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Une investiture sous les huées pour quelle présidence?

Une investiture sous les huées pour quelle présidence?

Où étaient les chefs d’État «massivement» venus de l’étranger?

Par ARM

  Perfidement, depuis le 25 janvier 2016, des Comoriens ont posté et reposté sur YouTube la vidéo que les partisans d’Azali Assoumani ont tout fait pour la faire disparaître d’Internet. Pourquoi? Parce que sur cette «méchante et impitoyable» vidéo, Mme Patricia Drailline, journaliste à la chaîne panafricaine Télésud, asticotait Azali Assoumani et lui disait ouvertement et vertement qu’elle ne comprenait rien de son gargouillis sur son supposé programme pour l’élection présidentielle de 2016. Très sceptique, Mme Patricia Drailline, lui avait asséné sans pitié: «Concrètement, parce que vous ne dites pas votre programme». Et Azali Assoumani, la mort dans l’âme avait lancé dans une voix d’hyène et de putois réunis, une voix que lui-même ne reconnaissait pas tant elle était déformée par la gêne et la honte: «Concrètement, nous avons un programme intitulé en trois points. La sécurité, la sécurité des personnes. C’est un point très essentiel aux Comores, puisque la situation qu’on vit aujourd’hui où la situation qu’on a mise en place, c’est à la suite de crises séparatistes très profondes qui ont eu à Moroni, qui ont failli éclater le pays et que, effectivement, on a mis ce système pour aller à ce système-là, et il a fallu effectivement œuvrer pour la paix et la sécurité du pays. Deux, en deuxième point, cette sécurité, elle ne peut tenir que si les problèmes socio-économiques sont résolus, et il y a beaucoup à faire dans ce domaine-là». C’est du galimatias et du charabia. Et Mme Patricia Drailline, qui en a vu d’autres, avait douloureusement enfoncé le clou: «Je ne vous cache pas que pour moi, c’est flou. Je n’arrive pas à comprendre votre programme, je vous le dis honnêtement».

  Elle n’est pas la seule. Personne n’a compris ce que voulait dire Azali Assoumani, l’homme qu’Ikililou Dhoinine et ses Mohéliens de Beït-Salam ont intronisé par la fraude électorale, la terreur, la paranoïa et la complaisance démagogique et criminelle. Azali Assoumani a été investi Président ce jeudi 26 mai 2016. Il y avait du monde au Stade de Moroni. Mais, on n’a pas vu des chefs d’État étrangers, contrairement à ce qui se fait à chaque investiture en Afrique, mais seulement quand l’élection présidentielle s’est déroulée dans de bonnes conditions démocratiques. Or, Azali Assoumani n’a pas été élu de manière démocratique. Il a été élu dans la terreur et la fraude. Il ne pouvait pas déplacer les Présidents étrangers parce qu’il a du sang sur les mains, et cela se sait même à l’étranger. Son passé de tortionnaire le poursuivra pour l’éternité et l’éloignera toujours du reste du monde.

  Il ne s’agit pas d’accusation entre Comoriens. Azali Assoumani, du fait de son passé encore récent de tortionnaire, est accusé par un mercenaire français de «brutalité et sadisme». En effet, Jean-Claude Sanchez, l’un des mercenaires engagés par Robert «Bob» Denard pour renverser Saïd Mohamed Djohar du pouvoir le 28 septembre 1995, signale ce qui suit: «Le bruit courut que la résistance était menée par le colonel Azali Assoumani, le chef de l’armée comorienne, qui s’était signalé par le passé par sa brutalité et son sadisme à l’égard des opposants; bruit infondé, comme nous le saurons plus tard», étant donné que «le lieutenant Éric I. avait été averti de la situation vers 5 heures 30 déjà. Il s’était immédiatement rendu chez le colonel Kister, conseiller en sécurité du président Djohar, où il trouva le colonel Azali qui était venu s’y réfugier après s’être enfui de chez lui en slip. Il le récupéra pour se rendre à Radio Comores. Ils étaient au premier étage avec quelques employés, depuis cinq minutes à peine quand ils virent arriver le capitaine Soilihi de l’armée comorienne avec un groupe de soldats. Le lieutenant I. descendit les accueillir, puis remonta à l’étage. Le colonel Azali avait disparu, enfui une nouvelle fois en sautant d’une fenêtre pour aller se cacher toute la journée chez un coopérant. Quel courage!»: Jean-Claude Sanchez: La dernière épopée de Bob Denard. Septembre 1995, Pygmalion (Flammarion), Paris, 2010, pp. 130 et 131.

  Si un tel homme ne déplace pas les chefs d’État étrangers, on comprend pourquoi. Et même aux Comores, tout le monde n’a pas oublié la manière sauvage par laquelle il avait assassiné l’officier «Apache» de Foumbouni, avait déposé son corps dans le capot d’un véhicule militaire et avait exposé ce triste spectacle au Tout-Moroni. Quand un homme comme celui-là revient au pouvoir, toujours par la magouille organisée par l’ancien fugitif international Hamada Madi Boléro, il n’y a personne à l’étranger qui meurt d’envie d’accourir à son investiture. On ne parcourt pas le monde pour aller serrer une main baignant dans le sang des autres. Et les personnes présentes au Stade de Moroni qui ont hué Ikililou Dhoinine ce jeudi 26 mai 2016 ont également adressé un message à l’homme qu’il a fait «élire» dans la fraude et la fange. C’est un message de désaveu et de colère. Ça commence très bien pour cette présidence dont on a déjà publié 10 versions bien différentes du «gouvernement» dans la même journée.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Jeudi 26 mai 2016.

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