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Voter utile, c’est voter Azali: Les raisons d’un choix rationnel

Pour des raisons de commodité, voici une tribune que la presse comorienne ne pourra pas publier en cette période de campagne électorale. Conformément à la loi comorienne.

En février et avril prochains, les Comoriens iront aux urnes pour élire leur président et les gouverneurs des îles. Un moment crucial et important car l’homme choisi pour diriger le pays, sera aux commandes pendant cinq ans.

Je me limiterai à l’élection du président de l’Union des Comores, pas parce que celle des gouverneurs est moins importante mais pour éviter au lecteur de s’égarer dans les méandres des institutions comoriennes actuelles.

Vingt-cinq candidats, avec trois colistiers, chacun, sont sur les starting-blocks pour l’élection du président de la République. Soit une centaine de personnes sollicitant les suffrages des quelques 300 000 électeurs comoriens inscrits sur les listes électorales. L’homme qui sera choisi parlera et agira au nom des Comoriens pendant cinq ans. L’enjeu est donc de taille.

À vingt-cinq prétendants seulement, ce nombre aurait été effarant compte tenu du ratio candidat/électeurs. Ne parlons pas d’une centaine. Mais, passons… C’est ainsi la politique, au pays des sultans batailleurs.

Je ne renie pas mes convictions

Mais l’objet de mon propos n’est pas une étude socio-politico-électorale des Comores. Je me demande seulement pour qui voter et pourquoi.

La réponse m’amènera, naturellement, à prendre position. Ce qui ne manquera pas de surprendre certains de mes anciens camarades du FD étant donné que depuis plus d’une quinzaine d’années, l’ancien militant actif du Front démocratique (FD) que j’étais, a « décroché » (terme que j’utilise pour dire que je ne suis plus actif au sein du parti).

Ceci dit, je ne renie pas mes convictions d’hier qui sont les miennes, aujourd’hui, et qui le seront, pourquoi pas encore demain ? Je ne récuse surtout pas la sincérité de certains des dirigeants du FD d’hier, quels que soient le chemin et l’orientation politique et idéologique qu’ils ont pris aujourd’hui.

Je surprendrais, peut-être aussi, certains confrères. Mais dans le petit monde du journalisme comorien que je connais comme le fonds de ma poche, ils seront peu nombreux à être surpris. Des confrères trouveront ma démarche peu originale. Peut-être qu’ils n’auront pas tort mais – qu’ils en soient certains – pas pour des raisons obscures qu’ils pourraient imaginer. Je veux tout simplement être sincère, ne rien dissimuler et ne tromper personne. Surtout pas mes lecteurs.

Ne pas aliéner les droits et les devoirs des citoyens

Je vois certains d’entre eux qui crieront au scandale, estimant que le journaliste que je suis n’a pas à afficher des positions politiques. Je ne leur dénie quoi que ce soit. Peut-être qu’ils ont raison mais le journaliste ne peut et ne doit surtout pas aliéner les droits et les devoirs du citoyen, quel qu’il soit, même journaliste.

Pour qui voter et pourquoi ? Deux simples questions dont la réponse n’est pas simple. La réponse est complexe pour multiples raisons.

Aux Comores, tout le monde connaît tout le monde. Prenons un candidat lambda qui est le père du frère de l’ami de la cousine de la sœur de la tante de l’arrière grand-mère de la femme de… Comprenez-vous ?

Cinq ans à la tête de l’État, c’est long. Si la personne choisie ne répond pas aux attentes et aux espérances ? Que faire ? On ne peut pas, d’un simple trait de plume, la renvoyer et mettre une autre à la place. Il faut alors s’armer de patience et attendre la fin du mandat. Pendant ce temps, la situation continue à se dégrader, les espoirs à devenir flous, diffus. Ce que nous vivons en fait ces cinq voire ces dix dernières années.

L’enrichissement illicite de certains, une corruption généralisée à tous les niveaux et les échelons, une gabegie sans nom, un népotisme effarant et un favoritisme ambiant qui ont mis à mal la confiance de nos jeunes en leur pays

Pendant cette décennie, soit dit en passant, les Comoriens ont assisté impuissants à une dégradation de la vie socio-économique du pays, à une course effrénée vers l’enrichissement illicite de certains, une corruption généralisée à tous les niveaux et les échelons, une gabegie sans nom, un népotisme effarant et un favoritisme ambiant qui ont mis à mal la confiance de nos jeunes en leur pays qui cherchent à le fuir à tout prix, partir loin de lui, vers des contrées qu’ils rêvent plus clémentes alors qu’on n’est jamais mieux que chez soi.

