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«Un juriste ne tend jamais la main à un dictateur»

«Un juriste ne tend jamais la main à un dictateur»

Lettre ouverte aux juristes réels et supposés des Comores

Par ARM

     Mesdames, Messieurs les juristes réels et autoproclamés des Comores,

Plus d’une fois, votre site a rappelé la belle sagesse du grand juriste tunisien Yadh Ben Achour, qui avait refusé d’apporter son magistère moral et sa caution de juriste à la dictature de Zine El Abidine Ben Ali: «Un juriste ne tend jamais la main à un dictateur». Pourquoi?

Pour comprendre la pertinence du mot de Yadh Ben Achour, il faut partir de l’idée selon laquelle c’est le Droit et la morale qui permettent à une société de vivre en harmonie. Le Droit et la morale sont intimement liés. La règle de Droit est assortie de sanctions, contrairement à la morale, dont la sanction n’est ni systématique, ni organisée dans l’absolu.

De fait, les juristes sont au Droit ce que les théologiens sont à la religion. La responsabilité notamment morale du juriste est grande, illimitée, incommensurable.

Or, aux Comores, le juriste réel ou autoproclamé est devenu l’ennemi n°1 du Droit. Chaque fois que le Droit est sali et tué aux Comores, on trouve des juristes dans les parages.

1.- En 2002, le fugitif international Hamada Madi Boléro, qui prétend être «le plus grand juriste comorien de tous les temps» et qui a «des connaissances de Droit que personne d’autre n’a aux Comores», organise une mascarade électorale d’une telle saleté et bassesse que Mahmoud Mradabi et le Prince Saïd Ali Kemal refusèrent d’affronter au second tour le mort-vivant et «pouvoiriste» polygame fou Assoumani Azali Boinaheri dit Bakapihi, «Le Père qui ne prépare jamais à manger», qui fut déclaré «élu à 100%». Il avait mobilisé Soilihi Mahmoud Mansour dit Sako ou Massa Kokari, son ami de Kiev (ex-URSS), qui n’a jamais étudié du Droit privé, et à plus forte raison du Droit judiciaire, celui régissant l’organisation des tribunaux, la procédure et la preuve. Or, pendant longtemps, Sako sera Procureur, un Procureur incompétent et corrompu, mais qui apprend par cœur quelques articles du Code de Procédure pénale ou civile pour aller crâner et pérorer devant les profanes.

2.- En 2016, c’est encore le fugitif international Hamada Madi Boléro qui intronise le «concubinocrate» Assoumani Azali Boinaheri par une fraude électorale.

3.- De 2016 à 2019, le «ventriote» Assoumani Azali Boinaheri s’est appuyé sur Nourdine Abodo, un faux juriste. Pour avoir étudié et pratiqué le Droit sur une période de 33 ans, je n’ai jamais vu du Droit dans ce que fait Nourdine Abodo. J’y vois des manipulations grossières et des interprétations farfelues imposées par la force. Je n’ai jamais cessé de demander à mes interlocuteurs où ce charlatan criminel a appris son Droit, car pour moi, ce n’est pas du Droit.

4.- De 2016 à 2018, Saïd Larifou a soutenu tous les crimes du bambochard Assoumani Azali Boinaheri. Nous qui l’aimions et le respections l’avions supplié d’arrêter. Il a foncé tête baissée. Il était le porte-parole des assises, rejetées par le peuple, assises qui ont conduit au désastre actuel, avant de reconnaître que le dictateur fou de Mitsoudjé représente un grave danger pour tout un pays, en attendant que demain, il retourne auprès de lui.

5.- En avril 2018, le blogueur a rompu toutes ses relations avec Ibrahim Ali Mzimba quand ce dernier s’est mis à rejeter jusqu’à l’existence du Droit constitutionnel, le ramenant à un simple «rapport des forces». Ibrahim Ali Mzimba a encouragé la mise à mort de la Cour constitutionnelle et de la Justice qu’elle représente, comme si un État moderne pouvait exister sans Justice constitutionnelle. Il a félicité le dictateur fou de Mitsoudjé pour «la réussite» d’une mascarade référendaire macabre qui n’avait même pas mobilisé 5% des électeurs.

