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«Tu quoque mi fili», «Toi aussi, mon fils!» (Jules César)

«Tu quoque mi fili», «Toi aussi, mon fils!» (Jules César)

Ahmed Ben Saïd Jaffar a bien rejoint Mohamed Ali Soilihi

Par ARM

     Au moment où il recevait les 23 couteaux qui allaient lui ôter la vie, Jules César remarqua que parmi les conjurés, il y avait bien Marcus Brutus, qu’il traitait comme un fils. Les yeux révulsés, il lança à Marcus Brutus dans une voix mourante: «Tu quoque mi fili», «Toi aussi, mon fils!». Aujourd’hui, il est un homme qui lance des «Tu quoque mi fili» aux quatre vents: Ahmed Sambi. Comme a dit ce proche de l’ancien Vice-premier ministre Djaanfar Salim Allaoui, «à force de tourner dans le mal, Ahmed Sambi finira dans le mal». Eh bien, il semble que sur le plan politique, le moment fatidique est arrivé par ce que tous les «fils» de l’ancien dictateur se dérobent. Au début, il y avait Ibrahim Mohamed Soulé, secrétaire général du Parti Bidoche d’Ahmed Sambi, qui a voté pour Ahmed Abdallah Salim, candidat à l’élection du Gouverneur de la Grande-Comore, car il est issu du Parti Bidoche, mais qui a refusé de mettre son bulletin pour le candidat qu’Ahmed Sambi avait imposé à son parti politique: il n’est pas du parti. Il a son propre parti. En réalité, le même Ibrahim Mohamed Soulé n’a pas oublié qu’en 2015, au moment où il voulait être candidat à la Présidence de l’Assemblée de l’Union des Comores, le poétique Ahmed Sambi concluait avec le truculent Mouigni Baraka Saïd Soilihi un accord qui donnait au crypto-sambiste Mohamed Bacar Dossar les arguments qui allaient le pousser à barrer la route du perchoir à un camarade du même parti avant même d’aller dans les travées de la vieille fille de Hamramba.

     Élu Député au premier tour de l’élection du scrutin législatif du dimanche 25 janvier 2015 à Moroni, Ibrahim Mohamed Soulé croyait qu’Ahmed Sambi allait avoir l’intelligence stratégique de le désigner, lui, comme candidat du Parti Bidoche à l’élection présidentielle. Il en avait la légitimité. Or, au lieu de cela, l’ancien dictateur est parti chercher un homme dont l’électorat est purement villageois (et encore), si l’on fait abstraction de quelques voix qu’il peut grappiller ici et là. Ahmed Sambi s’accrocha à son candidat, et perdit la pirogue et le balancier. Bourhane Hamidou, ancien fidèle d’Ahmed Sambi a été le premier à dire à Mohamed Ali Soilihi qu’il se ralliait à lui sans conditions. Et quand Ahmed Sambi et son candidat narguaient et méprisaient Bourhane Hamidou, ce dernier s’était limité à signaler à l’ancien satrape que son candidat allait vers un échec certain parce que les Comoriens ne l’aimaient pas et ne le respectaient pas. Et on vit ce qui s’est passé. Même 1.000 requêtes déposées devant toutes les juridictions constitutionnelles du monde ne sauveraient jamais une telle candidature. Elle foutue avant d’être déposée.

     Par la suite, ce sont les jeunes cadres du Parti Bidoche qui se manifestèrent pour crier leur colère à la face d’Ahmed Sambi. Leur lettre ouverte à l’ancien dictateur est un désaveu total des méthodes dictatoriales du propriétaire du parti scélérat. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà Ahmed Ben Saïd Jaffar, ministre des Relations extérieures de 2006 à 2010, qui sort du bois pour désavouer son cousin Ahmed Sambi. En réalité, Ahmed Ben Saïd Jaffar n’a pas encore digéré et ne va jamais digérer la goujaterie ayant conduit Ahmed Sambi à lui dépêcher une délégation pour lui demander de ne pas déposer une candidature pour l’élection du Gouverneur à Anjouan. En plus, Ahmed Ben Saïd Jaffar ne s’est jamais fait des illusions sur les chances de Salami Abdou, à un moment où le Gouverneur Anissi Chamsidine a repris du poil de la bête et est comme s’il avait mangé du lion. Le jeudi 17 mars 2016, c’est un Ahmed Ben Saïd Jaffar rayonnant et brillant comme un sou neuf qui assista à l’accueil du candidat Mohamed Ali Soilihi au Stade de Missiri, défiant ainsi et de la manière la plus ouverte Ahmed Sambi, qui ne peut avoir qu’un mot à la bouche, au vu de tous ces malheurs qui s’abattent sur lui au même moment: «Tu quoque mi fili». C’est le début de la fin pour Ahmed Sambi sur le plan politique. L’avenir du Parti Bidoche est en jeu. Le Parti Bidoche survivra difficilement à ces craquements, qui pourraient lui être fatals.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Samedi 19 mars 2016.

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