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Zoumbi : le verbe et son revers

Humeur de lundi​

Zoumbi (certains l’appellent impertinemment Zombi), le directeur de cabinet du Gouverneur Salami, est une moule à paroles. Des paroles incessantes, envahissantes et souvent embarrassantes pour le gouverneur Salami lui-même. « Il parle beaucoup le gars ! Je dirais même trop ! On dirait qu’il n’y a personne d’autre que lui au gouvernement ! Mais le plus malheureux, à chaque qu’il prend la parole, il faut s’attendre à une gaffe ! » C’est la vision d’une autorité de l’île, partagée par de nombreux concitoyens. 

Mais Zoumbi, lui, n’a encore rien montré de sa loquacité.  Ce lundi 25 juillet encore, il avait prévu de parler, devant les journalistes, à la salle de conférence de la direction des douanes à Missiri. Certains l’attendaient déjà, mais ils apprendront vers 10 heures que celui qui les a fait poireauter jusque-là avait changé d’idée : des funérailles à Sima étaient plus importantes. Mais je me suis tout de même demandé comment une telle pompe à paroles pouvait troquer une occasion de plus de parler contre des funérailles (de surcroit d’un adversaire politique) ?

La vérité, je l’ai vite apprise : ce ne sont pas les funérailles de Gachera qui ont empêché Miftahou Abdallah d’honorer son rendez-vous avec les rats fouisseurs.  C’était tout simplement le gouverneur Salami, exaspéré, qui aurait enfin supplié son gars de la boucler pour une fois ! Car cette conférence ne lui avait même pas été annoncée.

Des balourdises, Zoumbi en a effectivement produites assez pour en faire tout un album. Tenez-en quelques-unes : « Chacun est libre de pratiquer sa religion comme il l’entend à Ndzuani », ignorant qu’une loi de restriction est en vigueur. C’est encore lui qui a qualifié le maire et le préfet de Sima de « mécréants » pour avoir empêcher une deuxième prière de vendredi à Kavani, et qui a récemment appelé la justice à ne pas « libérer les criminels sinon ils seront lynchés dehors et soutiendrons ceux qui les tueront ». C’est encore lui l’auteur du célèbre « pas d’Union et d’îles autonomes ; tout ce qui est ou qui se fait à Anjouan est anjouanais ». Et j’en passe…

 

Kamal Ali Yahoudha

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