

La presse de mahoraise et réunionnaise  qui s’est fait l’écho de ce  projet en gestation a rapidement établi  un rapport entre  les déboires que traverse Int’Air îles  et la création d’Air Corail. Pour beaucoup, l’Aviation civile comorienne voulait se débarrasser des compagnies existantes dans l’archipel pour faire place nette à ce projet porté par des Français et dont le Chef de l’Etat Azali Assoumani  apporterait son soutien. La divulgation de ce projet a ainsi soulevé une vive polémique d’une rive à l’autre de l’archipel et a été à l’origine du limogeage du directeur de Mayotte Air Service, François le Bihan, qui était pressenti pour occuper le poste de directeur général adjoint en charge de l’exploitation de cette compagnie naissante. Dans leur communiqué les initiateurs d’Air Corail se sont ainsi ingénié à racheter le Bihan qui perdu des ailes dans cette affaire qui tombe ainsi à l’eau. Ayant décliné en mars dernier l’offre qui lui a été faite par Air Corail « pour des raisons familiales et par choix professionnel », celui-ci n’aurait en « aucune façon participé au montage de ce projet et il serait tout à fait injuste et anormal de le sanctionner pour des choses ou des faits aux quels il est totalement étranger », ont-ils plaidé

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