Ibrahim Ali Mzimba a tort. Il faudra lui rappeler ces paroles de Nelson Mandela sur la Constitution, objet de son mépris: «Le constitutionnalisme signifie qu’aucun bureau ni aucune institution ne peuvent être au-dessus de la Loi. Le plus puissant comme le plus humble du pays, tous sans exception, se soumettent au même document, aux mêmes principes. Peu importe que vous soyez blanc ou noir, homme ou femme, jeune ou vieux; que vous parliez setswana ou afrikaans; que vous soyez riche ou pauvre, que vous rouliez dans une belle voiture ou que vous marchiez pieds nus; que vous portiez l’uniforme ou que vous soyez enfermé dans une cellule. Nous avons tous certains droits élémentaires, et ces droits fondamentaux sont inscrits dans la Constitution.

     L’autorité du gouvernement lui est conférée par le peuple à travers la Constitution. Vos devoirs et vos responsabilités, comme votre pouvoir, vous sont conférés par le peuple à travers la Constitution. Le peuple s’exprime à travers la Constitution. La Constitution permet aux multiples voix du peuple d’être entendues de façon organisée, précise, explicite et forte de principes. Nous ne doutons pas que vous trouverez le moyens dans vos jugements de parler directement au peuple»: Cité par Nelson Mandela et Mandla Langa: Être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes. Mémoires de Président, Plon, Paris, 2017, p. 187.

Nelson Mandela avait prononcé ces paroles lors de l’inauguration de la Cour constitutionnelle d’Afrique du Sud en février 1995, et s’adressait à ses membres. Nelson Mandela était avocat. Aujourd’hui, Ibrahim Ali Mzimba dit qu’il est avocat.

6.- En 2018, des gens qui étaient connus comme juristes ont accepté de devenir des complices criminels d’une dictature familiale dans le seul but de dévoyer le Droit dans une Cour suprême aux ordres. Armia Ahmed et Idriss Abdou Moustakim font partie de cette bande de mercenaires sans foi, ni Loi. Il est inutile de parler de Nidhoim Attoumane et de Cheikh Salim, puisqu’on ne leur connaît aucune formation en Droit.

Mesdames, Messieurs,

Les mots les plus détestés et les plus méprisés dans les Comores d’aujourd’hui sont: «Juriste», «Juge» et «Tribunal». Le juriste comorien a déçu. Il continue de décevoir. Il ne fait pas son travail. Il est corrompu. Il est incompétent. Il est politisé à outrance. Le juge comorien a déçu. Il continue à décevoir. Il ne fait pas son travail. Il est corrompu. Il est incompétent. Il est politisé à outrance. Dès lors, on assiste à la mort du Droit aux Comores.

Le juriste comorien a oublié sa responsabilité morale. Un juriste a le droit d’avoir des idées, des opinions et des affinités politiques, mais n’a pas le droit d’essuyer ses pieds sur le Droit. Sans Droit, aucune société ne tient longtemps. Le Droit a besoin de juristes. Où sont les juristes comoriens quand un dictateur inculte détruit tout le système juridique et institutionnel de tout un pays? Où sont ces juristes? Pourquoi se taisent-ils?

Comment ces gens-là s’autoproclament juristes alors qu’ils ne se donnent même pas la peine de lire les textes juridiques? En 2016, l’avocate du putschiste Assoumani Azali Boinaheri ne savait même pas que le Code électoral des Comores avait été révisé en 2014 et que, en cas d’annulation d’un scrutin dans un bureau de vote, il devait y avoir reprise dudit scrutin. Aujourd’hui, encore, des avocats comoriens affirment publiquement leur ignorance du Droit comorien en soutenant que les décisions de la Cour suprême de Papa, des Rumeurs et des Ragots ne sont susceptibles d’aucun recours, ne sachant même pas que c’étaient celles de la défunte Cour constitutionnelle qui étaient insusceptibles de tout recours. Ignorance.

Où vont les Comores?

Par quel malheur ce pays s’est retrouvé entre les griffes d’une bande de criminels qui se disent juristes?

Mesdames et Messieurs les juristes autoproclamés. Si vous êtes juristes, moi, je ne le suis pas. Votre Droit et votre conception du Droit ne seront jamais les miens, même si je dois rester à l’étranger à vie, juste à 26 minutes d’avion de mon île de Mohéli.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Samedi 16 mars 2019.

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