L’adage qui dit que le « bonheur est là où l’on ne se trouve pas » devient plus vrai que jamais pour eux. Il nous faut donc changer la donne, apprendre à nos enfants à aimer leur pays et à vouloir y vivre car, en réalité, il y a plus à faire ici, plus à gagner ici qu’ailleurs.

Plus que la proximité ambiante décrite plus haut, il n’est pas aisé de choisir un président parmi 25 candidats. Un président accompagné de trois vice-présidents. Qui garantit qu’en lui faisant confiance, je fais confiance à ses colistiers ?

Un choix donc cornélien à faire, imposé par nos institutions, fruit des accords signés sur nos désaccords.

Un choix donc cornélien à faire, imposé par nos institutions, fruit des accords signés sur nos désaccords – si Mmagaza, célèbre chroniqueur de La Gazette des Comores – me prête le mot.

Pour qui voter ? Sans détours, je penche pour Azali Assoumani. Et pourquoi ? Pour des raisons simples que je ne saurais citer toutes.

À la tête de l’État entre le 30 avril 1999 et le 26 mai 2006, il m’a paru – je peux me tromper – un homme pondéré qui, loin de l’autoritarisme, reste un homme d’autorité.

Quel président africain, militaire par-dessus le marché, aurait accepté de perdre des élections sans mettre le pays à feu et à sang ? En son temps, des nombreuses élections organisées dans le pays, il n’a remporté aucune. La bataille terminée et son camp vaincu, il a toujours salué et félicité les gagnants et la vie continuait.

Il faut espérer seulement que les dirigeants actuels puissent retenir cette belle leçon de démocratie qui nous vient d’un passé récent.

Au terme de son mandat, des « exégètes » du droit constitutionnel comorien (encore aux affaires, aujourd’hui, pour certains ou proches du pouvoir pour d’autres) ont voulu mettre le président Azali dans le pétrin en tentant une interprétation de la constitution pour « rempiler ».

Le soldat a récusé le terme « rempiler » pour choisir « alternance ».

Le soldat a récusé le terme « rempiler » pour choisir « alternance ». Il fera venir l’AMISEC pour être sûr de contenir l’aile ultra-droitière formée par ses amis de l’époque.

À l’inverse, certains politiciens ont jusqu’à récemment, défendu à gorge déployée, cette même interprétation. En vain, heureusement. Ils ne sont pas militaires, ceux-là, mais un peu, beaucoup, passionnément monarchistes dans l’âme.

Enfin, un dernier point et qui n’est pas le moins important, Azali est le père fondateur de l’université des Comores (UDC). Une université qui devrait être baptisée – rendons à César ce qui appartient à César – université Azali (UA, ajoutons Assoumani pour faire UAA et éviter une possible confusion avec l’Union Africaine – UA).

Et voilà pourquoi je voterai et ferai voter pour Azali. Et ainsi voter utile. Ce n’est pas un slogan, c’est plutôt un choix raisonné pour faire gagner les Comores et les Comoriens.

Ceux qui, défendant un bilan du colonel Azali au pouvoir, veulent citer la téléphonie mobile et d’autres réalisations matérielles, qu’ils le fassent si ça leur chante. Mais l’université que j’ai combattue en 2003 reste pour moi, aujourd’hui, une des réalisations UTILES du colonel Azali. Sans l’UDC, aujourd’hui, que seraient devenus ces 10 000 jeunes Comoriens, environ, qui y étudient.

Connaissant la ferveur des Comoriens toujours attirés par le grand large – le départ à l’étranger pour faire simple – je suis convaincu que ces jeunes se sont inscrits à l’UDC parce qu’ils n’ont pas encore les moyens de se payer le voyage.

Et si Azali n’avait pas pensé à ces milliers de familles dont les ressources font défaut pour faire partir leurs enfants étudier à l’étranger ? Et si l’université des Comores n’était pas là pour les accueillir, où seraient ces jeunes, aujourd’hui ? Dans la rue. Tout simplement.

Et voilà pourquoi je voterai et ferai voter pour Azali. Et ainsi voter utile. Ce n’est pas un slogan, c’est plutôt un choix raisonné pour faire gagner les Comores et les Comoriens.

Mohamed Hassane

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